Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Société

Coup de tonnerre chez Auchan : 91 supermarchés mis en vente après la franchise

Publié par Killian Ravon le 28 Jan 2026 à 14:30

La vente supermarchés Auchan revient au cœur de la grande distribution, dans un contexte où les enseignes arbitrent entre surfaces, coûts et concurrence.

La suite après cette publicité
Façade d’un supermarché Auchan avec le vrai logo Auchan, parking au premier plan, ciel couvert.
Un magasin Auchan standard et son parking, illustration sobre pour un article sur la vente de supermarchés.

Depuis des mois, les signaux se multiplient et dessinent une même trajectoire : recentrer, simplifier, et tenter d’enrayer l’érosion. Derrière les mots prudents et les calendriers étirés, une question s’impose : jusqu’où Auchan est-il prêt à aller pour préserver ce qui tient encore ?

La vidéo du jour à ne pas manquer
L’enseigne Auchan, symbole d’un réseau en pleine recomposition. Crédit : Wikimedia Commons.
La suite après cette publicité

Un modèle bousculé, entre fin de cycle des hypers et pression sur les marges

Depuis plusieurs années, le secteur vit une consolidation accélérée. Les enseignes se battent sur les prix, mais aussi sur la logistique, les achats et la capacité à rénover vite. Dans ce jeu-là, les formats n’ont pas tous la même résistance. Les hypermarchés, longtemps moteur, souffrent d’un reflux structurel : baisse du non-alimentaire, arbitrages des ménages, concurrence des discounters, et montée du drive. Auchan, historiquement très exposé aux grandes surfaces, se retrouve en première ligne.

En France, la situation se lit aussi dans les transformations déjà engagées : réductions de surfaces, réorganisations, fermetures ciblées et plans d’économies. Autrement dit, le groupe ne découvre pas la crise. Il tente de l’encadrer. À cela s’ajoute un autre paramètre, plus récent et très coûteux : l’intégration d’un lot important de magasins issus des cessions de Casino. Sur le papier, ces reprises apportent du chiffre d’affaires. Sur le terrain, elles réclament des investissements lourds pour remettre les sites au niveau.

La suite après cette publicité

Le pari Intermarché–Netto : changer d’enseigne sans changer de propriétaire

Le projet dévoilé à l’automne reposait sur une mécanique assez simple. D’un côté, Auchan conserve les actifs et les salariés. De l’autre, le Groupement Les Mousquetaires apporte l’approvisionnement, la politique commerciale, et un savoir-faire reconnu sur le supermarché. Ce type de schéma doit permettre un redressement plus rapide, car il alignerait l’offre et les prix sur un modèle déjà éprouvé.

À ce moment-là, le message officiel insistait sur un point : il s’agissait d’un changement d’enseigne, pas d’une vente. Dans les réseaux, la nuance est cruciale. Vendre, c’est sortir du jeu localement. Franchiser, c’est rester propriétaire, mais déléguer une partie du pilotage commercial. Sauf que la grande distribution n’avance jamais sur une ligne droite. Chaque zone de chalandise a ses contraintes et chaque opération d’envergure attire l’attention du régulateur.

Le format Intermarché, au cœur du partenariat industriel et commercial. Crédit : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick.
La suite après cette publicité

Ce que le nouveau calendrier dit des difficultés, magasin par magasin

C’est là que le calendrier devient un indice. Selon les informations rendues publiques fin janvier, le modèle de franchise ne concernerait finalement qu’une partie du parc, avec une intégration progressive prévue jusqu’à l’horizon avril 2027. Ce détail change beaucoup de choses. D’abord, il reconnaît implicitement que tous les sites ne “passent” pas aussi bien sous un nouveau concept.

À lire aussi

Pour le Groupement Les Mousquetaires, la séquence est aussi stratégique. Intermarché et Netto ont multiplié ces dernières années les dossiers de croissance externe. Reste un point sensible : ces opérations massives se jouent sous le regard de l’Autorité de la concurrence, notamment pour éviter qu’une enseigne ne devienne quasi incontournable dans certains bassins de vie. C’est souvent là que les stratégies se grippent, car un feu vert national peut se transformer en casse-tête local.

La suite après cette publicité

La bascule qui change tout : Auchan met finalement des magasins en vente

C’est dans ce cadre qu’intervient l’annonce qui a secoué les équipes. Cette fois, on ne parle plus seulement d’un changement d’enseigne en franchise. Auchan envisage de céder une partie de ses supermarchés, avec une priorité donnée au Groupement Les Mousquetaires pendant une fenêtre de négociation. Le chiffre, lui, marque un tournant : 91 supermarchés sont concernés par cette mise sur le marché.

L’intégration en franchise sous enseigne Intermarché ou Netto ne porterait plus que sur 164 supermarchés. En creux, cela signifie que le plan est désormais à deux étages : d’un côté, une franchise “opérée” ; de l’autre, une cession pure et simple pour les sites jugés trop complexes. On se souvient qu’auparavant, d’autres acteurs comme Lidl avaient déjà été cités pour la reprise de certains points de vente.

Netto, l’autre bannière des Mousquetaires appelée à absorber une partie du parc. Crédit : Janee / Wikimedia Commons.
La suite après cette publicité

Pourquoi cette décision pèse sur tout le secteur, au-delà d’Auchan

Cette séquence illustre une tendance de fond : les grands groupes arbitrent désormais leur présence territoire par territoire. Elle montre aussi une redistribution silencieuse des cartes. Les groupements d’indépendants savent souvent mieux rentabiliser le format supermarché. Pour Auchan, s’adosser à cette force peut être un moyen de sauver des sites, mais céder une partie du parc revient à reconnaître que l’enseigne ne peut plus tout porter seule.

Enfin, le signal envoyé au marché est clair : la consolidation en France n’est pas terminée. Quand une enseigne historique met des dizaines de magasins sur la table, cela influence les décisions de tous les concurrents. La vraie question, maintenant, est celle du tempo. Si les discussions s’enlisent, le risque est double : dégradation de l’activité et crispation sociale, alors que même les avantages clients comme la cagnotte fidélité font l’objet d’une attention accrue des consommateurs.

À lire aussi

Ce que la vente change concrètement pour les clients et les salariés

Sur le terrain, une mise en vente ne se résume jamais à un simple changement d’enseigne. Pour les clients, la bascule peut modifier l’assortiment, la politique de prix et les marques propres. Elle peut aussi impacter les cartes de fidélité, les promotions et les habitudes d’achat, surtout si le magasin passe sous un réseau d’indépendants. En coulisses, l’enjeu est encore plus sensible pour les équipes.

La suite après cette publicité

Selon le repreneur, l’organisation, les horaires, les fonctions support et même la stratégie commerciale locale peuvent évoluer. Souvent, la période d’entre-deux est la plus difficile : incertitudes, départs, baisse de fréquentation. Dans ces dossiers, la vitesse d’exécution compte autant que le plan lui-même.

Repreneurs, concurrence : la mécanique qui peut accélérer ou bloquer l’opération

Même si Intermarché est placé en priorité, chaque dossier se joue au cas par cas. Dans certaines zones, un rachat peut être compliqué si l’enseigne est déjà fortement implantée à proximité. C’est là que l’Autorité de la concurrence devient un acteur décisif, car elle examine l’impact local sur le choix des consommateurs. Concrètement, un feu vert peut s’accompagner de conditions, voire pousser à céder certains points de vente à un autre acteur.

Résultat : la “vente” annoncée peut se transformer en puzzle, avec des magasins repris par différents groupes ou des formats ajustés. Et plus la carte est dense, plus les arbitrages sont serrés. Pour Auchan, l’objectif est clair : éviter les actifs “immobiles” qui coûtent cher, et sécuriser des sorties rapides là où la concurrence rend la franchise ou la reprise impossible.

La suite après cette publicité
Blank physical map of France for geo-location purpose

Un ajustement stratégique

En actant la vente d’une partie de ses supermarchés, Auchan ne fait pas qu’ajuster un accord. Il assume un choix de survie : concentrer ses forces là où il croit encore pouvoir tenir, et laisser partir ce qui menace d’entraîner le reste.

Retrouvez plus d’actus dans notre catégorie Société.

La suite après cette publicité

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *