PEL ouvert en 2011 : ta banque va le fermer sans ton accord, et ton épargne peut tomber à 0,10 %

Un courrier arrive. Votre banque vous annonce la clôture de votre plan épargne logement, ouvert il y a quinze ans, alors que vous n’avez rien demandé. Selon Truc Mania, cette fermeture est pourtant parfaitement légale, et elle toucherait déjà des centaines de milliers de Français. Reste un détail qui peut faire fondre votre rendement du jour au lendemain : il se cache dans le taux qui vous attend après la clôture.
Ce courrier de clôture qui prend des centaines de milliers d’épargnants au dépourvu
Imaginez la scène. Vous avez ouvert un plan épargne logement il y a quinze ans, vous l’aviez presque oublié, et une lettre vous apprend qu’il va être fermé. Selon Truc Mania, certains épargnants pensaient le garder toute leur vie, d’autres ignoraient même qu’il existait une limite de durée.
Cette impression de décision arbitraire est très répandue. Pourtant, toujours d’après Truc Mania, les banques n’ont aucune marge de manœuvre : passé un certain délai, le plan doit être clôturé, que le client ait été prévenu en amont ou non.
Le vrai problème, c’est le manque d’information. Beaucoup découvrent l’échéance au moment où elle tombe, faute d’avoir été alertés sur la durée de vie de leur produit. Le banquier applique une obligation réglementaire, mais le client, lui, n’a rien vu venir.
L’ampleur du phénomène donne le vertige. Selon la source, des centaines de milliers de Français seraient déjà concernés depuis le début de l’année 2026, et la vague ne fait que démarrer.
Le mécanisme rappelle ce que nous racontions sur la fermeture d’office du PEL en 2026, avec une épargne qui bascule « par défaut ». Mais quelle est exactement cette règle, et à qui s’applique-t-elle ? Tout se joue sur une date : celle de l’ouverture de votre plan.
Mars 2011, quinze ans, 93 milliards d’euros : la date qui décide de tout
Tout part d’une règle précise. Les PEL ouverts à partir de mars 2011 ont une durée maximale de quinze ans. Cette limite découle de la loi de finances rectificative de fin 2010, qui a plafonné la durée des plans souscrits après le 1er mars 2011, conformément à l’article R.315-39 du Code de la construction et de l’habitation.
Les plans ouverts avant cette date échappent à la règle et peuvent, eux, perdurer sans limite de temps. Les autres sont fermés à leur date anniversaire. La première vague a démarré en mars 2026, et les PEL souscrits en 2011 sont concernés entre mars et décembre 2026.
Le calendrier n’a rien d’anecdotique. Selon l’Observatoire de l’épargne réglementée de la Banque de France, cité par Truc Mania, 36 % des PEL actuellement en circulation, soit 93 milliards d’euros d’encours, seront clôturés d’ici à 2030. Le détail de cette règle ultra-méconnue qui bouscule l’épargne dès 2026 montre à quel point elle touche large.
Le pic est attendu en 2030 : 1,1 million de plans fermés pour 28 milliards d’euros. Les plans ouverts entre 2011 et 2015 concentrent à eux seuls 41 % de l’encours concerné. Et les versements y sont impossibles depuis 2022, soit dix ans après l’ouverture.
Rappelons enfin que les PEL souscrits en 2011 affichaient un taux de 2,5 % brut, figé pour toute la durée du contrat. Ce taux garanti disparaît à la clôture : le capital et les intérêts accumulés sont intégralement conservés, mais transférés sur un compte sur livret ordinaire, fiscalisé. Reste à savoir ce que ce compte rapporte vraiment, et la réponse varie du simple au quintuple selon la banque.

0,10 % chez BNP Paribas, 0,5 % à La Banque Postale : l’écart qui pèse sur quinze ans d’épargne
Avant de comparer, gardez en tête un repère : la remontée du taux du Livret A sert de référence naturelle pour juger ce que vaut votre nouveau compte.
Le taux du compte sur livret ordinaire est librement fixé par chaque banque, et les écarts sont loin d’être anecdotiques. Selon Truc Mania, il s’élève à seulement 0,10 % brut chez BNP Paribas, contre 0,30 % à la Société Générale, 0,35 % au LCL et jusqu’à 0,5 % à La Banque Postale.
Autant dire que l’épargne perd une grande partie de sa rentabilité du jour au lendemain. Un plan de 2011 qui rapportait 2,5 % brut peut se retrouver sur un support à 0,10 % : la promesse du titre se joue exactement là.
Premier réflexe : comparer ce taux à celui des livrets réglementés. Toujours selon la source, le Livret A rémunère 1,7 % depuis août 2026, et le LEP, réservé aux revenus modestes, reste fixé à 2,5 % par dérogation. Transférer les sommes vers l’un de ces supports permet souvent de limiter la perte de rendement.
Second levier : ouvrir un nouveau PEL. Son taux est passé à 2 % brut au 1er janvier 2026, contre 1,75 % en 2025, avec un taux de prêt immobilier associé fixé à 3,20 %. Ce plan peut avoir du sens pour un projet immobilier à moyen terme, mais il faut comparer les conditions avant de s’engager, surtout si l’objectif reste une simple épargne de précaution.
Reste une question : que faire concrètement, et dans quel ordre ? C’est là que la préparation fait la différence.
Ce qu’il faut vérifier dès maintenant, avant la vague de 2030
La méthode tient en trois gestes : vérifier la date d’ouverture de son PEL, surveiller les courriers de sa banque, comparer rapidement les taux disponibles une fois les fonds transférés. Sans cela, quinze ans d’épargne peuvent stagner sur un support peu rémunérateur.
Ne comptez pas sur votre banque pour tout vous expliquer. La clôture reste légale, qu’elle vous ait été annoncée ou non, selon Truc Mania. Et si votre PEL a été ouvert avant mars 2011, vous pouvez respirer : aucune limite de durée ne vous concerne.
Attention aussi aux autres produits censés vous servir de refuge. Un épargnant a ainsi vu son LEP fermé sans appel : la règle des deux ans explique tout, et elle mérite d’être connue avant de transférer ses fonds.
La suite va s’intensifier. Dans les années à venir, la vague de fermetures montera jusqu’au pic de 2030 et ses 1,1 million de plans clôturés. Les premiers concernés de 2026 sont donc ceux qui défrichent le terrain pour tous les autres.
Dernier réflexe si l’envie de changer d’établissement vous prend : la loi interdit pourtant à votre banquier de vous facturer quoi que ce soit, la clôture d’un compte devant rester gratuite. Un détail qui peut éviter une mauvaise surprise de plus.
Votre PEL n’est pas cassé, il est arrivé au bout de sa route, et c’est ce qui vient après qui coûte cher. Le vrai combat se joue sur le taux, pas sur la fermeture.
Et si vous pensiez que seuls les plans d’épargne cachaient des pièges, ce que devient un vieux compte oublié après dix ans vous réserve une autre surprise. Et quand la vie bouscule vos comptes, ce que votre banque n’a pas le droit de faire avec un compte joint mérite aussi votre attention.