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Secrétaire, elle achète 3 actions pour 180 dollars en 1935 : personne ne savait qu’elle valait 7,2 millions

Publié par Ambre Détoit le 04 Oct 2026 à 12:15
Vieux certificats d'actions posés sur un bureau en bois

Elle s’habillait dans des ventes de charité, vivait dans un petit cottage reçu en héritage et partageait sa maison avec un ami. Rien, chez Grace Groner, ne laissait deviner la moindre fortune. Quand elle est morte en 2010, un chiffre a pourtant stupéfié toute sa ville de l’Illinois. Il tient à un achat discret de 1935 et à une règle qu’elle n’a jamais enfreinte.

Une orpheline, un bureau et 180 dollars en pleine Grande Dépression

Remontons en 1935. La Grande Dépression, pire crise économique du XXe siècle, secoue encore le monde. Aux États-Unis, Franklin D. Roosevelt a lancé le New Deal en 1933 pour réformer les banques et soutenir l’économie.

L’année suivante, la création de la SEC, nouveau gendarme de la Bourse, encadre l’achat d’actions. À l’époque, acheter une action signifie recevoir un certificat papier, avec des coupons que l’on découpe pour toucher ses dividendes. Le contexte est plus sûr, mais l’avenir reste incertain.

Grace Groner naît en 1909 à Lake Forest, dans l’Illinois. Elle devient orpheline à 12 ans. Avec sa sœur jumelle, elle est recueillie par des voisins bienveillants, dont le soutien financier lui permet d’obtenir un diplôme au Lake Forest College.

En 1935, à 26 ans, elle est secrétaire chez Abbott Laboratories, un laboratoire pharmaceutique. Un jour, elle achète 3 actions de son employeur pour 180 dollars, soit 60 dollars l’unité. Selon Démotivateur, cela équivaudrait aujourd’hui à environ 4 400 dollars, soit près de 4 000 euros.

Pour la plupart des Américains de l’époque, réunir une telle somme demandait plusieurs mois d’épargne stricte. Les discrètes fortunes de ce genre intriguent toujours, comme le montre l’empire très discret de Xavier Niel. Mais dans le cas de Grace, le plus surprenant est ce qu’elle a fait ensuite : rien.

Quarante-trois ans au même bureau, et des actions qu’elle n’a jamais touchées

Grace Groner a travaillé 43 ans dans la même société. Après son achat de 1935, elle n’a jamais vendu la moindre action. Pas pendant les crises, pas pendant les coups de fatigue, pas pour s’offrir un caprice.

Au fil des ans, les titres ont été divisés à de nombreuses reprises. À chaque fois, elle réinvestissait ses dividendes au lieu de les dépenser. Pendant ce temps, son quotidien restait d’une sobriété déconcertante.

Elle vivait dans un petit cottage qui lui avait été légué. Elle achetait ses vêtements d’occasion, ne s’était jamais mariée et n’avait pas d’enfants. Elle voyageait beaucoup, pourtant, et donnait de l’argent aux nécessiteux en gardant l’anonymat.

Ses voisins la voyaient vivre comme eux. Sa richesse, elle, dormait tranquillement dans ses parts. Ici, ce n’est pas la chance qui a joué, contrairement à ces jackpots de plusieurs millions décrochés d’un coup : c’est le temps, soixante-quinze ans de temps.

Vers la fin de sa vie, elle commence à dévoiler peu à peu sa générosité. Elle donne 180 000 dollars pour lancer un fonds de bourses d’études. En 2008, elle crée une fondation destinée à recevoir son patrimoine après sa mort.

Grace Groner meurt le 19 janvier 2010. C’est alors que le chiffre tombe : son patrimoine s’élève à 7,2 millions de dollars, légués à cette fondation. Dans la communauté de Lake Forest, personne n’avait la moindre idée de ce que cachait son cottage. Reste une question : comment trois petits morceaux de papier ont-ils pu produire une somme pareille ?

Femme âgée au sourire serein dans une petite cuisine

La mécanique silencieuse qui a transformé 3 actions en 2 304

Tout repose sur deux moteurs qui ont tourné ensemble pendant des décennies. Le premier : les fractionnements d’actions. Le second : les dividendes réinvestis, jamais retirés.

Selon Dividend Power, cité par Démotivateur, neuf scissions remontant à 1964 auraient transformé ses 3 actions initiales en 2 304 actions. Et cela, avant même de compter le moindre dividende réinvesti.

Les dividendes ont fait le reste. Chaque paiement trimestriel achetait de nouvelles actions. Ces nouvelles actions versaient à leur tour leurs propres dividendes, qui servaient à en racheter d’autres, et le cycle s’est répété pendant 75 ans.

Le détail qui donne le vertige, c’est l’entreprise elle-même. Abbott est aujourd’hui une société de santé active dans les dispositifs médicaux, le diagnostic, la nutrition et les produits pharmaceutiques établis. Sa capitalisation boursière avoisinerait 172 milliards de dollars.

Voilà donc la réponse. Aucun coup de génie, aucune information secrète : une secrétaire de 26 ans qui a acheté une part de l’entreprise où elle travaillait, puis s’est interdit d’y toucher. Son seul talent fut la patience, et une vie assez modeste pour ne jamais avoir besoin de vendre.

Ce que son argent finance encore aujourd’hui

Grace Groner avait un souhait précis pour sa fortune. Les revenus de sa fondation doivent aider les étudiants du Lake Forest College. Ils financent des études indépendantes, des stages, des études internationales et des projets de service.

Elle a aussi prévu une éventuelle subvention pour un étudiant qui fréquenterait une école de pharmacie. Un clin d’œil évident à Abbott, le laboratoire qui l’employait et qui a fait sa fortune. La boucle est bouclée.

Sa maison, baptisée « Grace’s Cottage », a été rénovée par sa fondation. Elle est aujourd’hui occupée par des étudiantes de l’université. Autrement dit, le petit cottage où elle vivait si simplement abrite désormais la génération qu’elle voulait aider.

Selon les estimations rapportées par la source, environ 1 300 étudiants auraient déjà bénéficié de son testament. La fondation rapporterait aussi quelque 300 000 dollars d’intérêts par an. Autant dire que l’histoire de la secrétaire de Lake Forest est loin d’être terminée.

Dans sa ville, Grace Groner incarne l’image d’une philanthropie discrète. Elle a rendu à sa communauté ce que celle-ci lui avait offert quand elle était orpheline. Elle n’a jamais cherché les projecteurs, et c’est sans doute pour cela que son histoire marque autant.

Trois actions, 180 dollars, zéro vente : la fortune de Grace Groner tient dans cette équation simple. Si vous aimez les trajectoires où l’argent change de mains de façon inattendue, regardez comment le fondateur de PriceMinister veut racheter son ancienne entreprise après une chute de 33 % des clients. Et pour savoir si votre quotidien tient mieux le choc que votre portefeuille, voyez quel opérateur mobile subit le plus de pannes en France.

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