Decathlon : cette grève inédite ce samedi 6 juin pourrait paralyser vos 325 magasins en France
Decathlon affiche un bénéfice proche du milliard d’euros. Ses salariés, eux, voient leur pouvoir d’achat fondre. Le résultat : une mobilisation nationale sans précédent prévue ce samedi 6 juin 2026, jour de forte affluence en magasin. Voici pourquoi cette journée pourrait bien virer au casse-tête pour des millions de clients.

Près d’un milliard de bénéfice et des salariés qui décrochent
L’année 2025 a été faste pour l’enseigne nordiste. Le bénéfice a bondi de 16 % pour frôler le milliard d’euros, tandis que le chiffre d’affaires atteignait 17 milliards d’euros, en hausse de 4 %. Des résultats qui font de Decathlon l’un des joyaux les plus rentables du groupe Mulliez.
Ce même groupe familial possède aussi Auchan, en pleine restructuration, Leroy Merlin ou encore Boulanger. Avec 1 900 magasins dans le monde, 100 000 collaborateurs et 300 millions de clients revendiqués, Decathlon célèbre en 2026 son demi-siècle d’existence. La machine tourne à plein régime.
Sauf que côté salaires, c’est une autre histoire. Les négociations annuelles se sont tenues en début d’année, à un moment où l’inflation semblait quasi nulle. Depuis, le contexte a changé. En mai 2026, l’inflation a atteint 2,4 % sur un an, contre 2,1 % le mois précédent. Pour les employés en rayon ou en caisse, chaque dixième de point se ressent directement sur le caddie de courses.
Cette érosion progressive a nourri un sentiment d’injustice. Les bénéfices grimpent, les dividendes suivent, mais les fiches de paie, elles, stagnent face à la hausse des prix. Le décalage est devenu trop visible pour être ignoré.
Une intersyndicale unie pour la première fois de l’histoire de Decathlon
C’est le détail qui change tout. Pour la première fois dans l’histoire de l’enseigne, l’ensemble des syndicats représentatifs se sont rassemblés derrière un même appel à la mobilisation. CFDT, CFTC, CGT, CFE-CGC, Unsa : tous ont signé un tract commun qui ne laisse aucune place à l’ambiguïté.
Le message est limpide : « Des bénéfices qui s’accumulent… le pouvoir des salariés qui recule ! Le 6 juin, mobilisons-nous pour notre pouvoir d’achat. » La CFTC, principal syndicat de Decathlon, a même poussé le curseur avec son propre slogan : « Nos salaires avant leurs dividendes. »
Gregory Labrousse, délégué syndical central CFTC, confirme le caractère inédit de cette union. Jamais les cinq organisations n’avaient convergé vers une action commune. L’intersyndicale revendique par ailleurs près de 1 400 signatures recueillies sur une pétition lancée fin mai. Un chiffre qui traduit une colère bien au-delà des cercles militants habituels.
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La date du samedi n’est pas un hasard. C’est le jour de plus forte fréquentation dans les grandes enseignes de distribution. En choisissant ce créneau, les grévistes maximisent la pression sur la direction. Et pour les clients qui comptaient renouveler leur matériel de running ou préparer leurs vacances sportives, la surprise risque d’être amère.
L’appel concerne les 325 magasins Decathlon répartis sur le territoire français. Même si tous ne seront pas paralysés, des perturbations sont à prévoir aux caisses comme dans les rayons, selon la mobilisation locale. Les habitués du commerce physique en France devront peut-être adapter leurs plans.

Ce que la direction répond — et ce qui pourrait changer dès lundi
Face aux tensions sociales qui secouent le secteur, Decathlon a choisi la voie du communiqué mesuré. Dans les colonnes du Figaro, la direction assure poursuivre « un dialogue direct, régulier et constructif » avec ses équipes et les représentants du personnel.
Le groupe ajoute suivre « la situation de près » et garantit que ses équipes restent « pleinement mobilisées afin d’accueillir au mieux les clients ». Traduction : pas de fermeture annoncée, mais pas de concession non plus. Une position d’attente qui irrite les syndicats.
Car le vrai enjeu se jouera après le 6 juin. Si la mobilisation est massive, la direction devra rouvrir les négociations salariales. L’inflation de 2,4 % change la donne par rapport aux prévisions du début d’année. Les salariés le savent et comptent bien faire valoir chaque euro face à des résultats historiques.
Le rapport de force est clair. D’un côté, une entreprise qui approche le milliard de bénéfice. De l’autre, des employés dont le salaire réel recule mois après mois. Le samedi 6 juin sera le premier test grandeur nature de cette colère. Et si rien ne bouge, les syndicats préviennent déjà : ce ne sera qu’un début.
Un milliard de bénéfice, cinq syndicats unis, un samedi de grève : Decathlon n’avait jamais connu ça en cinquante ans d’existence. Si vous aviez prévu d’y passer ce week-end, mieux vaut vérifier l’état de votre magasin avant de prendre la route. Et vous, trouvez-vous normal qu’une enseigne aussi rentable refuse de revaloriser ses salariés ?