206 km/h au lieu de 110 sur l’A75 : une jeune conductrice, trop pressée de rentrer, perd son permis sur place

Un vendredi de fin de journée, une autoroute dégagée et l’envie de rentrer vite. Ce scénario, beaucoup d’automobilistes le connaissent. Mais cette fois, le compteur a affiché un chiffre qui a stupéfié les gendarmes de l’Aveyron. Ce qui attend désormais la conductrice dépasse de loin une simple amende, et une règle récente change tout.
206 km/h près de Millau : ce que les gendarmes ont relevé ce vendredi
206 km/h. C’est la vitesse relevée par les gendarmes de l’Aveyron le vendredi 9 octobre 2026, vers 17 heures, sur l’A75, aux abords de Millau. Au volant, une jeune conductrice titulaire d’un permis probatoire.
Elle était originaire de l’Hérault et rentrait chez elle, à Montpellier. Selon les gendarmes, cités par Centre Presse Aveyron, elle était simplement trop pressée d’arriver. Les militaires l’ont interceptée dans la foulée.
Le calcul donne le vertige. La limite qui s’imposait à elle était de 110 km/h. Elle roulait donc 96 km/h au-dessus, soit presque le double de la vitesse autorisée.
Ce genre d’histoire rappelle d’autres records de la route. Un automobiliste flashé à 312 km/h en Porsche avait lui aussi marqué les esprits, mais le cas de l’A75 a une particularité.
Car pourquoi 110 et non 130, alors que les panneaux affichent souvent ce dernier chiffre ? La réponse tient à un statut que beaucoup oublient vite.
Pourquoi 110 et pas 130 : la règle que son statut lui imposait
La limite de 110 km/h s’applique à tous les titulaires d’un permis probatoire, même quand les panneaux indiquent 130 km/h. Ce régime concerne les conducteurs qui obtiennent leur permis pour la première fois, durant leurs premières années de conduite.
Le fameux « A » collé à l’arrière de la voiture sert justement à signaler ce statut aux autres usagers. Ce n’est pas une décoration, c’est un rappel de la règle.
Ces règles se retrouvent d’ailleurs ailleurs. En Gironde, un conducteur de 21 ans flashé à 190 km/h a vu son permis probatoire invalidé et sa voiture saisie.
Sur l’A75, la sanction est tombée immédiatement. Les gendarmes ont retiré son permis à la jeune femme et ont fait envoyer sa voiture à la fourrière sur-le-champ.
Le véhicule y restera une semaine. Son propriétaire ne pourra le récupérer qu’à deux conditions : la justice ne doit pas s’y opposer, et il devra régler les frais de remorquage et de gardiennage.
Mais tout cela n’est qu’un début. Le plus lourd reste à venir, et il dépend d’un changement de règle intervenu à la fin de 2025.

Délit dès la première fois : l’addition qui l’attend vraiment
Sur ce point, le permis à points joue un rôle décisif. Un excès de 50 km/h ou plus coûte 6 points. Pour un jeune conducteur encore dans sa première année de permis, c’est la totalité de son capital : le permis est alors invalidé.
Jusqu’à récemment, ce genre d’excès restait une contravention, sauf en cas de récidive. Les règles ont changé le 29 décembre 2025. Depuis cette date, tout dépassement d’au moins 50 km/h au-dessus de la limite constitue un délit, dès la première fois.
L’automobiliste peut se voir proposer une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros, ramenée à 250 euros si elle est payée sous 15 jours et portée à 600 euros en cas de retard. Le paiement éteint les poursuites.
Si l’affaire part devant le tribunal correctionnel, l’addition grimpe nettement. Les peines encourues vont jusqu’à 3 750 euros d’amende et trois mois de prison.
S’y ajoutent une suspension ou une annulation du permis et la confiscation du véhicule. Le délit peut aussi être inscrit au casier judiciaire.
La jeune Héraultaise sera convoquée plus tard devant la justice pour répondre de ses actes. Elle risque une forte amende et la suspension de son permis. Reste à savoir pourquoi l’État a durci le ton.
Pourquoi l’État a durci le ton, et ce que les gendarmes surveillent
Le gouvernement avait justifié ce durcissement par la flambée des très grands excès. Le ministère de l’Intérieur en a recensé 63 217 en 2024, soit 69 % de plus qu’en 2017.
Les gendarmes de l’Aveyron disent constater régulièrement des accidents matériels et corporels impliquant des conducteurs alcoolisés. Ils assurent rester particulièrement mobilisés contre les excès de vitesse et la consommation d’alcool au volant.
Pour les conducteurs, la leçon est claire : la tolérance a disparu. La question de la vitesse alimente aussi un débat plus large, puisque certains constructeurs évoquent une piste précise pour brider la vitesse des véhicules.
Et ce n’est pas la seule perte possible. Dans une loi méconnue, on peut même perdre son permis sans toucher un volant.
Le détail des sanctions est consultable sur Service Public. Pour la conductrice de l’A75, l’audience dira la suite.
Rentrer plus vite à Montpellier lui aura coûté son permis, sa voiture pour une semaine et peut-être davantage. Et si vous pensiez que les radars ne laissaient aucune seconde chance, cet automobiliste flashé deux fois au même endroit en 53 minutes va vous faire réfléchir. Quant à ce qui arrive quand la signalisation elle-même triche, cette amende née d’un panneau 80 maquillé en 90 a de quoi surprendre.