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« Trois fois moins cher » : cet agent immobilier ne fait plus les visites, et demande aux vendeurs de s’en charger

Publié par Mathieu le 17 Oct 2026 à 0:30
Clés de maison tendues dans un salon lumineux

Vendre sa maison coûte cher, et chacun le sait. Mais à Marseille, un ancien agent immobilier a décidé de retirer de son métier la partie la plus visible : faire visiter les biens. Ce sont les vendeurs eux-mêmes qui gardent les clés. Le but affiché : une commission jusqu’à trois fois plus basse que dans une agence classique. Reste à savoir comment le calcul tient.

Un Marseillais, 45 ans, et une idée qui va à rebours du métier

Jocelyn Tuccio, 45 ans, a grandi dans une famille de commerçants. Ancien employé de banque puis agent immobilier, il se dit depuis toujours « dans la relation clientèle ». La vraie, celle « en chair et en os », précise-t-il.

Comme beaucoup de ses confrères, il a pris de plein fouet la vague Covid. « Tout s’est arrêté », raconte-t-il. Puis, à la sortie de la crise, le marché s’est emballé et lui a donné l’envie de monter son propre projet, centré sur le service client.

Le résultat s’appelle J’ose l’immo, une agence en ligne basée à Marseille. Son pari : les mieux placés pour présenter un bien sont encore ceux qui y habitent. Un constat qui ressemble à du bon sens, mais qui bouscule les habitudes d’une profession. D’ailleurs, le secteur est loin d’être épargné par les tensions, comme le montre ce que des salariés osent dire des agences Stéphane Plaza.

Alors, que fait concrètement cet agent s’il ne fait plus visiter ? La réponse tient en une longue liste de tâches, et elle explique pourquoi il peut travailler de n’importe où.

Tout est géré à distance, sauf une chose

Selon Jocelyn Tuccio, ses agents prennent en charge la stratégie de commercialisation, rédigent et diffusent l’annonce, traitent les demandes et qualifient les acquéreurs. Ils organisent aussi les rendez-vous, analysent les retours des visites, accompagnent les décisions et négocient.

Ils vérifient en outre le financement des acheteurs et sécurisent la transaction jusqu’au notaire. Des photographes professionnels sont envoyés sur place, et leur passage est compris dans le forfait, assure le fondateur.

Tout se passe par téléphone ou en visio. Résultat : l’équipe peut œuvrer « de partout en France », en télétravail. Trois indépendants l’ont rejoint en juin, dont l’un travaille depuis la Belgique.

Autre effet annoncé : sans déplacements, chaque agent se libérerait énormément de temps. Il pourrait suivre une trentaine de biens en simultané, « efficacement », affirme Jocelyn Tuccio. Une promesse à prendre avec prudence, puisqu’elle vient de lui.

Côté clientèle, la formule séduit surtout des propriétaires occupants, ceux qui ont « un attachement plus particulier avec leur bien ». Il cite des retraités très attachés à leur maison, qui ont le temps, ainsi que des primo-vendeurs. Le public rappelle d’ailleurs celui de ces particuliers qui tentent de vendre sans passer par un pro, avec parfois de lourdes déconvenues, comme ce couple condamné à verser 150 000 euros après avoir contourné l’agent.

Mais tout cela ne vaut que si le prix suit. Et c’est là que le chiffre tombe, vraiment à contre-courant de ce que l’on connaît.

Moins de 2 % : le chiffre qui change la facture

Propriétaire accueillant un couple pour une visite

Les démarches immobilières coûtent déjà assez cher sans y ajouter des frais d’agence démesurés. Or, en 2023, l’Autorité de la concurrence révélait que les commissions des agences françaises atteignaient en moyenne 5,78 % du prix de vente.

C’est « bien au-dessus de la moyenne de l’Union européenne », qui flirtait alors avec les 4 % TTC. Face à cela, Jocelyn Tuccio promet une prestation « 2 à 3 fois moins chère que dans le circuit classique ».

Son chiffre exact : « On est à moins de 2 % », assure-t-il. Sur un bien vendu 300 000 euros, l’écart entre 5,78 % et 2 % représenterait plus de 11 000 euros d’économie, un simple calcul à partir de ces taux, et non un chiffre fourni par la source.

L’offre fonctionne par paliers, selon la source, sans que les détails soient précisés ici. Le fondateur ne cache pas les limites de son modèle : il ne veut pas remplacer les agences traditionnelles. Il propose « juste une option différente », pour ceux qui n’osent pas vendre de particulier à particulier et pour ceux qui veulent des frais réduits.

Reste la question qui fâche : que devient la sécurité d’une vente quand le vendeur ouvre lui-même sa porte ? Et la suite du projet, elle, ne manque pas d’ambition.

Levée de fonds, équipe salariée et coup de pouce télé

Jocelyn Tuccio a commencé seul. Son objectif : constituer progressivement, courant 2027, une équipe de 5 à 10 conseillers immobiliers salariés. Pour y parvenir, il prépare une levée de fonds.

Il s’est aussi entouré d’entrepreneurs aguerris. Il a suivi une formation dispensée par l’équipe de l’émission Qui veut être mon associé ?, dont certains membres pourraient, qui sait, lui acheter un jour une part de son entreprise.

Le contexte, lui, joue en sa faveur : les prix de l’immobilier rognent le pouvoir d’achat des acheteurs, et toute économie est bonne à prendre. Dans le secteur, les modèles traditionnels vacillent d’ailleurs, comme l’illustre l’affaire du appel désespéré de Stéphane Plaza pour sauver ses agences.

Même les banques réduisent leur présence physique : la Société Générale prévoit des fermetures d’agences. Le conseil à distance gagne du terrain partout.

Le pari de Marseille est-il reproductible ? Les prochains mois le diront, notamment si la levée de fonds aboutit. En attendant, les vendeurs auront à choisir entre le confort d’une agence classique et le gain d’une formule où ils font eux-mêmes les honneurs de leur salon.

Moins cher, mais pas sans effort : voilà le vrai contrat. Si vous cherchez à savoir ce qu’on peut acheter pour 159 000 euros dans l’Eure, la surprise est de taille, et si vous vous demandez comment un couple de petits salaires touche 2 300 euros de retraite, la réponse se cache dans des dispositifs peu connus.

Au fond, l’idée tient en une phrase : celui qui connaît la maison la fait visiter, celui qui connaît le marché fait le reste. Et si l’on pensait que les frais d’agence étaient une fatalité, la règle d’argent que Karine Le Marchand applique depuis 17 ans pourrait vous faire changer d’avis sur beaucoup de choses. Et ce que cache ce canapé oublié depuis les années 1950 pourrait bien aider à mieux vendre son salon.

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