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Trois familles italiennes de l’incendie de Crans-Montana reçoivent des factures de 75 000 euros

Publié par Elodie le 14 Août 2026 à 18:02
Femme bouleversée tenant une facture d'hôpital

Le 1er janvier 2026, l’incendie du bar « Le Constellation » à Crans-Montana faisait 41 morts et 115 blessés. Une tragédie qui a bouleversé la Suisse et l’Italie, dont plusieurs ressortissants figuraient parmi les victimes. Presque quatre mois plus tard, une nouvelle onde de choc frappe les familles déjà endeuillées.

Des proches de victimes italiennes viennent de recevoir un courrier auquel elles ne s’attendaient absolument pas. Et le montant réclamé donne le vertige.

Un drame qui continue de faire des victimes collatérales

Trois familles italiennes, déjà lourdement frappées par l’incendie du Constellation, ont reçu des factures émanant de l’hôpital de Sion, dans le Valais. Selon l’agence de presse ANSA, les montants réclamés oscillent entre 17 000 et 66 800 francs suisses, soit environ 17 000 à plus de 73 000 euros.

Un cas illustre particulièrement cette dérive administrative. La famille d’un adolescent de 16 ans, grièvement blessé lors du drame, a reçu une réclamation d’environ 75 000 euros. Cette somme correspond à seulement quinze heures d’hospitalisation, avant que le jeune patient ne soit transféré en urgence vers Milan.

Face à cette situation, la Première ministre italienne Giorgia Meloni est immédiatement montée au créneau. Le 21 avril 2026, elle a dénoncé sur ses réseaux sociaux une « insulte, en plus d’une moquerie, qu’une bureaucratie inhumaine seule pouvait produire ».

Une sortie qui rappelle d’autres tensions récentes entre gouvernements et administrations sur des questions de prise en charge financière de leurs ressortissants à l’étranger.

La colère de Rome n’est clairement pas retombée depuis le drame de Crans-Montana, un événement qui a marqué les esprits comme d’autres tragédies récentes ayant touché des ressortissants à l’étranger.

Comment une simple erreur informatique a mis le feu aux poudres

Comment expliquer un tel envoi dans un dossier aussi sensible ? Le gouvernement valaisan plaide la stricte erreur technique. Le dossier des patients étrangers aurait été transmis automatiquement par les serveurs de l’hôpital à l’institution commune LAMal, l’organisme chargé de gérer les frais médicaux internationaux de la Suisse.

Ce traitement informatisé aveugle a totalement ignoré l’engagement préalable du canton, qui promettait une prise en charge complète des rescapés. Une gaffe administrative qui rappelle, toutes proportions gardées, ces courriers automatiques envoyés à des millions de personnes malgré des promesses officielles de gratuité ou de prise en charge restées lettre morte le temps que les systèmes se coordonnent.

Le timing ne pouvait pas être pire. Les relations bilatérales entre Berne et Rome restaient déjà extrêmement fragiles. L’ambassadeur d’Italie en Suisse, Gian Lorenzo Cornado, venait tout juste de reprendre ses fonctions le 7 avril 2026 dans la capitale helvétique, après un rappel à Rome en janvier.

Un geste de protestation rarissime, du jamais-vu depuis 2009 selon le média SWI swissinfo.ch, provoqué par la libération sous conditions de Jacques Moretti, le propriétaire du bar incendié.

L’Italie avait alors qualifié cette décision judiciaire de « grave offense » envers la mémoire des victimes, une controverse qui n’est pas sans rappeler d’autres épisodes où une décision institutionnelle a mis le feu aux relations entre deux camps.

Documents administratifs et factures médicales empilés

Les autorités suisses promettent que personne ne paiera un centime

Pour éteindre ce nouvel incendie diplomatique, une rencontre déterminante s’est tenue le 24 avril 2026 entre l’ambassadeur italien et les membres du gouvernement valaisan. Les autorités suisses veulent s’assurer qu’aucune relance financière automatique n’importunera d’autres familles encore meurtries par la tragédie, un peu à la manière des dispositifs officiels que les autorités mettent parfois du temps à clarifier auprès du grand public.

Mathias Reynard, président du gouvernement cantonal, a tenu à rassurer rapidement les proches. Dans un communiqué publié le 21 avril 2026, il affirme fermement que « les prestations médicales de l’hôpital du Valais ne sont pas à la charge des familles ». Il garantit que ces montants seront intégralement couverts par les finances du canton du Valais ou, si la situation légale l’exige, directement par la Confédération suisse.

Sur le plan pratique, les consignes données aux victimes italiennes sont claires et strictes. Elles ne doivent en aucun cas régler ces factures et sont appelées à ignorer purement et simplement les lettres de recouvrement. Pour toute coordination administrative future, les familles doivent désormais se rapprocher exclusivement des centres d’aide aux victimes (LAVI), chargés de les protéger contre de nouvelles errances bureaucratiques.

Une erreur de serveur, quinze heures d’hospitalisation et 75 000 euros réclamés à une famille en plein deuil : voilà comment un bug administratif a failli rouvrir une plaie diplomatique à peine refermée. Reste à savoir si cette promesse de gratuité tiendra jusqu’au bout, ou si d’autres familles recevront encore, par erreur, ce genre de courrier glaçant dans leur boîte aux lettres.

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