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« Vous êtes soit corrompue, soit débile » : Trump insulte une journaliste en direct puis quitte le plateau

Publié par Elodie le 08 Juin 2026 à 14:28

Une interview dans une ferme, un orage, des questions qui fâchent. Il n’en fallait pas plus pour que Donald Trump perde son calme face à une journaliste de NBC. Ce qui a suivi restera comme l’un des moments les plus tendus de sa présidence — et la phrase lâchée en sortant fait froid dans le dos.

Donald Trump en costume sombre devant un micro, expression sérieuse, Maison Blanche en arrière-plan

Une ferme du Wisconsin, un orage et une interview qui déraille

Vendredi dernier, le président américain était en déplacement dans le Wisconsin pour s’adresser aux agriculteurs. L’émission Meet the Press avait obtenu une interview d’environ une heure, tournée en extérieur. Le décor : un tracteur, des meules de foin, et une structure métallique pour seul abri.

Sauf que la météo en a décidé autrement. Des trombes d’eau se sont abattues sur le plateau improvisé, rendant l’échange quasi inaudible. « C’est du vent, ou quoi ? », lance Trump tandis que la pluie martèle la tôle au-dessus de sa tête. Un peu plus tard, le tonnerre s’invite. La journaliste Kristen Welker propose de suspendre l’entretien.

Réponse du président : « Les gars, non. Les gens comprendront, on est dans une ferme. » L’interview continue, malgré les interruptions répétées. Mais les conditions météo ne sont rien comparées à ce qui va suivre sur le plan politique. Car c’est au moment où les questions deviennent plus pointues que la température monte vraiment.

Welker aborde alors le sujet de l’Iran et des tentatives d’accord. Trump répond, mais l’échange se tend. La journaliste enchaîne, insiste. Le président commence à montrer des signes d’agacement. Il accuse NBC d’être une « chaîne biaisée et malhonnête ». Ce n’est encore que le début de l’escalade.

« Corrompue ou débile » : l’insulte qui a fait basculer l’entretien

La discussion bifurque vers le fonds « anti-instrumentalisation de la justice », un dispositif financé par le contribuable américain. L’administration Trump le présente comme un moyen de dédommager ceux qui auraient été victimes d’une justice partisane sous Joe Biden. Un sujet explosif.

Trump s’enflamme : « J’adore cette idée, parce que des gens comme vous, cette presse mensongère et corrompue, ces journalistes crapuleux qui soutiennent un idiot comme Biden… Ils ont détruit des vies. Ils ont envoyé en prison des gens qui n’avaient rien fait. » Le ton est posé, mais les mots sont violents. Welker tente de recadrer : « Il n’y a aucune preuve de ce que vous dites. »

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C’est là que tout bascule. « Vous êtes soit corrompue, soit débile », lâche le président. Puis il se lève et sort du champ de la caméra. La journaliste essaie de le retenir. En vain. L’interview est terminée. Quelques instants plus tôt, il avait déjà qualifié Welker de journaliste « de gauche, progressiste » et reproché à la chaîne ses « faux sondages ».

La séquence, filmée vendredi mais diffusée dimanche, a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux. Une scène brute, sans filtre, qui illustre la tension croissante entre le pouvoir et la presse aux États-Unis. Mais le plus surprenant, c’est ce qui s’est passé après.

Journaliste tenant un micro avec une expression de détermination

Lendemain d’orage : Welker décroche une nouvelle interview

Contre toute attente, le président a rappelé. Dimanche, Kristen Welker a annoncé aux téléspectateurs qu’elle avait « discuté samedi avec le président Trump des difficultés que la pluie avait causées ». Résultat : il a accepté de lui accorder un nouvel entretien. Un retournement aussi soudain que l’insulte de la veille.

Ce yo-yo émotionnel n’étonne plus personne à Washington. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a déclaré une guerre ouverte aux médias traditionnels. Il les accuse de diffuser des « fake news » et d’être corrompus. Les poursuites judiciaires contre plusieurs journaux se multiplient.

Plus inquiétant encore : son administration, du Pentagone au FBI, multiplie les restrictions et les tentatives d’intimidation à l’égard des journalistes. Refus d’accréditations, pressions sur les rédactions, surveillance accrue — le climat s’est durci de manière spectaculaire. L’épisode de vendredi n’est pas un dérapage isolé. C’est un symptôme.

Insulter une journaliste en direct, se lever, partir, puis rappeler le lendemain pour proposer un nouveau rendez-vous : voilà la méthode Trump, version 2026. La question est simple — jusqu’où les médias américains accepteront-ils de jouer ce jeu ?

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