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Dans les comptes de Thomas, conducteur de chasse-neige à Briançon à 2 150 € nets par mois

Publié par Mathieu le 09 Oct 2026 à 19:02

Thomas, 38 ans, conduit un engin de déneigement pour le département des Hautes-Alpes, à Briançon. Il gagne 2 150 € nets par mois, primes d’astreinte comprises. Voici comment ce père de deux enfants répartit chaque euro, entre nuits à 3 heures du matin et facture de chauffage qui grimpe avec le thermomètre.

Un salaire qui change selon la météo

Le salaire de base de Thomas, agent d’exploitation des routes, s’élève à 1 780 € nets. Ce n’est pas ce qui tombe réellement sur son compte, car l’hiver réserve de belles surprises à sa fiche de paie.

Entre novembre et mars, les astreintes de nuit et les sorties de déneigement ajoutent en moyenne 370 € par mois. Certains mois de grosses chutes, la prime dépasse 600 €. En été, elle tombe à zéro, et la fiche de paie redescend à 1 780 € nets.

Sa compagne Élodie, auxiliaire de vie à mi-temps, apporte 780 € nets. Le foyer touche aussi 290 € d’allocations familiales pour leurs deux enfants. Le budget présenté ici est celui de Thomas sur une moyenne annuelle lissée, soit 2 150 € nets pour lui seul.

Conducteur de chasse-neige souriant dans la cabine de son engin

« L’hiver, je gagne bien ma vie, mais je ne la vois pas : je dors le jour et je travaille la nuit », résume-t-il. Reste à savoir où part cet argent, et le premier poste n’est pas celui qu’on croit.

Ces dépenses fixes qui avalent la moitié du budget

Le couple rembourse un crédit immobilier de 740 € par mois pour une maison de 90 m² à Névache, achetée en 2018. Le terrain coûtait cher, la montagne aussi, mais le loyer à Briançon aurait été à peine moins élevé pour un logement plus petit.

Vient ensuite le chauffage. Le poêle à granulés et l’appoint électrique pèsent 190 € par mois lissés sur l’année, avec des pointes à 320 € en janvier. L’électricité hors chauffage et l’eau ajoutent 95 €.

L’assurance habitation (38 €), l’assurance auto (62 €) et la mutuelle familiale (118 €) totalisent 218 €. Le forfait mobile et la fibre coûtent 54 €, auxquels s’ajoute Netflix à 13 €.

Le véhicule est un poste insoupçonné. Thomas parcourt 40 km par jour pour rejoindre le centre technique de Briançon, ce qui représente 210 € de carburant et 45 € d’entretien mensuel. Le service départemental lui fournit l’engin, mais pas sa voiture personnelle.

Couple examinant ses factures dans une cuisine de chalet

Au total, les charges fixes atteignent 1 565 € par mois. Soit près des trois quarts de son salaire, et il reste encore à manger.

Les courses, les enfants et ce petit luxe de montagnard

Les courses alimentaires de la famille de quatre personnes coûtent 520 € par mois. En altitude, les prix sont supérieurs de 8 à 10 % à ceux de la plaine, selon Thomas. Il s’approvisionne surtout au Leclerc de Briançon et complète auprès d’un producteur local de viande de mouton.

Le budget de Thomas seul ne couvre pas tout. Élodie prend en charge une partie des courses et des frais scolaires avec ses 780 €. Sur son seul salaire, Thomas contribue à hauteur de 310 € aux courses.

Les loisirs restent modestes : 70 € par mois de sorties, essentiellement des crêpes et des glaces avec les enfants. Le forfait de ski saisonnier de la famille, 480 € pour quatre, est lissé à 40 € par mois. « Je suis payé pour regarder la neige, alors je ne vais pas me plaindre d’y skier une fois par semaine », sourit-il.

Les vêtements techniques, indispensables à cette altitude, pèsent 45 € par mois en moyenne. Les vacances d’été, une semaine en camping en Ardèche, représentent 60 € lissés.

Reste la grande question : après tout cela, que garde-t-il vraiment au fond de la poche ?

Ce qu’il reste en fin de mois, et le projet qui change tout

Après 1 565 € de charges fixes et 525 € de dépenses variables, il reste à Thomas 60 € par mois en moyenne. L’hiver, grâce aux primes, ce chiffre grimpe à 250 €. L’été, il flirte avec zéro.

Thomas ne se plaint pas, il vise. Chaque prime d’astreinte passe sur un livret A dédié, qui contient 7 400 € aujourd’hui. Cet argent finance un projet précis : remplacer le poêle par une pompe à chaleur, estimée à 11 000 € avant aides.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais avec deux enfants qui grandissent, les baskets partent plus vite que les primes », reconnaît-il. Aucun crédit à la consommation, aucune dette hors immobilier.

Le salaire médian français tourne autour de 2 100 € nets par mois. Thomas se situe donc légèrement au-dessus, mais dans un territoire où tout coûte plus cher et où l’hiver rythme les dépenses autant que les revenus. Son bilan résume bien sa situation : « Je m’en sors, à condition qu’il neige un peu. »

Pour comparer, d’autres métiers d’extérieur racontent leur quotidien, comme cet ostréiculteur du Cap-Ferret ou cet électricien de Saint-Nazaire, avec des charges de logement très différentes.

Autre profil de salarié aux horaires décalés : cette ambulancière de Chalon-sur-Saône, qui jongle aussi avec les astreintes. Et pour voir ce que donne un autre métier de terrain en zone rurale, jetez un œil au budget d’une agricultrice charentaise : l’écart de revenu vous surprendra.

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