Oubliez les 19 °C : 22 °C dans la salle de bain, 17 °C dans le couloir, la nouvelle règle des experts

Depuis un demi-siècle, un chiffre trône sur tous les thermostats français : 19 °C. Or des experts cités par Presse-citron estiment que ce dogme n’a plus grand-chose à voir avec nos logements d’aujourd’hui. Le nouveau repère se décline pièce par pièce, avec des écarts de plusieurs degrés, et l’un de ces chiffres concerne directement votre chambre.
19 °C : le compromis de crise qui a fini par passer pour une loi
Tout part de la crise pétrolière des années 1970. Face à l’envolée des prix de l’énergie, il fallait un chiffre simple à faire entrer dans les têtes, et 19 °C s’est peu à peu imposé comme la température raisonnable d’un logement chauffé.
Un demi-siècle plus tard, ce repère est devenu un réflexe. On le répète, on le règle sur le thermostat sans se demander d’où il sort, comme si la physique l’avait gravé quelque part.
Selon Presse-citron, les experts en efficacité énergétique sonnent pourtant la fin de ce « diktat thermique ». Leur argument : la vraie température idéale pour votre logement ne peut pas être la même pour toutes les maisons, ni pour toutes les familles.
Il faut dire que les logements de l’époque n’ont rien à voir avec les nôtres. L’isolation y était souvent médiocre, les systèmes de chauffage moins performants et les modes de vie différents.
Nick Barber, expert en gestion énergétique, résume : « cette température a été définie comme un compromis économique plutôt que comme un véritable optimum de confort ». Le chiffre répondait donc à une urgence budgétaire, pas à une étude sur le bien-être.
Un compromis de crise a ainsi survécu à la crise. Reste à savoir par quoi les spécialistes proposent de le remplacer, et la réponse tient en plus d’un chiffre.
Un seul degré de plus, et pourtant le frisson disparaît
Les progrès de la construction et de la rénovation énergétique ont bouleversé la donne. Les logements modernes, mieux isolés et équipés de systèmes plus sophistiqués, permettent une gestion beaucoup plus fine de la chaleur.
Dans ce nouveau contexte, l’écart d’un degré peut sembler minime. Il change pourtant la sensation : difficile, souligne l’article, de se sentir vraiment à l’aise à 19 °C sans ressentir un léger frisson.
Brad Roberson, spécialiste des systèmes de chauffage, rappelle que « la sensation de confort thermique dépend de nombreux facteurs au-delà de la simple température ». L’humidité, la circulation d’air, l’activité physique et même la façon de s’habiller jouent un rôle crucial.
Chaque pièce a d’ailleurs sa propre logique, comme le détaille ce dossier sur les températures pièce par pièce pour ne pas exploser la facture. Mais revenons aux arguments des experts.
Les études récentes évoquées par Presse-citron indiquent qu’à 20 °C, le corps maintient plus facilement sa température idéale de 37 °C. L’effet serait particulièrement net lors d’activités sédentaires, comme le télétravail ou la lecture, où l’on bouge peu et où l’on se refroidit vite.
Autre bénéfice : cette température réduirait les risques de condensation et de moisissures. Ces problèmes sont fréquents dans les logements maintenus trop bas, où l’humidité se dépose sur les parois les plus froides.
Le verdict est donc tombé : les experts s’accordent sur 20 °C comme véritable température de référence pour les pièces de vie. Mais ce chiffre ne vaut pas pour toute la maison, et c’est là que la nouvelle règle devient vraiment intéressante.

Salon, chambre, salle de bain, couloir : le tableau pièce par pièce
Chauffer moins le jour ou toute la maison pareil, la question se pose chaque hiver, et baisser le chauffage dans la journée ne répond pas à la même logique que le réglage pièce par pièce. Les experts, eux, préconisent une approche différenciée : chaque pièce mérite sa température selon son usage.
Le salon et les espaces de vie principaux s’épanouissent à 20 °C, pour une atmosphère accueillante propice aux activités quotidiennes. Les chambres, elles, peuvent descendre entre 16 et 18 °C afin de favoriser un sommeil réparateur.
La salle de bain constitue un cas particulier : 22 °C y sont recommandés pour éviter le choc thermique à la sortie de la douche. Ceux qui grelottent en sortant de l’eau comprendront aussitôt la logique.
Les espaces de transition, comme les couloirs, peuvent se contenter de 17 °C. On y passe quelques secondes, inutile d’y entretenir une chaleur de salon.
Cette gestion différenciée permet, selon Presse-citron, d’optimiser le confort mais aussi de réaliser des économies substantielles. Encore faut-il pouvoir régler chaque pièce séparément, d’où l’intérêt des outils modernes.
Les thermostats connectés permettent justement de programmer des températures différentes selon les pièces et les moments de la journée. Ces systèmes pourraient générer jusqu’à 15 % d’économies sur la facture annuelle de chauffage, tout en maintenant un bon niveau de confort.
Voilà donc le tableau complet : 20 °C, 16 à 18 °C, 22 °C et 17 °C. Une question demeure pourtant, celle que tout le monde se pose en voyant ces chiffres : et la facture, dans tout ça ?
Ce que cette règle change vraiment sur la facture
Le calcul théorique est connu : chaque degré supplémentaire augmenterait la consommation d’environ 7 %. Passer de 19 à 20 °C dans le salon semble donc coûter plus cher sur le papier.
Presse-citron nuance toutefois : l’impact financier est plus complexe qu’une simple hausse. Une température mieux adaptée réduirait les compensations coûteuses, comme les chauffages d’appoint ou la surventilation pour corriger une chaleur mal répartie.
Autrement dit, la facture ne dépend pas que du chiffre affiché au thermostat. Elle dépend de la façon dont la chaleur circule, de celle dont elle est répartie, et de ce qu’on fait pour se réchauffer quand elle manque.
Pour garder cette chaleur là où on la veut, le reste de la maison compte aussi. Certains murs se prêtent bien à un panneau réfléchissant derrière le radiateur, d’autres beaucoup moins.
Le toit pèse également dans l’équation : choisir le bon isolant pour ses combles aide une pièce à conserver ses degrés, quelle que soit la consigne affichée.
À surveiller cet hiver : la combinaison d’un réglage pièce par pièce et d’une programmation horaire. C’est elle qui, selon les experts, transforme un degré de plus en confort réel plutôt qu’en gaspillage.
La règle unique avait le mérite de la simplicité, la nouvelle demande un peu d’attention. Mais elle a un avantage que les 19 °C n’ont jamais eu : elle part de la façon dont on vit réellement dans chaque pièce.
Les 19 °C ont tenu cinquante ans, mais ils n’ont jamais été un optimum, seulement un compromis. Et si vous pensiez que la température était le seul levier de votre facture, ce que dit un architecte sur les jours comptés des radiateurs pourrait bien vous faire hésiter devant votre prochain réglage. Autre poste que l’on oublie souvent de surveiller : ce chauffe-eau réglé une fois pour toutes, qui pèserait lourd sur vos mois d’hiver.