« On l’avait prévenu » : Ryanair fait tomber le couperet, 2 millions de sièges rayés en Belgique

Une menace brandie depuis des mois vient de se transformer en réalité. Ryanair avait promis des représailles si la Belgique s’entêtait à alourdir sa taxation aérienne. Le pays n’a pas reculé, et la compagnie irlandaise vient de sortir l’artillerie lourde, avec un chiffre qui donne le vertige et des conséquences déjà visibles sur son principal hub belge.
Une taxe qui passe mal chez le géant du low-cost
Tout est parti d’une conférence de presse tendue, en janvier, à Bruxelles. Le patron de Ryanair, Michael O’Leary, y avait dénoncé sans détour ce qu’il qualifiait de « stupidité » du gouvernement belge. En cause : une taxe fédérale appliquée à chaque embarquement depuis le sol belge, pour les vols situés entre 500 et 3 500 km.
Ce dispositif doit entrer en vigueur le 1er janvier 2027. Son montant grimpe de manière spectaculaire : de 2 euros initialement à 7 euros par passager, soit un bond que la compagnie chiffre à 250% en seulement deux ans. De quoi rappeler d’autres tensions autour de la fiscalité et des taxes qui pèsent lourd sur le budget des Français comme des entreprises.
Pendant ce temps, d’autres pays européens ont fait le choix inverse : alléger, voire supprimer, ce type de taxation pour soutenir la croissance du secteur aérien. Un contraste que Ryanair ne se prive pas de souligner, un peu comme d’autres dossiers où les décisions politiques finissent par bouleverser tout un secteur du jour au lendemain.
Cinq avions en moins et 2 millions de sièges supprimés
Mercredi, la compagnie a mis ses menaces à exécution. Ryanair annonce réduire drastiquement sa présence en Belgique, avec un impact direct sur son « hub » de Charleroi, l’une de ses plateformes les plus stratégiques sur le continent européen.
Le chiffre est sans appel : cinq avions vont disparaître de cette base, entraînant la suppression de 2 millions de sièges sur les vols concernés. Une décision qui prendra effet à partir de fin 2026, et qui va directement peser sur le trafic aérien du pays, un peu comme certaines annonces économiques récentes ont pu fragiliser des emplois entiers, à l’image des 45 millions de colis annuels menacés chez un autre acteur en difficulté.
Dans son communiqué, la compagnie ne mâche pas ses mots : « Nous avions averti le Premier ministre De Wever que l’augmentation de la taxe aérienne en Belgique entraînerait une réduction du trafic, mais il n’a pas écouté ». Une phrase qui sonne comme un règlement de comptes assumé, dans un climat où les tensions entre grandes entreprises et pouvoirs publics se multiplient, à l’image des récentes recompositions du secteur des télécoms français.

Un compromis qui n’a satisfait personne
Le plus frustrant dans cette histoire, c’est que la Belgique avait justement tenté d’apaiser les tensions. La coalition au pouvoir, dirigée par le conservateur flamand Bart De Wever, venait tout juste de trancher sur un compromis : sept euros par passager, contre cinq actuellement. Un chiffre bien loin des dix euros initialement envisagés, ce qui aurait représenté un doublement pur et simple.
Ce compromis semblait pourtant aller dans le bon sens. Samedi dernier, quelques heures seulement après cette annonce, l’aéroport de Charleroi avait publiquement remercié le gouvernement belge d’avoir « pris en considération les préoccupations exprimées par le secteur ». Un satisfecit de courte durée.
Mercredi, la société qui exploite l’aéroport a dû changer de ton. Elle dit désormais « regretter » la décision de Ryanair, tout en assurant que les discussions vont se poursuivre avec la compagnie pour tenter de « limiter au maximum l’impact pour les voyageurs et les travailleurs ». Reste à savoir si ces négociations suffiront à sauver les emplois et les liaisons menacées, dans un contexte où le secteur aérien européen navigue déjà entre hausses de coûts et arbitrages politiques serrés.
Sept euros la différence, cinq avions en moins, deux millions de sièges envolés : voilà le prix d’un bras de fer que personne n’a voulu perdre. La question, maintenant, c’est de savoir qui va vraiment payer la note entre les voyageurs, les salariés de Charleroi et un gouvernement pris à son propre piège.