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Ce cousin des requins vieux de 400 millions d’années vient d’être découvert au Costa Rica

Publié par Elsa Fanjul le 06 Juil 2026 à 9:03
Ce cousin des requins vieux de 400 millions d'années vient d'être découvert au Costa Rica

Au large du Costa Rica, dans les profondeurs sombres de l’océan Pacifique, une créature aux grands yeux réfléchissants vient de bouleverser les certitudes des scientifiques. Ni tout à fait un requin, ni un poisson ordinaire, cet animal cartilagineux traînait dans l’ombre depuis des millions d’années sans être identifié. Les chercheurs pensent aujourd’hui tenir une espèce totalement inconnue de la science.

Un mystère repéré près du cap Blanco

C’est près du cap Blanco et de l’île del Caño, sur la côte pacifique costaricienne, que l’animal a été observé pour la première fois. Les chercheurs de l’université du Costa Rica ont rapidement remarqué que ce spécimen ne collait à aucune des trois espèces déjà répertoriées ailleurs dans le monde, que ce soit en Afrique du Sud, à Taïwan, au Japon, en Australie ou dans l’océan Atlantique.

Son nez est plus court, son motif de coloration nettement plus sombre, et surtout, l’épine de sa nageoire dorsale est bien plus longue que celle de ses cousins connus. Ce genre de découverte n’est pas isolé dans les eaux profondes : d’autres créatures des abysses continuent de surgir régulièrement, rappelant à quel point les fonds marins restent largement inexplorés. On estime d’ailleurs que 91 % des espèces marines nous échappent encore totalement.

Le verdict de l’ADN tombe : une espèce à part

Baptisé provisoirement rhinochimaera costaricana, l’animal a d’abord été soumis à des analyses génétiques poussées. Le résultat est sans appel : les organismes trouvés au Costa Rica n’ont, selon le chercheur Arturo Angulo Sibaja, aucun contact reproductif possible avec les espèces déjà connues.

Autrement dit, il ne s’agit pas d’une simple variante locale mais bien d’une lignée génétiquement isolée. Fait intéressant, ces spécimens présentent des ressemblances troublantes avec des individus déjà aperçus au large du Pérou et du Chili. Des analyses comparatives supplémentaires seront nécessaires pour trancher : même espèce répartie sur toute la côte, ou cousine distincte ? Le chercheur penche pour la première hypothèse, estimant que cette quatrième espèce pourrait bien s’étendre sur toute la façade pacifique d’Amérique centrale et du Sud. Une hypothèse qui, si elle se confirme, redessinerait la carte de distribution de ces animaux méconnus, un peu comme la découverte récente de nouvelles populations animales a pu le faire ailleurs dans le monde.

Pourquoi on les surnomme les « requins fantômes »

Chercheur examinant un spécimen de requin fantôme

Le terme peut prêter à confusion : ces animaux, aussi appelés chimères, ne sont pas des requins au sens strict. Ils appartiennent à la sous-classe des holocéphales, tandis que les requins et les raies relèvent, eux, des élasmobranches. Leur séparation génétique remonte à près de 400 millions d’années, une échelle de temps qui donne le vertige et qui rappelle que ces animaux existaient déjà avant les arbres sur Terre.

Leur surnom de « fantômes » vient précisément de ces immenses yeux réfléchissants qui leur permettent de voir dans l’obscurité totale des grands fonds, où ils chassent des crustacés à des profondeurs pouvant atteindre 2 600 mètres, selon les informations relayées par la Cité de la mer de Cherbourg. Un squelette entièrement cartilagineux, comme celui des requins fossiles vivants récemment filmés ailleurs dans le monde, complète le portrait de cet animal aussi discret que fascinant. Reste à savoir combien d’autres « fantômes » de ce genre nagent encore, inconnus, dans les profondeurs du Pacifique.

Cette découverte rappelle une évidence trop souvent oubliée : l’océan garde encore ses secrets bien à l’abri, même au XXIe siècle. Combien d’autres lignées vieilles de plusieurs centaines de millions d’années attendent encore, tapies dans l’obscurité, d’être enfin repérées par des chercheurs curieux ?

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