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Canicule à l’hôpital : cette patiente de 83 ans vit dans une chambre à 35 °C et on lui refuse sa climatisation

Publié par Elodie le 26 Juin 2026 à 14:26
Chambre d'hôpital surchauffée avec climatiseur mobile au sol

La France suffoque sous une canicule historique. Dans les hôpitaux, la chaleur devient un danger mortel pour les patients les plus fragiles.

À Colombes, dans les Hauts-de-Seine, le fils d’une patiente de 83 ans se bat contre un refus qui lui semble aberrant : l’hôpital interdit l’installation d’un simple climatiseur mobile dans la chambre de sa mère, où le thermomètre grimpe jusqu’à 35 °C.

Derrière ce bras de fer, des règles de sécurité que beaucoup ignorent.

Canicule niveau 3 : les hôpitaux sous pression maximale

Le gouvernement a déclenché le niveau 3 du plan ORSAN, soit le degré le plus élevé de mobilisation sanitaire en France. L’objectif affiché : permettre au système hospitalier de « tenir dans la durée » face à des températures extrêmes qui ne faiblissent pas. Plusieurs décès potentiellement liés à la chaleur ont déjà été recensés dans le pays.

Les personnes âgées sont les premières victimes. Hospitalisées, souvent immobiles, elles dépendent entièrement du système de soins pour leur confort thermique. Et tous les établissements ne disposent pas de la climatisation dans chaque chambre. Loin de là.

La mère de Cédric Boulain, 83 ans, est hospitalisée depuis six mois dans un établissement de l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris (AP-HP). Quand les premières fortes chaleurs ont frappé au printemps, son fils a décidé de prendre les choses en main. Il a acheté un climatiseur mobile à ses propres frais. Mais garder une pièce fraîche à l’hôpital ne dépend pas que de la bonne volonté d’un proche.

« L’hôpital m’a sorti plusieurs excuses » : le témoignage du fils sur BFMTV

Cédric Boulain a témoigné mercredi 24 juin sur BFMTV, visiblement excédé. « Je suis prêt à l’installer à n’importe quel moment, et l’hôpital m’a sorti plusieurs excuses, toutes différentes, qui ne me semblent pas valables dans une période aussi dramatique que celle d’aujourd’hui », a-t-il déclaré.

Premier argument de l’établissement : le principe d’équité entre patients. Autoriser un climatiseur personnel dans une chambre, ce serait créer une inégalité avec les malades dont les familles n’ont pas les moyens d’en acheter un. Un raisonnement que le fils juge totalement déplacé en pleine vague de chaleur exceptionnelle.

Deuxième raison avancée : le réseau électrique de l’hôpital serait vétuste. Brancher un appareil gourmand en énergie pourrait provoquer une surcharge, voire une coupure de courant. Dans un hôpital où des patients dépendent de machines pour vivre, l’argument prend un autre poids.

Mais pour Cédric Boulain, rien ne justifie de laisser une femme de 83 ans cuire dans sa chambre sans alternative. Ce qui pose une question plus large : le réseau électrique français est-il réellement prêt pour ces étés de plus en plus brûlants ?

Homme frustré dans un couloir d'hôpital tenant un document

Pourquoi l’AP-HP refuse les climatiseurs personnels : les vraies raisons

Comme le rappelle la question des installations électriques, le sujet est plus technique qu’il n’y paraît. L’AP-HP a répondu aux critiques en détaillant ses exigences. Tout équipement raccordé électriquement dans un hôpital doit disposer d’un marquage NF conforme et être branché sur un circuit suffisamment dimensionné, en termes de câblage comme de disjoncteur.

L’institution précise que les dispositifs de rafraîchissement sont fournis directement par les hôpitaux, dans le cadre de marchés publics. Impossible d’autoriser un appareil personnel dont la conformité ne peut être vérifiée. Le risque n’est pas théorique : un climatiseur défectueux peut provoquer un incendie ou un court-circuit dans un bâtiment où chaque coupure de courant met des vies en danger.

Le problème, c’est que cette réponse administrative laisse un vide concret. Si l’hôpital fournit les équipements, pourquoi cette chambre n’en a-t-elle toujours pas à 35 °C ? C’est exactement la question que pose Cédric Boulain. Et c’est celle que se posent des milliers de familles à travers la France, dans des établissements rarement conçus pour ces chaleurs. Entre normes de sécurité indiscutables et réalité thermique insupportable, le fossé grandit chaque été un peu plus.

Une chambre d’hôpital à 35 °C, une mère de 83 ans qui suffoque, un fils prêt à tout et un système qui répond par des normes techniques. Le vrai scandale n’est peut-être pas le refus du climatiseur — c’est qu’on en soit encore là, en 2026, à improviser face à des canicules qui n’ont plus rien d’exceptionnel. Et vous, seriez-vous resté aussi patient que Cédric ?

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