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Vol Volotea Figari-Nantes : 88 passagers bloqués 30 heures en Corse, « l’organisation est lamentable »

Publié par Ambre Détoit le 08 Juin 2026 à 7:39

Ils devaient survoler la Méditerranée pendant deux petites heures. Ils ont finalement passé plus d’une journée entière coincés en Corse, entre un aéroport désert et un hôtel qualifié de « miteux ». Le 1er juin, 88 passagers du vol Volotea reliant Figari à Nantes ont vécu un retour de vacances cauchemardesque.

Un réacteur en panne, et tout bascule

Avion prêt au décollage de nuit à l'aéroport de Figari

L’Airbus A320 de la compagnie low-cost devait décoller de Figari à 12h55. Les passagers étaient installés, prêts à quitter l’île de Beauté après quelques jours de soleil. Sauf qu’un incident technique sur l’un des réacteurs a cloué l’appareil au sol.

Airbus A320 cloué au sol à l'aéroport de Figari en Corse

Le vol a été purement et simplement suspendu, sans la moindre information immédiate de la part de Volotea. Pas d’annonce en direct, pas de représentant sur place. Juste un SMS, reçu plus tard, contenant des bons repas d’un montant de 20 euros.

Pour la nuit, la compagnie a proposé un hôtel à proximité de l’aéroport. Une solution qui, sur le papier, peut sembler correcte. Mais dans les faits, les passagers ont déchanté très vite.

« L’hôtel miteux » et le silence radio de Volotea

Comme le rapporte Les Sables Vendée Journal, les témoignages ont rapidement afflué sur Facebook. Une passagère a dénoncé « l’hôtel miteux » dans lequel le groupe a été logé. Une autre a confié son angoisse professionnelle.

Passagers frustrés attendant dans un terminal d'aéroport

« Ça nous embête énormément d’un point de vue professionnel. J’ai déjà un jour supplémentaire à poser, donc je vais me faire allumer », a-t-elle écrit. Quand on revient de vacances, perdre une journée entière peut coûter bien plus qu’un simple désagrément.

Ce qui revient le plus dans les messages ? Le silence de la compagnie. « On fait de très belles rencontres, mais l’organisation est lamentable. Le manque d’informations de Volotea est insupportable », résume une voyageuse. Pas de point de contact clair, pas de mise à jour régulière. Les 88 passagers se sont sentis livrés à eux-mêmes.

Ce genre de mésaventure rappelle d’autres épisodes récents. Des passagers d’un vol British Airways avaient été abandonnés 48 heures sur une île glacée. Le problème dépasse largement une seule compagnie. Mais face au mur du silence, certains ont décidé de ne plus attendre.

Plan B : Bordeaux en avion, puis voiture de location

Plusieurs passagers ont pris les choses en main. Plutôt que d’attendre indéfiniment à Figari, ils ont trouvé un vol pour Bordeaux. De là, direction Nantes en voiture de location : environ trois heures de route, mais au moins la certitude d’arriver.

Les autres, ceux qui n’avaient pas les moyens ou l’envie de payer un plan B, ont patienté. Longtemps. Très longtemps. Il a fallu attendre le lendemain, mardi 2 juin, en fin de journée, pour que l’Airbus A320 d’origine soit enfin jugé apte à redécoller.

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L’appareil a quitté Figari à 20h05. Soit plus de 30 heures après l’horaire de départ initialement prévu. Cette fois, le vol s’est déroulé sans encombre. Un soulagement pour des passagers épuisés par l’attente et le manque de communication.

Si vous prenez l’avion cet été, pensez à détruire votre carte d’embarquement après le voyage — vos données personnelles y figurent en clair. Mais avant même d’en arriver là, encore faut-il que l’avion décolle.

Quels droits pour les passagers bloqués ?

Interrogée après l’incident, Volotea a présenté ses excuses. La compagnie a assuré que les passagers ont eu la possibilité « de se faire rembourser ou de modifier leur réservation sans frais, conformément aux dispositions du règlement européen EU261 ».

Ce règlement prévoit en effet des compensations en cas de retard supérieur à trois heures. Pour un vol intra-européen de cette distance, l’indemnisation peut atteindre 250 euros par passager. Un montant auquel s’ajoutent la prise en charge des repas et de l’hébergement.

Mais encore faut-il connaître ses droits. Beaucoup de voyageurs ignorent qu’ils peuvent réclamer une indemnisation après un tel retard. La compagnie ne vous enverra pas spontanément un chèque. C’est au passager de faire la démarche, idéalement en conservant tous ses justificatifs.

Le contexte aérien est par ailleurs tendu cet été. Entre la crise du kérosène qui supprime des milliers de vols et la fermeture d’une piste à Orly prévue dès août, les galères aériennes risquent de se multiplier.

Un été sous haute tension dans le ciel européen

Ce fiasco Volotea n’est pas un cas isolé. Ryanair, Lufthansa, Transavia : la liste des compagnies qui réduisent leur programme de vols ne cesse de s’allonger. Même Air France a vu un vol faire demi-tour récemment après un signal d’alerte en plein vol.

Quand on sait que le patron de Wizz Air prédit des fermetures de compagnies dès septembre, on comprend que les low-cost sont en première ligne. Moins de marge, moins de maintenance préventive, moins de solutions de repli quand un avion tombe en panne.

Pour les 88 passagers du Figari-Nantes, l’aventure est terminée. Mais le souvenir d’un hôtel miteux, de bons repas à 20 euros et de 30 heures sans la moindre explication restera. Si un supplément carburant vient s’ajouter au prix de leur prochain billet, on imagine qu’ils y regarderont à deux fois avant de remonter dans un Volotea.

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