Dans les comptes de Magali, infirmière hospitalière à Dijon à 2 280 € nets par mois
Magali a 38 ans, deux enfants de 6 et 9 ans, et travaille comme infirmière diplômée d’État au CHU de Dijon depuis onze ans. Séparée depuis deux ans, elle gagne 2 280 € nets par mois. Voici comment elle répartit chaque euro — et ce qui reste vraiment une fois les factures payées.
Ce qui tombe sur son compte chaque mois
Le salaire net de Magali s’élève à 2 280 € par mois, primes comprises. Ce montant intègre la prime de service hospitalier versée en deux fois dans l’année, lissée ici sur douze mois, ainsi que les indemnités de dimanche et de nuit.

En moyenne, elle effectue deux gardes de nuit par mois et travaille un week-end sur trois. Ces majorations représentent environ 180 € mensuels dans son salaire. Sans elles, son traitement de base tournerait autour de 2 100 €.
À ce revenu s’ajoutent 380 € de pensions alimentaires versées par son ex-conjoint pour leurs deux enfants. Magali perçoit aussi 140 € d’APL, son loyer entrant dans les plafonds. Le total réel de ses ressources mensuelles atteint donc 2 800 €.
« Les gens pensent qu’infirmière, c’est bien payé. Après onze ans d’hôpital, je suis à peine au-dessus du salaire médian français », glisse-t-elle. Ce salaire médian, selon l’INSEE, se situe autour de 2 100 € nets. Magali le dépasse de peu, mais ses charges de parent solo changent la donne.
Le mur des dépenses fixes
Le poste le plus lourd, c’est le loyer. Magali occupe un T3 de 65 m² dans le quartier de la Toison-d’Or, à Dijon. Elle paie 680 € charges comprises. C’est un peu moins que la moyenne dijonnaise pour cette surface, qui tourne autour de 720 €.

L’assurance habitation lui coûte 28 € par mois. Sa mutuelle santé, obligatoire en complément de celle de l’hôpital, représente 45 €. Elle a opté pour un renfort dentaire et optique, indispensable avec deux enfants.
Côté transports, Magali possède une Renault Clio de 2017. Le crédit auto est soldé, mais l’assurance revient à 52 € mensuels. L’essence, pour ses allers-retours au CHU et les trajets scolaires, lui coûte environ 110 € par mois. Comme Rachid, ambulancier à Marseille, le carburant pèse lourd dans son budget.
Les abonnements s’additionnent vite. Forfait mobile : 15 €. Box internet : 30 €. Netflix, partagé avec sa sœur : 7 €. Spotify famille : 17 €. Total abonnements numériques : 69 € par mois.
L’assurance scolaire des deux enfants revient à 18 € mensuels. La cantine, facturée au quotient familial, coûte 96 € pour les deux. Le périscolaire du mercredi après-midi ajoute 65 €. Ce poste « enfants fixes » totalise 179 € chaque mois.
Magali paie aussi 48 € d’impôt sur le revenu prélevé à la source. Son taux est faible grâce aux deux parts et demie de son foyer fiscal. Si tu veux vérifier ta propre situation, les nouveautés de la déclaration 2026 méritent un coup d’œil.
Au total, les dépenses fixes de Magali atteignent 1 211 € par mois. C’est 43 % de ses ressources totales. Il lui reste 1 589 € pour vivre, épargner et absorber les imprévus — mais cette marge fond vite.
Les dépenses qui bougent chaque mois
Les courses alimentaires représentent le deuxième poste le plus lourd après le loyer. Magali dépense en moyenne 420 € par mois pour trois personnes. Elle fait l’essentiel chez Lidl et complète au marché des Halles de Dijon le samedi matin.
« Je fais mes menus le dimanche soir et je m’y tiens. Sinon, je dérape facilement de 50 € par semaine. » Cette discipline lui permet de rester sous les 110 € hebdomadaires, ce qui est légèrement en dessous de la moyenne nationale pour un foyer de trois personnes. En comparaison, Karine, aide à domicile, dépense 280 € pour elle seule.
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Les sorties restent modestes. Un restaurant par mois avec les enfants : environ 45 €. Un ciné de temps en temps : 20 €. Un verre entre collègues après une garde difficile : 15 €. Budget sorties mensuel : 80 €.
Le poste vêtements et chaussures tourne autour de 60 € par mois en moyenne lissée. Avec deux enfants qui grandissent, Magali achète beaucoup en seconde main sur Vinted. « Les chaussures, par contre, j’achète neuf. Des pieds d’enfant dans des chaussures déformées, non merci. »
Les frais de santé non remboursés — ostéopathe, paracétamol, petits soins — représentent environ 25 € mensuels. Les activités extrascolaires des enfants (judo pour l’aîné, dessin pour la cadette) coûtent 55 € par mois en moyenne annualisée.
Les vacances, Magali les budgétise à 100 € par mois lissés sur l’année. Cela lui permet une semaine en location l’été, souvent en Bretagne chez une amie, et un petit séjour au ski grâce au CE de l’hôpital. Le comité d’entreprise prend en charge environ 40 % du séjour.
Total des dépenses variables : 740 € par mois. On arrive donc à un total général de 1 951 € de dépenses mensuelles, toutes catégories confondues. Ce qui laisse, sur le papier, un reste à vivre de 849 €. Mais cette somme ne dort pas tranquille sur le compte.
Ce qu’il reste vraiment en fin de mois
Sur ces 849 € théoriques, Magali en met 200 € sur un Livret A chaque mois par virement automatique. « Si je ne le fais pas en automatique, ça part. C’est aussi simple que ça. » Son Livret A affiche aujourd’hui 4 800 €, reconstitué après le déménagement post-séparation.
Elle verse aussi 50 € par mois sur un Livret d’épargne populaire (LEP), dont le taux reste supérieur à celui du Livret A. Ce placement est accessible tant que son revenu fiscal de référence reste sous le plafond — ce qui est son cas.
Le véritable trou dans le budget, ce sont les imprévus. En mars, une réparation de voiture à 380 €. En janvier, une machine à laver en panne remplacée à 350 €. « En moyenne, je dirais qu’il y a un imprévu de 150 à 200 € chaque mois. Quand ça tombe deux fois le même mois, là c’est compliqué. »
Après épargne et imprévus, il reste en réalité entre 400 et 500 € de marge. Une marge qui ne permet pas de projets ambitieux, mais qui évite le découvert. Magali n’a aucun crédit à la consommation en cours, et elle tient à le garder ainsi.
Son prochain objectif : atteindre 6 000 € sur le Livret A pour constituer un vrai matelas de sécurité, l’équivalent de trois mois de charges fixes. « À l’hôpital, on voit des gens dont la vie bascule en un instant. Moi, je veux au moins que mes filles soient à l’abri trois mois si ça déraille. »
Comparé à d’autres profils dans des tranches similaires — comme Nordine, conducteur de bus à Lyon ou Damien, gardien de la paix à Rennes — Magali s’en sort correctement grâce à un loyer maîtrisé et une discipline budgétaire stricte. Mais la moindre dépense imprévue de plus de 500 € la ferait piocher dans son épargne.
« Je ne me plains pas, il y a bien pire. Mais quand je vois ce que je donne à l’hôpital — les nuits, les week-ends, le stress — et ce qui reste à la fin… Je me dis que le compte n’y est pas tout à fait. » Avec un salaire supérieur de 180 € au revenu médian français mais les charges d’un foyer monoparental, Magali incarne un équilibre fragile que des millions de Français connaissent.