Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Santé

Des millions de Français vont recevoir un message important de l’Assurance maladie

Publié par Killian Ravon le 17 Fév 2026 à 19:00

Un nouveau message de l’Assurance maladie va s’inviter dans la boîte mail de millions d’assurés. L’objet peut surprendre, d’autant que les arnaques imitant Ameli pullulent. Pourtant, cette fois, l’organisme assume. Ces courriels sont bien envoyés pour vous pousser à vérifier vos remboursements, et pour mieux repérer les fraudes.

La suite après cette publicité
Une assurée consulte sur son ordinateur un message de l’Assurance maladie « Information de paiement » et vérifie ses remboursements.
L’Assurance maladie envoie désormais des e-mails réguliers pour inciter les assurés à consulter le détail des paiements sur leur compte Ameli.

Depuis quelques mois, beaucoup de Français ont pris un réflexe sain. Se méfier d’un mail qui ressemble de près ou de loin à une notification administrative. La multiplication des tentatives de phishing a installé un doute permanent. Surtout quand il est question de santé, de carte Vitale ou de remboursement. C’est justement ce climat qui rend la nouvelle initiative de l’Assurance maladie délicate à comprendre au premier coup d’œil. Car oui, l’organisme confirme l’envoi d’e-mails réguliers pour signaler qu’un ou plusieurs paiements ont été effectués en votre nom. Sur ameli.fr, une page dédiée précise d’ailleurs l’objet du mail : « Information de paiement ».

La vidéo du jour à ne pas manquer
Le logo officiel de l’Assurance Maladie, souvent imité dans les tentatives de phishing. Crédit : Assurance Maladie.
La suite après cette publicité

Un e-mail récurrent, pensé pour vous faire vérifier vos paiements

L’idée est simple : dès qu’un ou plusieurs paiements ont été réalisés sur une période récente. Un mail peut vous être envoyé pour vous inviter à consulter le détail sur votre compte Ameli. Le message n’affiche pas, dans le corps du mail. Le montant ni le motif du versement, justement pour limiter les risques si la notification est interceptée.

Selon l’Assurance maladie, ce système doit devenir un rendez-vous régulier. Plusieurs médias ont expliqué que l’envoi pouvait intervenir à échéance rapprochée. Avec une fréquence évoquée autour d’un mail tous les dix jours dans certaines présentations du dispositif. Afin d’inciter les assurés à se reconnecter et à vérifier leurs mouvements. Derrière cette mécanique, l’organisme vise deux objectifs. D’un côté, remettre un peu de “réalité” sur le coût des soins, parfois invisibilisé par le tiers payant. De l’autre, transformer les assurés en vigies. Capables de repérer un acte facturé à leur nom alors qu’ils n’ont rien fait.

Les caisses primaires (CPAM) gèrent de nombreux échanges avec les assurés, y compris via le compte Ameli. Crédit : ChtiTux.
La suite après cette publicité

Pourquoi l’Assurance maladie insiste autant sur la fraude

Le sujet n’a rien de théorique. Dans un bilan présenté pour l’année 2024, l’Assurance maladie affirme avoir détecté et stoppé 628 millions d’euros de fraudes, un niveau record, en hausse d’environ 35 % par rapport à l’année précédente. Ameli.fr, Le Parisien et des médias spécialisés comme Le Quotidien du Médecin ont tous relayé ces chiffres lors de la présentation de ce nouveau courrier.

Un point frappe particulièrement : la part attribuée aux professionnels de santé est majoritaire. Plusieurs articles évoquent un ordre de grandeur proche de 70 % des montants, ce qui alimente l’idée que la fraude ne se limite pas à quelques “petites magouilles” isolées. Dans ce contexte, la logique du mail devient plus claire. Avec le tiers payant, un assuré peut ne rien payer sur le moment et ne pas consulter son relevé en ligne, ce qui ouvre une fenêtre : actes fictifs, soins non réalisés, surfacturation. Le directeur délégué chargé notamment de la lutte contre la fraude, Marc Scholler, a expliqué à la presse que l’objectif est précisément d’inciter les assurés à regarder le détail et à alerter en cas d’anomalie.

Une agence CPAM : l’Assurance maladie veut renforcer la vigilance des assurés sur leurs paiements. Crédit : Erwmat.
La suite après cette publicité

Le piège du tiers payant : quand “gratuit” veut dire “invisible”

Beaucoup de Français l’ont déjà vécu : on sort d’une consultation, on présente sa carte Vitale, parfois on ne paie rien, et on passe à autre chose. Ensuite, le remboursement se fait “tout seul” et, sauf souci, on ne retourne pas forcément dans “Mes paiements”. Ce fonctionnement, qui rend l’accès aux soins plus simple, a aussi un effet secondaire. Sans vérification, un assuré peut découvrir tardivement qu’un acte a été passé en son nom, ou qu’un montant inhabituel a été facturé. C’est précisément là que l’Assurance maladie veut réintroduire un réflexe. Le mail n’est pas un accusé de réception détaillé, c’est un rappel : “Allez voir”.

Comment reconnaître un vrai mail… sans tomber dans le panneau d’une arnaque

Le problème, c’est que les escrocs ont compris depuis longtemps que les mots “Ameli”, “Assurance maladie” et “remboursement” déclenchent une réaction immédiate. L’Assurance maladie elle-même publie des consignes pour se protéger des courriers, appels, e-mails et SMS frauduleux, et rappelle qu’elle ne demande pas certaines informations sensibles de cette manière.

La suite après cette publicité

Pour éviter la confusion, le point le plus important tient en une règle très concrète : un mail légitime vous invite à vous connecter à votre compte, mais ne vous demande pas de saisir vos coordonnées bancaires via un lien douteux, ni de “payer” pour une carte Vitale. L’organisme insiste aussi sur un fait souvent oublié : une carte Vitale est gratuite, et sa délivrance n’est pas facturée. Autre réflexe utile : au lieu de cliquer sur le moindre bouton, ouvrez votre navigateur et tapez vous-même l’adresse du site officiel, puis connectez-vous à votre compte. Si un paiement a bien eu lieu, vous le verrez dans l’historique.

La carte Vitale et les remboursements sont au cœur de nombreuses arnaques, mais aussi des outils officiels de suivi. Crédit : Yakafaucon.

Ce que contient (et ne contient pas) le message

Le courriel « Information de paiement » ne donne pas le détail des actes, ni le montant, selon la page explicative publiée par ameli.fr. Il sert surtout à signaler qu’un mouvement existe et qu’il faut vérifier. Cette sobriété est volontaire. Moins il y a d’informations exploitables dans le mail, moins un attaquant peut s’en servir pour convaincre ou pour extorquer des données.

À lire aussi

La suite après cette publicité

Que faire si vous repérez un remboursement suspect

Une fois connecté à votre compte, la marche à suivre est pensée pour être rapide. Ameli.fr a publié une page dédiée au “remboursement suspect” et explique que l’assuré peut signaler une anomalie depuis son espace pour lutter contre la fraude.

Dans plusieurs articles, il est également question d’un passage via le chatbot, avec une option du type « signaler un remboursement suspect ». L’objectif est de guider l’assuré vers un formulaire, en lien avec le motif “Remboursements des soins”, afin d’indiquer qu’un acte médical ou un soin n’a pas été réalisé. La nuance est importante : il ne s’agit pas de “porter plainte” depuis le site, mais d’alerter l’administration pour déclencher les vérifications et, si besoin, des actions contre les fraudeurs. Plus le signalement arrive tôt, plus l’organisme peut croiser rapidement les informations.

La suite après cette publicité
La CEAM fait partie des documents de santé souvent cités dans les démarches et les notifications. Crédit : Futurhit12 / Conseil Européen.

Une campagne de mails… dans la continuité d’autres messages officiels

L’Assurance maladie n’en est pas à son premier contact direct avec les assurés. En 2025, l’organisme annonçait par exemple une campagne d’appels ciblant 500 000 personnes souffrant de diabète ou d’insuffisance cardiaque, afin de rappeler l’importance de consultations régulières avec le médecin généraliste. Ameli.fr a publié une actualité détaillant ce dispositif, prévu à partir du mois de juin.

Ces démarches ont un point commun : elles surprennent, parce qu’elles arrivent dans un quotidien déjà saturé de notifications. Pourtant, elles s’inscrivent dans une stratégie plus large, où l’Assurance maladie cherche à faire évoluer les comportements, entre prévention, suivi et lutte contre les abus. Ce nouveau mail « Information de paiement » se place exactement à cette frontière. Il veut informer, mais aussi provoquer une action simple : vérifier, et signaler si quelque chose ne colle pas.

La suite après cette publicité

Ce qu’il faut retenir avant de supprimer (ou pas) ce mail

Le contexte actuel explique la méfiance, et elle reste nécessaire. Des arnaques circulent toujours, y compris sous forme de faux SMS invitant à “mettre à jour” la carte Vitale ou à “sécuriser” un compte, comme l’ont déjà rappelé plusieurs alertes publiées sur Le Tribunal du Net.

Mais tout supprimer par réflexe peut aussi vous faire passer à côté d’un signal utile. Si le message est légitime, il vous encourage surtout à consulter votre espace officiel et à repérer rapidement une anomalie. Le bon compromis tient en une habitude facile : ne cliquez pas dans le mail si vous doutez, mais connectez-vous par vous-même à votre compte Ameli. En cas de fraude, ce sont souvent les détails qui parlent : un professionnel inconnu, une date où vous étiez ailleurs, ou un montant qui n’a rien à voir avec vos soins habituels.

Un changement important mais discret

L’arrivée régulière du mail « Information de paiement » est un changement discret, mais pas anodin. L’Assurance maladie cherche à rendre les paiements plus visibles, à rappeler que le système repose sur la solidarité, et à fermer la porte à certaines fraudes qui prospèrent sur l’inattention. Face à la montée des arnaques, la prudence reste indispensable. Plutôt que de trancher entre “c’est forcément une escroquerie” et “c’est forcément officiel”, le bon réflexe consiste à vérifier sur votre compte, sans passer par des liens suspects.

La suite après cette publicité

Retrouvez plus d’article sur le même thème ici.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *