Livret A : ce taux oublié à 1,5 % que 58 millions de Français vont voir grimper dès juillet

Ton Livret A te rapporte 1,5 % depuis des mois, et tu t’es peut-être résigné. Mauvais réflexe. Le directeur général de la Caisse des Dépôts vient de lâcher l’info sur Public Sénat : une hausse est attendue dès le mois prochain. Voici ce que ça change concrètement pour les 58 millions de livrets ouverts en France.
Pourquoi le Livret A stagne à 1,5 % depuis des mois
Pour comprendre la situation, il faut revenir à la mécanique. Le taux du Livret A n’est pas fixé au doigt mouillé. Il repose sur une formule arithmétique précise : la moyenne entre l’inflation et les taux d’intérêt courts. Quand ces deux indicateurs bougent, le taux suit.
Problème : depuis la dernière révision, les prix à la consommation semblaient stabilisés. Résultat, le rendement est resté scotché à 1,5 %. Un niveau qui, face à une inflation repartie à la hausse, revient presque à perdre du pouvoir d’achat en épargnant.
D’ailleurs, les Français ne s’y sont pas trompés. En avril, l’encours du Livret A a reculé de 1,28 milliard d’euros. C’est le quatrième mois consécutif de baisse. Beaucoup ont préféré se tourner vers d’autres placements plus rémunérateurs, lassés d’un rendement jugé trop faible.
Malgré cette hémorragie, la somme totale déposée reste colossale : 445,2 milliards d’euros. Preuve que le Livret A reste le réflexe numéro un des épargnants français. Et cette fidélité pourrait bientôt être récompensée. Car du côté de l’inflation, les signaux économiques viennent de basculer.
1,8 % dès juillet : ce que la Caisse des Dépôts anticipe
L’annonce est venue d’Olivier Sichel, directeur général du groupe Caisse des Dépôts, ce jeudi matin en direct. Ses mots sont clairs : « On s’attend à ce que le taux soit remonté le mois prochain. » Pas une hypothèse vague. Une anticipation fondée sur la formule officielle.
Cette formule, appliquée aux chiffres actuels, donne un résultat « aux alentours de 1,8 % ». La raison principale : l’inflation en France s’est établie à 2,4 % sur un an en mai 2026. La hausse des prix de l’énergie, alimentée par la guerre au Moyen-Orient, a accéléré le mouvement.
La décision finale revient au ministre de l’Économie et des Finances, après avis du gouverneur de la Banque de France. Mais selon Sichel, il devrait « suivre la formule ». Autrement dit, sauf coup de théâtre politique, le passage à 1,8 % est quasi acté.
Ce qui est frappant, c’est le paradoxe. L’inflation qui fait grimper les prix à la pompe est la même qui pousse le rendement du Livret A vers le haut. Une maigre consolation, certes, mais une consolation quand même. Et elle concerne potentiellement des millions de foyers qui comptent sur cette épargne de précaution.

6 590 milliards d’euros d’épargne : ce que l’État jure de ne jamais toucher
La méfiance envers les institutions n’a jamais été aussi forte. Et beaucoup se posent la question : l’État peut-il piocher dans l’épargne des Français pour combler la dette publique ? Olivier Sichel a tenu à dissiper ce fantasme.
« La Caisse des Dépôts gère l’épargne des Français. C’est leur épargne, ce ne sont pas des impôts, c’est très différent. » Le message est limpide. Mais le contexte, lui, est anxiogène. La Banque de France a révélé un montant d’épargne financière historiquement élevé : 6 590,5 milliards d’euros fin décembre 2025.
Un chiffre vertigineux qui, selon le patron de la Caisse des Dépôts, traduit avant tout « une inquiétude ». Les Français épargnent parce que la conjoncture s’obscurcit. Réflexe de fourmi en période d’incertitude. Mais Sichel y voit aussi « une opportunité » : un pays riche en épargne est un pays qui peut investir massivement.
Concrètement, pour un Livret A au plafond de 22 950 euros, la différence entre 1,5 % et 1,8 % représente environ 69 euros d’intérêts supplémentaires par an. Ce n’est pas un jackpot. Mais multiplié par des dizaines de millions de livrets, l’impact collectif pèse dans l’économie réelle.
Le Livret A à 1,8 %, c’est donc la bonne nouvelle que personne n’attendait plus — née, ironiquement, de la mauvaise nouvelle qu’est l’inflation. Si tu fais partie des 58 millions de détenteurs, ton épargne va enfin reprendre un peu de couleur dès cet été. Reste une question : combien de temps avant que l’inflation ne mange à nouveau la différence ?