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Après 100 ans de traque, le calmar colossal enfin filmé vivant révèle un détail glaçant

Publié par Cassandre le 18 Sep 2026 à 7:25
Calmar colossal aux yeux géants filmé dans les abysses

Pendant un siècle, personne n’avait jamais vu cette créature vivante dans son propre univers. Le calmar colossal ne se laissait approcher que mort, remonté par hasard dans un filet de pêche ou dans l’estomac d’un cachalot. Une équipe de biologistes marins vient pourtant de réussir l’impossible, quelque part au large des îles Sandwich. Ce que révèlent ces images va bien au-delà d’une simple première mondiale.

Un siècle de traque pour une créature insaisissable

Le grand public connaît surtout le calmar géant, popularisé par Jules Verne dans Vingt mille lieues sous les mers. Mais il existe une espèce encore plus imposante, décrite pour la première fois il y a près de 100 ans : le Mesonychoteuthis hamiltoni, alias le calmar colossal.

Considéré comme le plus grand invertébré connu, il peut peser plus de 500 kg, soit l’équivalent d’une vieille Fiat 500. Pourtant, aucun spécimen vivant n’avait jamais été observé dans son habitat naturel avant cette expédition.

Selon Kat Bolstad, biologiste marine à l’université d’Auckland citée dans The Conversation, l’animal vit dans un environnement immense et plongé dans le noir. Il éviterait aussi activement les humains, ce qui explique en partie pourquoi les abysses gardent encore l’essentiel de leurs secrets.

Les images qui confirment enfin son identité

C’est le submersible scientifique SuBastian qui a capturé les toutes premières images de ce spécimen, un juvénile, quasiment 100 ans jour pour jour après sa description formelle. La rencontre a permis de comparer directement l’anatomie du calmar géant et celle du calmar colossal.

Le premier est fin et allongé, avec une musculature légère. Le second est bien plus trapu, doté d’un aileron imposant et de tentacules plus courts mais épais. Deux d’entre eux portent des crochets pivotants extrêmement tranchants, capables de s’enfoncer plus profondément dans la chair d’une proie à mesure qu’elle se débat.

« Quand j’ai vu les crochets, j’ai commencé à hyperventiler », a confié Aaron Evans, l’un des experts ayant formellement identifié l’animal. Cette découverte rejoint une série de créatures récemment filmées pour la première fois, à l’image du siphonophore géant de 47 mètres repéré au large de l’Australie ou du calmar gélatineux des abysses filmé quelques mois plus tôt.

Chercheuse stupéfaite devant l'écran de contrôle du submersible

Le détail qui a glacé les scientifiques

Au-delà des crochets, un autre trait a marqué les chercheurs : les yeux du calmar colossal. Iridescents et gigantesques, ils lui permettent de repérer ses proies dans l’obscurité totale des grands fonds. Chez un adulte, ils peuvent dépasser la taille d’un ballon de football, ce qui en fait les plus grands yeux connus de tout le règne animal.

Cette observation confirme des comportements et des caractéristiques morphologiques jusqu’ici seulement supposés à partir de cadavres. Elle ouvre aussi la voie à de nouvelles recherches sur un écosystème encore largement méconnu, un peu comme les 73 % de la surface terrestre jamais foulés par l’homme, qui se trouvent d’ailleurs sous l’océan.

L’humanité a aujourd’hui cartographié la surface de Mars avec plus de précision que le plancher de ses propres océans. Un rappel qui donne tout son sens à des découvertes récentes comme le requin bioluminescent ou le poisson dragon noir, tous deux surgis de ces zones que la lumière n’atteint jamais.

Un siècle d’attente pour quelques secondes de vidéo, et pourtant tout le récit du monde abyssal vient de changer de dimension. Combien d’autres géants silencieux nous observent encore, sans qu’aucun projecteur ne les ait jamais surpris ?

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