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Il croyait ses 61 bitcoins perdus à jamais : 12 ans plus tard, il récupère 3,3 millions de livres

Publié par Mathieu le 02 Sep 2026 à 21:17
Homme regardant son téléphone avec stupeur et soulagement

Un exchange qui disparaît du jour au lendemain, un compte gelé, et douze ans de deuil silencieux. C’est l’histoire de Chris, un Britannique qui avait fait une croix sur ses économies placées en bitcoin dès 2011. Sauf qu’un cabinet d’avocats a rouvert un dossier que tout le monde croyait clos, avec une conclusion que personne n’attendait.

Un compte gelé depuis 2014, et un exchange qui s’évapore

Tout commence fin 2011. Un ami convainc Chris que le bitcoin va devenir énorme. Il place alors 1 500 livres sur Intersango, une plateforme lancée sous le nom de Britcoin qui se serait brièvement hissée au rang de deuxième exchange mondial.

Le bitcoin valait à peine 3 livres à l’époque. Mais l’histoire tourne court : les échanges en livres et en dollars s’arrêtent fin 2012, le site ferme début 2014, et la société est radiée du registre des entreprises en 2016.

Aucun remboursement n’a jamais eu lieu. Chris tourne la page, ou tente de le faire, pendant que le cours de sa crypto s’envole sans lui. Ce genre de disque dur contenant des bitcoins égarés fait souvent figure de perte définitive, tout comme cet objet jeté à la poubelle qui valait une fortune en bitcoin.

Comment un cabinet d’avocats a débloqué 3,3 millions de livres

En 2018, des e-mails signés des cofondateurs d’Intersango invitent les anciens clients à se manifester. Chris les supprime, persuadé d’avoir affaire à des escrocs. Il faudra l’insistance de sa femme et huit années supplémentaires pour qu’il pousse la porte du cabinet CEL Solicitors en janvier 2026.

Le nœud du dossier se trouve en Californie, où une bataille judiciaire de dix ans oppose les cofondateurs d’Intersango entre eux. L’un d’eux a reconnu devant le tribunal détenir toujours des fonds appartenant aux anciens utilisateurs, selon le compte rendu du dossier publié par le cabinet.

Aucune audience n’a été nécessaire. L’accord a été signé le 28 mai, après seulement quatre mois de procédure. Résultat : 3 331 618 livres restituées à Chris, désormais déposées sur une plateforme régulée par la FCA. De quoi rappeler que certaines histoires de bitcoins perdus depuis plus de dix ans finissent par se dénouer, contrairement à ce qu’on pourrait croire.

Bureaux abandonnés d'une ancienne plateforme d'échange

Le détail qui change tout : 5 500 bitcoins toujours en jeu

Via sa filiale spécialisée dans le traçage on-chain, une technique qui permet de suivre les fonds sur la blockchain, CEL affirme avoir identifié un portefeuille de plus de 5 500 bitcoins attribué aux anciens clients d’Intersango. Le chiffre n’a validé par aucun tribunal, mais si le cabinet dit vrai, cela pèse plus de 300 millions de livres aux cours actuels.

Un mot sur les chiffres qui circulent : une valorisation à 585 millions d’euros a été évoquée dans la presse. Or au prix du jour, le même stock pèserait plutôt 430 millions de dollars, le bitcoin cotant environ 40% sous son record d’octobre 2025. Sur une histoire de patience, mieux vaut ne pas confondre le prix d’hier et celui d’aujourd’hui.

Ce qui distingue Chris des victimes classiques, c’est que ses bitcoins n’ont jamais quitté la blockchain : ils ont changé de gardien, pas de propriétaire. Une nuance juridique cruciale, très différente du sort de celui qui cherche ses millions dans une décharge depuis douze ans sans espoir de récupération. Chris, lui, n’a pas prévu de tout vendre : une maison plus grande, des vacances en famille, et une nouvelle inquiétude, celle des hackers, qui le pousse à vérifier son solde vingt fois par jour.

Douze ans à ne rien posséder, et voilà qu’il faut réapprendre à garder. Reste une question qui plane sur tout le secteur : combien d’autres comptes dorment encore dans les limbes d’exchanges disparus, attendant qu’un cabinet d’avocats ait l’idée de rouvrir le dossier ?

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