32 Bugatti dont une Tourbillon unique cachées dans un garage à Rotterdam depuis des années

On imagine toujours ce genre de trésor planqué à Monaco, à Dubaï ou dans un hangar californien climatisé. Et pourtant, c’est aux Pays-Bas, dans un bâtiment anonyme de Rotterdam, que dormait depuis des années la plus grande collection privée de Bugatti au monde. Personne n’y avait accès, aucune photo ne circulait. Jusqu’à ce qu’une caméra franchisse enfin ces portes fermées.
Un secret bleu France caché en plein cœur de l’Europe
Le paradoxe est savoureux. Quand on pense aux capitales mondiales de l’automobile de luxe, on cite spontanément l’Allemagne, la Suisse ou le Royaume-Uni. Rarement les Pays-Bas, l’un des plus petits pays du continent. C’est pourtant là, à Rotterdam, que l’entrepreneur néerlandais Michel Perridon a discrètement bâti ce que les spécialistes considèrent aujourd’hui comme LA référence en matière de collection Bugatti privée.
Pendant des années, ce garage est resté un secret bien gardé, loin des projecteurs et des réseaux sociaux. Aucun smartphone, aucun influenceur automobile n’avait pu documenter l’ampleur réelle de l’endroit. Un peu comme ces trésors cachés dont on découvre l’existence par hasard, à mi-chemin entre le secret enfoui sous la glace du Groenland et la légende urbaine.
Le nom donné à l’ensemble ne laisse aucun doute sur son ambition : la Perridon Collection. Et la première vidéo tournée à l’intérieur révèle un alignement de voitures presque irréel, digne d’un musée que personne n’aurait jamais visité.
On comprend vite, en découvrant le détail des modèles réunis, pourquoi ce lieu valait la peine d’être protégé aussi longtemps. Un peu comme certains constructeurs préfèrent parfois garder le silence sur leurs difficultés, Michel Perridon avait choisi la discrétion absolue.
32 Bugatti, un panorama complet de plus d’un siècle
Le chiffre donne le tournis : 32 Bugatti réunies sous un même toit, estimées à environ 90 millions de dollars, soit près de 83 millions d’euros. Parmi elles, 28 modèles classiques construits entre 1912 et 1947 racontent à eux seuls toute l’histoire de la marque d’avant-guerre.
On y croise une Bugatti Type 30 au châssis n°442, l’une des plus anciennes encore en circulation dans le monde. Juste à côté, une Type 35C rend hommage aux plus de 500 victoires en compétition qui ont fait la légende de Molsheim durant les années folles. Un prototype aérodynamique surnommé le « Tank » Type 32 partage l’espace avec une 57G engagée au Mans, sans oublier une rarissime Type 55, véritable graal pour tout collectionneur sérieux.
Autre pièce marquante : une Type 57 Atalante Fastback ayant appartenu à Nicolas Cage, preuve que même les stars hollywoodiennes ont succombé au mythe Bugatti. Mais la pièce la plus singulière de toute la collection reste la Bugatti Brouillard, un exemplaire unique créé sur mesure.
« Michel Perridon et moi avons développé le concept, puis nous avons demandé à Bugatti de réaliser un exemplaire unique pour lui », confie le conservateur de la collection chez Edition One Off. Une démarche qui n’est pas sans rappeler la personnalisation extrême que l’on retrouve parfois dans l’industrie automobile la plus pointue.

Bien plus qu’un garage : un musée grandeur nature
Ce qui distingue vraiment la Perridon Collection d’un simple parking de voitures de luxe, c’est son ampleur culturelle. Le lieu ne se limite pas aux carrosseries et aux moteurs : il abrite aussi du mobilier signé Carlo Bugatti, ainsi que des sculptures animalières réalisées par Rembrandt Bugatti, le frère sculpteur d’Ettore. Plus de mille pièces de souvenirs, montres et objets d’art viennent compléter cet univers hors norme.
Même la couleur emblématique de la marque a droit à son explication. Le fameux bleu Bugatti serait lié à la légende des paquets bleus de cigarettes Gauloises appréciés par Barbara Bugatti. Une anecdote qui donne tout son sens à ce garage surnommé bleu France, presque comme une capsule temporelle dédiée à un siècle entier d’histoire automobile française.
Un projet baptisé Perridon Experience doit théoriquement permettre, un jour, d’ouvrir ces trésors au grand public. Mais aucune date n’a encore été communiquée par l’équipe de Michel Perridon. En attendant, cette collection reste presque exclusivement réservée à quelques initiés, un peu comme certains lieux insolites qui ne dévoilent leur véritable histoire qu’au compte-gouttes, à l’image de ces cabanes parisiennes centenaires longtemps ignorées du public.
Un garage anonyme à Rotterdam, 90 millions de dollars de patrimoine automobile, et un secret gardé pendant des années : voilà le genre d’histoire qui redéfinit ce qu’on croyait savoir des grandes collections mondiales. Reste une question qui titille forcément les passionnés : combien d’autres trésors similaires dorment encore, invisibles, derrière des portes tout aussi anonymes ?