Dès le 1er juillet, cet État fusillera par peloton d’exécution les violeurs d’enfants de moins de 12 ans

Aux États-Unis, un État vient de franchir un cap que personne n’avait osé depuis des décennies. À compter du 1er juillet 2026, l’Idaho fera du peloton d’exécution sa méthode principale pour appliquer la peine de mort. Et les auteurs d’abus sexuels graves sur des enfants de moins de 12 ans figurent désormais parmi les condamnés potentiels.
Idaho : quand un État durcit la loi jusqu’à la peine capitale pour les crimes sexuels sur mineurs
Tout commence en juillet 2025. Une nouvelle infraction pénale entre en vigueur dans l’Idaho sous un intitulé glaçant : « Aggravated lewd conduct with children age 12 and younger ». Comprenez : les abus sexuels les plus graves commis sur des enfants de 12 ans ou moins, selon le média Idaho Capital Sun.
Le gouverneur républicain Brad Little a signé cette loi dans un objectif clair : frapper fort. Les coupables risquent de très longues peines d’emprisonnement. Dans les cas les plus aggravés, c’est la peine de mort qui s’applique.
Des peines minimales obligatoires sont également prévues pour les autres formes d’agressions sexuelles sur mineurs. Le message est sans ambiguïté. L’Idaho veut devenir l’État le plus sévère du pays en matière de crimes sexuels contre les enfants.
Sauf que cette sévérité se heurte à un mur juridique. En 2008, la Cour suprême des États-Unis a interdit l’application de la peine de mort pour viol d’enfant lorsqu’il n’y a pas eu de meurtre. Une décision qui, à l’échelle fédérale, pourrait rendre les débats politiques autour de cette loi encore plus explosifs.
Le peloton d’exécution comme méthode principale : une première depuis des décennies
À partir du 1er juillet 2026, l’Idaho deviendra le premier État américain à faire du peloton d’exécution sa méthode principale d’application de la peine de mort. C’est la loi connue sous le nom de House Bill 37, selon AP News.
Le principe est simple et brutal. Plusieurs tireurs visent simultanément le condamné. Une technique quasi abandonnée aux États-Unis depuis des années, où l’injection létale reste la méthode la plus courante.
Alors pourquoi revenir à cette pratique ? Le sénateur Doug Ricks, auteur du projet de loi, a une réponse concrète. En 2025, l’exécution de Thomas Eugene Creech dans l’Idaho a échoué. Les responsables n’ont pas réussi à trouver une veine adaptée pour poser la perfusion. Un fiasco qui a relancé le débat sur la fiabilité de l’injection létale.
Pour Ricks, le peloton d’exécution est à la fois plus efficace et, selon ses mots, plus humain que les alternatives. Un argument qui fait frémir, mais qui a convaincu suffisamment de législateurs pour faire basculer le vote.

« Barbare » : les opposants dénoncent une régression historique
La loi ne fait pas l’unanimité, loin de là. Les voix critiques se multiplient, y compris au sein même de l’Idaho. Le mot qui revient le plus souvent chez les opposants : « barbare ». Pour eux, remettre le peloton d’exécution au centre du dispositif pénal ternirait durablement l’image de l’État.
Au-delà de la méthode, c’est la constitutionnalité même de la peine de mort pour abus sexuels sans homicide qui pose question. La décision de la Cour suprême de 2008 est claire. Pourtant, l’Idaho choisit délibérément de la défier.
Ce bras de fer entre un État et la justice fédérale n’est pas nouveau. Mais cette fois, l’enjeu touche à deux des sujets les plus inflammables de la vie politique américaine : la protection des enfants et la peine de mort. Le gouverneur Little sait que sa loi sera contestée devant les tribunaux. Il semble même compter dessus pour relancer un débat national.
D’autres États conservateurs observent l’Idaho avec attention. Si la loi survit aux recours, elle pourrait créer un précédent. Et transformer la carte judiciaire américaine de manière durable.
L’Idaho joue donc un double pari : devenir le symbole d’une justice implacable contre les prédateurs d’enfants, tout en ressuscitant une méthode d’exécution que le monde pensait révolue. Reste à savoir si la Cour suprême laissera faire — ou si ce bras de fer entre un État et la Constitution finira, lui aussi, par un tir de barrage.