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Dans les comptes de Théo, agent immobilier à Reims à 2 750 € nets par mois

Publié par Mathieu le 05 Juin 2026 à 19:01

Théo a 31 ans, il est agent immobilier dans une agence indépendante à Reims. Son salaire varie d’un mois à l’autre, mais en lissant sur l’année, il touche environ 2 750 € nets par mois. Voici comment il répartit chaque euro.

Dans l’immobilier, les revenus dépendent directement du nombre de ventes signées chez le notaire. Théo le sait mieux que personne : certains mois, il dépasse les 4 000 €, d’autres il tombe sous les 1 800 €. Son budget est donc construit sur une moyenne annuelle, avec une discipline stricte pour absorber les creux.

Théo agent immobilier devant une vitrine d'agence à Reims

Un salaire en dents de scie et quelques filets de sécurité

Théo est salarié, pas auto-entrepreneur. Son contrat prévoit un fixe de 1 200 € nets, auquel s’ajoutent des commissions sur chaque vente conclue. En 2024, il a réalisé 18 transactions, pour un total net annuel d’environ 33 000 €.

Ramené au mois, ça donne 2 750 € nets en moyenne. « En janvier et février, c’est souvent la traversée du désert. Je vis sur mon fixe et ce que j’ai mis de côté en automne », explique-t-il. Les mois fastes compensent largement, mais la gestion de trésorerie reste son principal casse-tête.

Aucune prime de 13e mois, aucun intéressement. En revanche, son agence prend en charge 50 % de son abonnement de transport et la moitié de sa mutuelle. Côté aides, Théo ne perçoit ni APL ni allocation : célibataire sans enfant, ses revenus le placent au-dessus des seuils.

Son taux d’imposition à la source est de 7,5 %, déjà prélevé sur les montants qu’il annonce. Avec un revenu fiscal de référence autour de 30 000 €, il paie environ 2 250 € d’impôt sur le revenu par an. Ce qui l’attend ensuite, ce sont les charges fixes — et elles ne bougent pas, elles, d’un mois à l’autre.

Les postes qui tombent quoi qu’il arrive

Appartement de Théo avec son tableau de budget sur ordinateur

Théo loue un T2 de 48 m² dans le centre de Reims pour 590 € charges comprises. Un loyer raisonnable comparé à d’autres villes : à Reims, le prix moyen au mètre carré tourne autour de 12 €. Il a trouvé son appartement via un collègue de l’agence, ce qui lui a évité les frais de dossier.

Son assurance habitation lui coûte 18 € par mois. La mutuelle complémentaire, après prise en charge de l’employeur, revient à 32 €. Il ajoute 45 € d’électricité — son chauffage est électrique, un poste qu’il surveille de près en hiver.

Côté transport, Théo utilise sa voiture personnelle pour les visites. Son agence lui verse une indemnité kilométrique de 250 € par mois, mais elle ne couvre pas tout. Assurance auto : 68 €. Crédit auto pour sa Peugeot 308 d’occasion : 185 € sur 48 mois. Il lui reste 14 mensualités.

Pour les abonnements numériques, le total grimpe vite. Forfait mobile 5G : 20 €. Box internet : 30 €. Netflix : 13,49 €. Spotify : 10,99 €. Salle de sport : 35 €. Total abonnements : 109,48 €, arrondis à 110 € dans son tableau Excel. Comme pour Damien, gardien de la paix à Rennes, les petits prélèvements s’accumulent sans qu’on s’en rende compte.

Au total, ses dépenses fixes mensuelles atteignent 1 048 €. C’est 38 % de son revenu moyen — un ratio que beaucoup de Français dépassent largement, surtout dans les villes où les loyers sont plus élevés. Reste à voir ce qu’il fait des 1 702 € restants.

Le quotidien : courses, resto et essence

Théo cuisine régulièrement, mais il mange souvent à l’extérieur entre deux visites. Ses courses alimentaires s’élèvent à 280 € par mois, essentiellement chez Lidl et au marché couvert de Reims le samedi matin. « Je fais mes courses pour la semaine le dimanche soir, sinon je craque sur les sandwichs à midi. »

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Les déjeuners sur le pouce lui coûtent quand même 90 € par mois. Il compte aussi 80 € de restaurants le soir, entre sorties entre amis et rendez-vous. Ce budget food totalise 450 € — un poste qu’il juge élevé mais incompressible vu son rythme de travail.

L’essence représente 160 € mensuels. Théo parcourt entre 1 200 et 1 500 km par mois pour les visites et estimations. Même avec la prime carburant et l’indemnité kilométrique, il absorbe une partie du coût. L’entretien auto (vidange, pneus, contrôle technique) lissé sur l’année ajoute 60 € par mois.

Côté loisirs, Théo dépense environ 80 € par mois : sorties ciné, quelques verres en ville, un match de foot entre copains. Shopping vestimentaire : 70 €, principalement des chemises et pantalons pour le travail. « Dans l’immobilier, tu ne peux pas te pointer en jean troué chez un vendeur à 500 000 €. »

Son budget vacances lissé atteint 100 € par mois. Il part généralement deux fois par an : une semaine de ski en janvier et dix jours en Grèce ou en Croatie l’été. Total dépenses variables : 920 €. Avec les charges fixes, on arrive à 1 968 €. Il manque un poste crucial — celui que beaucoup négligent.

Ce qui reste en fin de mois (et ce qu’il en fait)

Sur ses 2 750 € nets mensuels moyens, Théo dépense donc 1 968 €. Reste 782 € théoriques. En pratique, il met de côté entre 500 et 600 € les bons mois, et rien du tout les mois creux. Sa moyenne réelle d’épargne tourne autour de 400 € par mois.

Sa stratégie est simple : 250 € filent sur son Livret A en début de mois, par virement automatique. Le reste alimente un compte-titres où il investit dans des ETF depuis deux ans. Son Livret A affiche 9 800 €, son compte-titres environ 6 500 €.

Théo n’a pas de crédit immobilier — et c’est le paradoxe de sa situation. « Je vends des appartements toute la journée, mais je suis locataire. Avec des revenus variables, les banques te regardent de travers. » Son projet : attendre la fin du crédit auto pour présenter un dossier plus solide avec deux ans de bilans stables.

Son crédit auto de 185 € représente sa seule dette. Avec 14 mensualités restantes, il sera libéré d’ici début 2027. Ce jour-là, il prévoit de basculer ces 185 € directement en épargne pour constituer son apport immobilier. Objectif : 20 000 € d’ici fin 2027.

Le tableau récapitulatif de Théo ressemble à celui de beaucoup de commerciaux : des revenus corrects en moyenne, mais une instabilité qui complique chaque projection. Comparé à Mounir, chauffeur de taxi à Marseille, il gagne davantage mais partage la même angoisse des mois sans chiffre d’affaires.

« Mes potes en CDI à 2 200 € vivent plus sereinement que moi à 2 750 €. L’argent rentre, mais jamais au même rythme. Tu apprends à vivre avec un matelas de sécurité, sinon tu ne dors pas. » Pour rappel, le salaire médian en France se situe autour de 2 100 € nets par mois. Théo se situe 30 % au-dessus — mais il paie cette différence en incertitude.

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