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Dans les comptes de Théophile, guide-conférencier à Carcassonne à 1 870 € nets par mois

Publié par Mathieu le 28 Oct 2026 à 19:01

Théophile, 34 ans, est guide-conférencier à Carcassonne. Il raconte les remparts, les cathares et les légendes à des milliers de visiteurs chaque année, pour 1 870 € nets par mois en moyenne. Un salaire qui masque pourtant une réalité bien moins stable qu’il n’y paraît. Voici comment il répartit chaque euro.

Un salaire lissé sur une année en dents de scie

Théophile est salarié d’une structure culturelle locale, avec un contrat annualisé. Son salaire de base tourne autour de 1 650 € nets, auquel s’ajoutent des vacations pour les visites privées et les groupes scolaires.

« L’été, je peux enchaîner six visites par jour. En janvier, c’est parfois zéro », confie-t-il. Heureusement, le lissage évite les creux, mais pas le rythme éreintant de juillet.

Il touche en moyenne 220 € nets de vacations mensuelles, soit 2 640 € sur l’année, dont une bonne moitié concentrée entre juin et septembre. Soit un total de 1 870 € nets par mois en moyenne.

Aucune prime de fin d’année, aucun treizième mois. Mais un petit bonus que peu de gens connaissent : la carte de guide lui ouvre gratuitement l’entrée de nombreux monuments. Un avantage qui pèse davantage sur son budget loisirs qu’on ne le croirait.

Guide-conférencier souriant devant les remparts de Carcassonne

Le loyer, et ce poste qui prend tout le monde de court

Théophile vit dans un deux-pièces de 48 m² dans la Bastide Saint-Louis, la ville basse de Carcassonne. Loyer : 560 € charges comprises. Un tarif correct pour la ville, bien loin des prix de la Cité médiévale, où il rêverait pourtant de vivre.

« Tout le monde pense que je loge dans les remparts. En réalité, les loyers y sont réservés aux touristes ou aux très rares chanceux. » Son appartement lui suffit largement, avec un balcon et une vue sur les toits.

Viennent ensuite les charges fixes, et là, une surprise l’attendait. L’électricité lui coûte 62 € par mois, l’internet fibre 27 €, et l’assurance habitation 14 €. Soit 103 € de plus, qui font grimper le total « logement » à 663 €.

Mais le poste le plus inattendu de son budget fixe n’est pas celui qu’on croit. C’est la voiture, indispensable pour rejoindre les sites éloignés où il guide parfois.

La voiture, ce gouffre discret qu’il ne peut pas éviter

Une vieille Clio de 2014, payée comptant il y a quatre ans. Pas de crédit, donc, mais l’assurance coûte 58 € par mois et l’essence 95 € en moyenne, avec des pointes à 130 € en été quand il enchaîne les déplacements.

S’y ajoute un budget entretien lissé de 40 € mensuels, pour les pneus, la vidange et le contrôle technique. Au total, la voiture avale 193 € chaque mois, soit plus de 10 % de son salaire.

« Sans elle, je perdrais la moitié de mes vacations. C’est un mal nécessaire. » Il envisage un abonnement de transport pour les jours de visite en ville, mais les horaires de bus rendent l’exercice quasi impossible.

Ajoutez la mutuelle à 48 € et le forfait mobile à 12 €, et ses charges fixes atteignent 916 € par mois. Reste à savoir ce qu’il lui reste pour vivre.

Homme étudiant son budget mensuel à sa table de cuisine

Courses, resto, culture : ce qu’il dépense vraiment pour vivre

Côté alimentation, Théophile mise sur le marché de la place Carnot et les producteurs du Lauragais. Il dépense 260 € par mois en courses, un chiffre qu’il juge « raisonnable pour un célibataire qui aime bien manger ».

Les restaurants et les cafés lui coûtent environ 90 € par mois. Il déjeune rarement dehors, mais s’offre un dîner au restaurant deux fois par mois, souvent avec des amis rencontrés sur les visites.

Son vrai plaisir, c’est la culture. 35 € par mois en livres d’histoire, 20 € en abonnement presse et plateformes de documentaires, et quelques billets de concert dans l’année. Les entrées gratuites dans les monuments lui permettent de rester curieux sans se ruiner.

Les vêtements et le shopping ne dépassent pas 45 € mensuels. « J’ai trois chemises, deux pantalons de ville et une paire de chaussures de marche solide. C’est mon uniforme. » Au total, ses dépenses variables atteignent 450 € par mois.

Ce qu’il reste en fin de mois, et le plan pour l’hiver

Faisons le calcul. Sur 1 870 € de revenus, il paie 663 € de logement, 193 € de voiture, 60 € de mutuelle et téléphone, et 450 € de dépenses variables. Le total grimpe à 1 366 €, ce qui lui laisse un solde de 504 € par mois.

Mais Théophile ne le voit pas comme de l’argent « libre ». « En été, je mets de côté. En hiver, je pioche. » Il alimente un livret A avec 250 € par mois, pour compenser les mois creux où ses vacations s’effondrent.

Les 254 € restants servent à ses vacances (un mois de randonnée en Espagne chaque septembre, budget lissé de 130 €) et à un petit fonds pour imprévus. Il ne possède pas de crédit en cours, ce qui allège considérablement son quotidien.

Son objectif : acheter un petit appartement d’ici cinq ans. « Avec 14 000 € d’apport, je pourrais viser un deux-pièces à 95 000 €. C’est ambitieux, mais pas impossible. »

Le verdict d’un passionné qui ne roule pas sur l’or

Avec 1 870 € nets, Théophile se situe légèrement au-dessus du revenu médian français, estimé autour de 1 800 € nets mensuels pour un salarié. Mais son statut précaire et sa saisonnalité rendent cette moyenne trompeuse.

« Je ne ferai jamais fortune, sourit-il. Mais je passe mes journées à raconter l’histoire dans l’un des plus beaux endroits d’Europe. Ça compense bien des fins de mois. »

Un budget serré mais maîtrisé, où chaque euro a une place. Et si le métier vous intrigue, d’autres profils tout aussi surprenants méritent le détour : découvrez comment Lucas, maître-nageur à Saint-Malo, gère ses saisons creuses, ou ce que cache le quotidien de Aurélien, tailleur de pierre à Angoulême.

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