El Niño vient de se déclencher pourrait durer jusqu’en 2028 — et 7 modèles sur 10 prévoient du jamais-vu

Depuis le 11 juin 2026, c’est officiel : El Niño est de retour. La NOAA a confirmé l’entrée dans une nouvelle phase chaude du Pacifique, avant même le solstice d’été. Le phénomène pourrait devenir le plus puissant jamais enregistré depuis 1950, et ses effets se prolonger bien au-delà de 2027. Voici ce que les modèles prévoient pour la France et le reste du monde.
El Niño 2026 : un déclenchement précoce qui inquiète les climatologues
Les scientifiques s’y attendaient depuis des mois. Les modèles envisageaient un basculement entre mai et octobre 2026, mais le phénomène s’est déclenché dès début juin. Cette précocité n’est pas anodine : elle laisse plus de temps à El Niño pour s’intensifier avant l’hiver.
Pour comprendre, il faut revenir au mécanisme. El Niño fait partie du cycle ENSO, un balancier naturel entre deux phases. La Niña refroidit les eaux du Pacifique équatorial, El Niño les réchauffe. Le basculement d’une phase à l’autre dépend de l’orientation des vents, qui déplace les masses d’eau chaude en surface ou froide en profondeur.
La température de cette zone précise du Pacifique influence ensuite la météo de régions entières. Les météorologues redoutent ce scénario depuis que les premiers signaux ont été captés par le satellite Sentinel-6, qui mesure la hauteur de l’ensemble des océans tous les dix jours. Une vaste poche d’eau anormalement chaude, large de plusieurs centaines de kilomètres, a été détectée au large du Pacifique.
Ce n’est pas un cycle anodin. Le phénomène ENSO est l’un des moteurs climatiques les plus puissants de la planète. Et cette fois, l’ONU avait alerté sur la probabilité élevée d’un épisode majeur avant la fin de l’année. Le signal est désormais confirmé.
63 % de chances d’un « super El Niño » : ce que les modèles annoncent
Le mot qui revient dans les analyses de la NOAA est sans ambiguïté : « très fort ». L’agence américaine estime à 63 % la probabilité que cet El Niño atteigne un niveau extrême entre novembre 2026 et janvier 2027. Un super El Niño se déclare lorsque l’anomalie de température dans la zone dépasse les +2 °C. Cela ne se produit qu’une fois par décennie en moyenne.
Mais les projections vont plus loin. Selon le spécialiste Ben Noll, 7 des 10 modèles de prévision envisagent désormais un El Niño record, avec un excédent de température compris entre +2,5 et +4 °C. Du jamais-vu depuis le début des relevés en 1950. Chaque fraction de degré supplémentaire se traduit par un surcroît de vapeur d’eau dans l’atmosphère, et donc des vagues de chaleur plus intenses.
La durée prévue aggrave encore le tableau. La NOAA anticipe un phénomène actif au moins jusqu’en janvier 2027, possiblement mars. Mais ses conséquences météo peuvent se manifester jusqu’à un an après la fin de la phase active. En clair, les effets d’El Niño 2026 pourraient se faire sentir jusqu’en 2028.
Dans un contexte de réchauffement planétaire, ce retour tombe mal. Les années El Niño sont naturellement plus chaudes que les années La Niña. Ce surplus de chaleur s’additionne aux émissions de gaz à effet de serre, créant un effet d’empilement que les experts jugent préoccupant.

Sécheresses, inondations, tempêtes : ce qui attend la France et le monde
Les modèles prévoient un été plus chaud que la normale en France, et El Niño pourrait y contribuer. Mais c’est surtout à partir de l’automne et de l’hiver 2026-2027 que son influence devrait se faire sentir dans l’Hexagone. Historiquement, El Niño provoque en France un automne et un hiver plus perturbés, plus doux, venteux et très pluvieux. Le risque de tempêtes et d’inondations augmente sensiblement.
À l’échelle mondiale, les conséquences sont à double tranchant. El Niño assèche la forêt amazonienne, déjà en souffrance. Il aggrave le risque de canicules et de mégafeux en Australie. Au Pérou et en Équateur, il déclenche des inondations catastrophiques. Mais il réduit aussi le nombre d’ouragans dans l’Atlantique nord et atténue la sécheresse dans l’ouest américain.
L’impact économique n’est pas négligeable. Une étude du FMI montre que les économies des États-Unis, de l’Argentine, du Canada, du Mexique et de l’Europe tendent à bénéficier des phases El Niño. Agriculture, production d’énergie, logistique : des pans entiers de l’économie mondiale oscillent au rythme de ce cycle. Mais comme le rappelle la NOAA, chaque El Niño possède « sa propre signature ».
Ce qui rend cet épisode particulièrement incertain, c’est son intensité potentielle. Un excédent de +4 °C dans le Pacifique n’a jamais été observé. Les modèles entrent en terre inconnue, et la communauté scientifique ne cache pas son inquiétude.
El Niño 2026 n’est pas un épisode de plus : c’est potentiellement le plus violent depuis que l’humanité observe le climat. La vraie question n’est plus de savoir s’il sera fort, mais si nos modèles sont prêts pour un scénario qu’ils n’ont jamais eu à simuler. L’hiver 2026-2027 nous donnera la réponse — et il pourrait bien la donner brutalement.