8 450 € pour 6 jours à bord d’un train Belle Époque : ce que le Puy du Fou promet aux 44 voyageurs

Un train qui n’a pas encore le droit de rouler, mais dont on connaît déjà le menu, les escales et le prix du billet. Le Puy du Fou vient de lever le voile sur son Grand Tour, un convoi Art déco de 365 mètres. Il ne transportera que 44 privilégiés, et le terminus change selon la saison du parc.
Un train de 365 mètres qui attend encore son feu vert
C’est mercredi 21 octobre 2026, lors de la conférence annuelle du parc vendéen, que Nicolas de Villiers a montré les premières images. Le train n’est pas encore en gare, mais il s’y prépare plus que jamais.
Le convoi aligne douze voitures et deux locomotives. Il s’inspire du raffinement Art déco, l’une des périodes les plus fastueuses de notre histoire. Les premières voitures seraient déjà sorties des ateliers de fabrication ferroviaire, dans le nord de la France.
Reste une étape décisive. Le train doit obtenir l’autorisation de circuler sur le réseau ferré national, attendue « prochainement » selon les organisateurs. Sans elle, pas de départ de Paris.
Ce genre d’ambition ferroviaire de luxe fait d’ailleurs des émules : un train ultra-luxueux à 4 900 euros le billet avait déjà fait parler de lui. Et la facture finale, elle, est encore plus salée.
Six jours, 4 000 km et un terminus à géométrie variable
Le voyage durera six jours et cinq nuits, pour environ 4 000 km parcourus depuis Paris. Au programme, cinq grandes escales, toutes pensées comme des moments de visite privée.
Première étape : la Bourgogne, avec les Hospices de Beaune. Cet hôpital médiéval fondé au XVe siècle a conservé sa vocation première. Le convoi file ensuite vers le sud, près de Narbonne, pour l’abbaye de Fontfroide et la cité de Carcassonne.
Direction le bassin d’Arcachon après cela. La famille Martin, qui dirige les ateliers Dubourdieu, y dévoilera les secrets de fabrication de ses pinasses. Les voyageurs pourront embarquer dans ces élégantes barques en bois, qui naviguent encore entre Arcachon et la dune du Pilat.
On peut mesurer ce que représente un tel voyage en lisant ces millionnaires qui snobent jet privé et yacht pour un wagon de train. Mais ici, le prix du billet reste l’information qui fait tiquer.
Le tarif est fixé à 8 450 € par personne, pour seulement 44 voyageurs à bord. Un ticket pour six jours de spectacle roulant, escales comprises.

Chenonceau, Versailles et un chef triplement étoilé
Avant la dernière escale, un détour par une autre manière de voyager : ce train de verre britannique à 11 000 € la nuit montre que le luxe sur rails séduit au-delà de la France. Le Grand Tour joue une carte différente, celle du théâtre.
L’avant-dernière escale mène au château de Chenonceau. Le Grand Tour y prendra des airs d’hommage aux femmes qui ont écrit sa légende, de Catherine Briçonnet à Diane de Poitiers, de Catherine de Médicis à Louise Dupin. Les voyageurs pourraient bien y croiser ces grandes dames, qui lui ont valu son surnom de « château des Dames ».
Le voyage s’achèvera au Puy du Fou ou, quand le parc sera trop occupé par sa saison, au château de Versailles. « Il nous fallait un terminus à la hauteur du Puy du Fou, c’est pourquoi nous avons choisi Versailles », s’amuse Nicolas de Villiers.
Le spectacle ne se jouera pas seulement sur les rails. À bord, tout sera scénarisé avec 16 membres d’équipage. Les voyageurs feront des rencontres improbables, dans un décor plongé dans l’atmosphère de la Belle Époque.
Côté assiette, la carte sera entièrement signée Alexandre Couillon, maître vendéen de la gastronomie et auréolé de trois étoiles au guide Michelin. Voilà donc ce que les 8 450 € achètent : un voyage où le train, la table et la mise en scène forment un seul spectacle.
Ce qu’il faut surveiller avant le premier départ
Tout dépend désormais d’une autorisation administrative. Tant que l’accès au réseau ferré national n’est pas officiel, aucune date de départ ne peut être avancée, et la source n’en cite aucune.
Autre point à suivre : le terminus. Selon la saison du parc, les voyageurs arriveront soit en Vendée, soit à Versailles. Un détail qui peut compter pour qui réserve.
Le train rappelle aussi une époque où voyager était un événement. Le wagon-restaurant d’il y a 60 ans montre à quel point les repas à bord ont changé, ce que Alexandre Couillon promet de réinventer.
Quant à la question du public visé, elle est vite répondue : 44 places seulement, ce n’est pas un train pour tout le monde. Mais l’effet d’annonce, lui, fonctionne déjà, et ce que les premiers voyageurs du TGV n’auraient jamais cru prouve que le rail sait toujours faire rêver.
Le Grand Tour reste, pour l’instant, une promesse en attente de ses rails. Une promesse chiffrée : 12 voitures, 16 membres d’équipage, 5 escales et 44 passagers.
Un train qui joue la comédie, mange à la table d’un trois étoiles et dort à Versailles : le Puy du Fou vend 8 450 € une pièce de théâtre sur rails. Et si le luxe ne se mesurait pas qu’aux rails, ce que le vrai luxe désigne à Singapour pourrait bien vous étonner.
Quant à ceux qui regardent plutôt leur fiche de paie, la retraite que touche cette contrôleuse après 32 ans à la SNCF raconte l’envers du décor ferroviaire.