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Requins en Méditerranée : ces zones françaises où on les croise vraiment, et à quelle saison

Publié par Elsa Fanjul le 19 Oct 2026 à 13:41

Oui, il y a des requins en Méditerranée. Et pas seulement dans les films. Une vingtaine d’espèces fréquentent nos eaux, de la roussette qui dort dans les herbiers au géant planctonophage qui passe l’été au large.

Bonne nouvelle : la quasi-totalité est inoffensive pour l’humain. Mieux, croiser l’un d’eux est devenu un petit privilège pour les plongeurs, les marins et les curieux.

Alors où regarder, à quelle période, et comment réagir si le grand jour arrive ? Suis le guide.

Qui nage vraiment près de nos côtes ?

Oublie l’image du monstre aux dents de rasoir. Les requins les plus fréquents chez nous sont discrets, petits et plutôt timides. La petite roussette, longue d’un mètre environ, se cache le jour sur les fonds sableux et chasse la nuit.

Sa cousine, la grande roussette, est un peu plus costaude mais tout aussi pacifique. Les plongeurs la croisent régulièrement, parfois en train de pondre ses fameux œufs en forme de petite bourse, que les pêcheurs appellent « bourses de sirène ».

Plus au large, c’est une autre ambiance. Le requin peau bleue, élégant et fin, passe par la Méditerranée, tout comme le requin-renard à la queue démesurée. Ce dernier se sert de sa longue caudale comme d’un fouet pour assommer les petits poissons.

Et ce n’est que le début de la liste, car certaines rencontres sont bien plus impressionnantes.

Le géant de l’été que personne ne craint

Parmi les habitués saisonniers, il y a un champion toutes catégories : le requin pèlerin. Il peut dépasser dix mètres, ce qui en fait le deuxième plus grand poisson du monde.

Et pourtant, il ne mange que du plancton. Il nage la gueule grande ouverte pour filtrer l’eau, sans jamais s’intéresser aux baigneurs. Les observations se font surtout au printemps et au début de l’été, quand le plancton prolifère.

On le repère parfois près de la surface, aileron dorsal bien visible, qui avance lentement. Le spectacle est impressionnant, mais zéro danger.

Reste une question que tout le monde se pose : et le fameux requin blanc, dans tout ça ?

Plongeur observant une roussette en Méditerranée

Le requin blanc : mythe ou réalité chez nous ?

Il existe bel et bien en Méditerranée. Mais il y est devenu rare, très rare. Les scientifiques parlent d’une population fragile, en net déclin à cause de la surpêche et de la raréfaction de ses proies. Si le sujet t’intéresse, on a raconté sa disparition qui semble se rapprocher.

Les observations en France sont exceptionnelles. Chaque signalement est analysé par des spécialistes, car il ne suffit pas d’un aileron entrevu pour conclure. Dauphin, poisson-lune ou thon peuvent facilement tromper l’œil depuis un bateau.

Les chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et des associations comme l’APECS, qui collectent les témoignages de pêcheurs et de plaisanciers, rappellent ainsi un point essentiel : mieux connaître ces animaux, c’est aussi mieux les protéger.

Voilà pour les espèces. Mais où se placer pour avoir une chance d’en voir ?

Les zones où ouvrir l’œil

Les requins n’aiment pas les plages bondées. Ils préfèrent les fonds rocheux, les tombants et les zones riches en poissons. Autrement dit, c’est du côté de la plongée et de la navigation que les chances grimpent.

Les secteurs de la Côte Bleue, de la rade de Marseille et des calanques sont réputés pour les roussettes. Plus à l’est, le Var et les eaux autour de Porquerolles et du Levant offrent de beaux spots de plongée où elles se laissent observer.

La Corse mérite une mention spéciale : ses eaux claires et ses grandes profondeurs attirent des espèces pélagiques. Quant aux pêcheurs du Golfe du Lion, ils connaissent bien certains requins pris par accident dans leurs filets, vite relâchés.

Côté Atlantique, la tendance se confirme aussi. Des centaines de requins pèlerins ou de renards ont été photographiés, comme ces 500 requins repérés au large de l’île de Ré.

La bonne saison, c’est maintenant (ou presque)

Apnéiste face à un requin pèlerin près de la surface

Bon, on est le 18 octobre. Faut-il ranger palmes et masque ? Pas forcément. Les eaux restent encore agréables en début d’automne, et c’est une période où certains requins se rapprochent des côtes à la recherche de proies.

En règle générale, la fenêtre idéale va de mai à octobre. Le printemps est parfait pour le requin pèlerin, l’été pour les espèces de large qui profitent d’une mer plus chaude, et l’automne reste correct pour les plongeurs patients.

L’hiver, les animaux descendent plus profond ou s’éloignent. Les roussettes, elles, restent là toute l’année, pour qui sait chercher dans les herbiers et sur les fonds sableux.

Maintenant, imagine que tu en croises un. Que faire ?

Femme sur un voilier repérant un aileron au large

Les bons réflexes si l’un d’eux croise ta route

Premier réflexe : ne panique pas. La grande majorité de ces requins fuit l’humain. Reste calme, évite les gestes brusques et garde l’animal dans ton champ de vision.

Deuxième réflexe : ne cherche jamais à le toucher, à le nourrir ou à le poursuivre. Un animal sauvage dérangé peut réagir, et c’est aussi une question de respect pour sa tranquillité.

Troisième réflexe : si tu es en bateau, ralentis et garde tes distances. Tu pourras alors observer le comportement tranquillement, sans stresser l’animal.

Enfin, prends une photo ou une vidéo si possible, avec la date et le lieu. Ces données intéressent vraiment les associations qui suivent les populations. Elles peuvent même aider à identifier l’espèce.

Ce que ces rencontres disent de notre mer

Voir un requin, c’est le signe d’un écosystème qui fonctionne. Ces prédateurs régulent les populations de poissons et gardent l’équilibre de la chaîne alimentaire. Quand ils disparaissent, tout le reste en pâtit.

Or la Méditerranée est l’une des mers les plus menacées du globe, entre pêche intensive, pollution et réchauffement. Les scientifiques rappellent que beaucoup d’espèces de requins y sont classées en danger.

Alors la prochaine fois que tu mets la tête sous l’eau, garde l’œil ouvert. Un petit éclair gris dans les herbiers, une silhouette fuselée au loin : tu as peut-être de la chance.

Et si cette mer te fascine, plonge dans l’histoire de ce cachalot dévoré par des requins au large du Var, une scène qui montre à quel point la vie sous-marine reste pleine de surprises.

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