Cette carte officielle révèle les plages du monde où les requins attaquent le plus… et la France n’est pas épargnée

Chaque été, des millions de baigneurs plongent dans l’océan sans jamais se poser la question. Pourtant, certaines plages concentrent un nombre d’attaques de requins bien supérieur à la moyenne mondiale. Des scientifiques compilent ces données depuis plus de quatre siècles, et leur carte met en lumière des zones que tout voyageur devrait connaître avant de boucler sa valise.
Une base de données unique, alimentée depuis 1580

Depuis la fin du XVIe siècle, l’International Shark Attack File (ISAF), hébergé par le Florida Museum of Natural History, recense méthodiquement chaque rencontre entre l’homme et le requin. La carte qu’ils publient chaque année n’a rien d’un gadget touristique : elle s’appuie sur des centaines d’années d’observations, de rapports médicaux et de témoignages recoupés. Le dernier bilan annuel fait état de 54 attaques non provoquées dans le monde, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne historique de 72 morsures par an.
Mais un détail glaçant ressort : 9 de ces morsures ont été mortelles, contre une moyenne de 6 décès sur les dix dernières années. Ce constat montre que si les rencontres sont moins fréquentes, elles deviennent plus graves. Les scientifiques pointent du doigt la présence accrue de prédateurs comme le requin bouledogue dans des eaux côtières très fréquentées. Les zones colorées sur la carte ne laissent aucune place au doute : le risque est tout sauf uniforme sur la planète.
Floride, Australie : le podium mondial des morsures
Sans surprise, les États-Unis trustent la première place avec 25 cas, soit 38 % du total mondial. À l’intérieur du pays, l’écart est saisissant : la Floride concentre à elle seule 44 % des attaques américaines. Le comté de Volusia conserve son titre peu enviable de « capitale mondiale des morsures de requins », avec 54 % des incidents de l’État. La Californie suit à 20 %, Hawaï à 16 %.
L’Australie se hisse en deuxième position avec 21 attaques, mais c’est le pays qui paie le tribut le plus lourd : 5 décès sur les 9 recensés dans le monde. Les responsables sont formellement identifiés par les chercheurs — le fameux « Big Three » : requin blanc, requin tigre et requin bouledogue. Les surfeurs d’Australie-Occidentale et d’Australie-Méridionale sont les plus exposés, là où les grands requins blancs rôdent près de spots très populaires. Ces chiffres dessinent une géographie du risque que les voyageurs sous-estiment souvent.
À lire aussi
La France métropolitaine épargnée, l’outre-mer beaucoup moins
Les alertes à La Réunion ne relèvent pas du folklore local. Avec 46 attaques historiques, l’île se classe au 6e rang mondial, juste derrière la Papouasie-Nouvelle-Guinée. La Nouvelle-Calédonie cumule 15 incidents depuis le début du recensement. En métropole, le compteur affiche seulement 5 cas depuis 1580 — un chiffre presque anecdotique.
L’Europe continentale reste globalement préservée, même si la Grèce totalise 15 attaques historiques, l’Italie 13, l’Espagne 6 et la Croatie 5. Pour autant, l’ISAF rappelle une statistique qui remet tout en perspective : rien qu’aux États-Unis, 4 000 noyades sont recensées chaque année, soit un danger incomparablement plus élevé que les requins. Leurs conseils restent simples : ne jamais nager seul, éviter l’aube et le crépuscule, retirer les bijoux brillants dont les reflets imitent les écailles de poissons, et limiter les battements de pieds excessifs.
La carte de l’ISAF ne doit pas nourrir la peur, mais aiguiser la vigilance. Un baigneur informé vaut dix barrières de filets. Et si, avant votre prochaine destination balnéaire, vous preniez trente secondes pour vérifier où se situent les points chauds les plus proches ?