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Ce robot Xiaomi visse déjà 98 % des écrous d’une voiture, et Lei Jun promet la suite sous 5 ans

Publié par Elodie le 21 Juil 2026 à 16:34
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Dans une usine à Pékin, une machine visse des boulons toute la journée, sans pause, sans se plaindre. Rien de neuf jusqu’ici. Sauf que cette fois, la machine a une forme humaine, deux bras, deux jambes, et elle progresse à une vitesse qui fait tourner des têtes chez les ingénieurs comme chez les syndicats. Xiaomi vient de franchir un cap technique que peu attendaient si tôt.

Un robot humanoïde infiltre déjà les chaînes de montage

Xiaomi teste actuellement des robots humanoïdes dans son usine de véhicules électriques de Pékin. Le modèle utilisé s’appelle CyberOne, un robot de 52 kilos présenté pour la première fois en 2022. Sa mission : installer des écrous sur le plancher des voitures, une tâche qui paraît simple mais qui cache une vraie complexité mécanique.

Le robot doit s’aligner sur des pions de centrage, composer avec des différences de cannelures internes et contrer des forces magnétiques qui perturbent la prise sur un écrou autotaraudeur. Une opération délicate à répéter sans relâche, au rythme de la chaîne : une voiture sort toutes les 76 secondes de la ligne de production.

Cette cadence rappelle à quel point l’industrie automobile mise sur l’automatisation, un mouvement qu’on observe déjà ailleurs, comme dans ces expérimentations suisses que la SNCF observe de près. Xiaomi n’improvise pas : le groupe multiplie les tests avant un déploiement massif, un peu comme ce robot de compagnie humanoïde qui s’arrache déjà en précommande.

De 90 % à 98 % de réussite en quatre mois

Au démarrage, CyberOne ne réussissait que 90,2 % de ses poses d’écrous. Concrètement, presque dix vis mal serrées sur cent, un score qui aurait fait tiquer n’importe quel contrôleur qualité. Après quatre mois de réglages successifs, le robot n’en rate désormais plus que deux sur cent.

Ce taux de 98 % rapproche ses performances de celles d’un ouvrier humain, à un point d’écart seulement, selon les explications rapportées par Les Numériques. Le calcul reste simple : on rapporte le nombre de poses réussies au nombre total de tentatives. Mais ce chiffre flatteur ne concerne qu’une seule tâche, la plus mécanique de toutes.

Car sur le terrain, CyberOne s’attaque aussi à deux missions bien plus casse-tête : le tri des panneaux latéraux de la console centrale et le pliage des caisses. Là, le taux de réussite retombe à neuf sur dix. La raison est presque poétique : contrairement à un écrou toujours identique, ces pièces souples changent légèrement de forme à chaque manipulation, un peu comme si le robot devait réapprendre son geste à chaque fois.

Cinq ans avant les vrais remplacements, selon le fondateur

Le tri des panneaux marque tout de même une première mondiale : jamais un robot humanoïde n’avait manipulé des pièces flexibles aussi longtemps dans une usine automobile. Une prouesse technique, mais pas encore une autonomie totale. Le robot reste sous surveillance humaine permanente, et l’usine de Pékin ne fonctionne pas seule pour autant.

Environ 700 robots automatisés tiennent déjà la cadence sur ce site, où sortent aussi les berlines SU7 et les SUV YU7, deux modèles très demandés dont les délais de livraison s’allongent. C’est justement cette pression commerciale qui pousse Xiaomi à densifier sa production coûte que coûte.

Le fondateur du groupe, Lei Jun, a d’ailleurs prévenu que certaines tâches humaines seraient remplacées par des robots d’ici cinq ans. Les postes reposant sur des gestes répétitifs seraient les premiers concernés, une annonce qui inquiète déjà les syndicats dans les pays où ils peuvent s’exprimer librement.

Un scénario qui rappelle d’autres bouleversements technologiques, comme ces métiers censés survivre à l’intelligence artificielle selon Bill Gates, ou encore ces travailleuses payées pour entraîner les robots de demain.

Le prochain défi de Xiaomi : faire travailler plusieurs robots humanoïdes ensemble sur une même ligne sans créer de bouchon au moindre retard. Renault teste déjà son propre robot, baptisé Calvin, à Douai, et General Motors a installé une cinquantaine de robots collaboratifs à Détroit. Personne, pour l’instant, ne sait combien de postes seront vraiment concernés.

Deux points de progression en quatre mois, ça paraît anodin. Mais dans une usine qui sort une voiture toutes les 76 secondes, ces deux points-là racontent une révolution silencieuse. La question n’est plus de savoir si les robots arriveront sur les chaînes, mais combien de temps il reste avant qu’ils y travaillent seuls.

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