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Dans les comptes de Hugo, technicien en traitement des eaux à Albi à 2 190 € nets par mois

Publié par Mathieu le 04 Oct 2026 à 19:02

Hugo a 34 ans, vit à Albi et passe ses journées dans des cuves, des pompes et des analyses de laboratoire. Technicien en traitement des eaux dans une usine d’eau potable, il gagne 2 190 € nets par mois. Un salaire correct, qui ne laisse pourtant pas tout à fait le droit à l’erreur. Voici comment il répartit chaque euro, et le poste qui l’a lui-même surpris.

Un salaire qui cache de petits suppléments

Hugo est salarié d’un délégataire de service public depuis neuf ans. Son salaire de base atteint 1 840 € nets, auxquels s’ajoutent des primes de travail posté et d’astreinte qui font toute la différence. Elles pèsent entre 250 et 400 € selon les mois.

Il touche aussi 60 € de prime de panier et environ 40 € d’intéressement lissé sur l’année. Au total, la moyenne tombe à 2 190 € nets mensuels. Mais attention : la partie variable dépend des nuits où l’usine l’appelle.

Hugo, technicien en traitement des eaux, dans son usine à Albi

« Quand il y a un orage et que le réseau déborde, mon téléphone sonne à 3 heures du matin », confie-t-il. « C’est pénible, mais c’est aussi ce qui paie mes vacances. » Sa compagne, Camille, infirmière à temps partiel, rapporte 1 250 € nets, mais ce budget ne compte que la part d’Hugo.

Un détail change pourtant tout dans la suite de ses comptes. Il n’est pas là où on l’imagine.

Là où part l’argent avant même d’y toucher

Le premier poste, c’est le logement. Hugo rembourse un crédit immobilier de 780 € par mois pour une maison de 90 m² achetée en 2019 dans la périphérie d’Albi. Il partage cette charge avec Camille, mais sa part reste de 780 €, car il a pris le prêt à son nom.

Viennent ensuite les charges de la maison : 135 € d’électricité et de chauffage, 38 € d’eau (ironique, il le reconnaît) et 32 € pour la taxe foncière lissée. L’assurance habitation coûte 27 € par mois.

Couple faisant ses comptes à la table de cuisine

Côté transports, Hugo roule en diesel d’occasion. Il dépense 140 € de carburant, 62 € d’assurance auto et environ 45 € d’entretien lissé. Son trajet quotidien fait 22 km aller-retour, sans alternative en transports en commun.

Les abonnements totalisent 71 € : forfait mobile à 12 €, fibre à 29 €, streaming à 15 € et salle de sport à 15 €. Sa mutuelle d’entreprise lui coûte 48 €. Reste un impôt à la source de 168 € mensuels.

Si on additionne tout, ses dépenses fixes dépassent déjà 1 580 €. Et il lui reste à remplir le frigo.

Le poste qui fait grimper la facture sans qu’on s’en rende compte

Les courses alimentaires, d’abord. Hugo dépense 310 € par mois pour deux personnes, en privilégiant le marché le samedi matin et un supermarché de proximité pour le reste. « On mange bien, mais on ne gaspille pas », résume-t-il.

Les sorties au restaurant ou entre amis représentent 90 € mensuels. Les loisirs (randonnée, matériel de pêche, jeux de société) en pèsent 55. Le shopping habillement reste modeste, autour de 40 €.

Et puis il y a ce poste qu’il avait sous-estimé : les cadeaux et l’entourage. Anniversaires, mariages, naissances : Hugo comptabilise 70 € par mois sur ce seul poste, soit 840 € par an. Il ne l’avait jamais calculé avant de s’y mettre pour de bon.

Les vacances, elles, sont lissées à 160 € par mois. Une semaine en Bretagne l’été, un week-end en montagne l’hiver. Rien d’extravagant, mais c’est l’un des premiers postes que le couple refuserait de sacrifier.

Reste à savoir ce qui subsiste réellement à la fin du mois.

Ce qu’il reste quand tout est payé

On additionne : environ 1 580 € de charges fixes, 725 € de dépenses variables, soit 2 305 €. Le compte est négatif de 115 € sur le papier. Mais Camille prend en charge une partie des courses et des vacances, ce qui ramène la dépense réelle d’Hugo à environ 1 960 €.

Il lui reste donc 230 € par mois. Il en place 150 sur un livret A et 80 sur un plan d’épargne retraite qu’il a ouvert il y a deux ans. Son matelas de précaution atteint 7 400 €, soit un peu plus de trois mois de dépenses.

« Je sais que je devrais épargner plus, mais le crédit me rassure : au moins, c’est de l’argent qui reste dans la maison », glisse-t-il. Il lui reste 14 ans de remboursement, et il espère faire des travaux d’isolation dès l’an prochain.

Le verdict : mieux que la moyenne, mais sans marge

Avec 2 190 € nets, Hugo dépasse le salaire médian français, estimé autour de 2 100 € nets pour un temps plein. Il se situe donc légèrement au-dessus, sans pour autant vivre à l’aise. Le moindre imprévu, comme une panne de voiture, ampute son épargne du mois.

« On ne manque de rien, mais on ne roule pas sur l’or non plus. Et ça me va. » Sa vraie fierté, c’est sa maison, pas son compte en banque.

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