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Radar à 150 km/h sur route limitée à 90 : amende, points, permis, tout ce que risque le conducteur

Publié par Elsa Lepic le 13 Oct 2026 à 23:34

Un radar qui flashe, un courrier qui arrive quelques jours plus tard, et cette question qui tourne en boucle : « Qu’est-ce que je risque, au juste ? » Pour un conducteur pris à 150 km/h sur une route limitée à 90, la réponse n’a rien d’anodin.

Bonne nouvelle : le barème est plus simple qu’il n’en a l’air. Il se lit par tranches. Et c’est la tranche qui décide de tout.

Le calcul qui change tout : l’excès, pas la vitesse

Premier réflexe à corriger : ce n’est pas votre vitesse brute qui compte, c’est l’écart avec la limite autorisée. À 150 km/h sur une route à 90, vous n’êtes pas « à 150 ». Vous êtes à +60 km/h.

Autre subtilité : les radars appliquent une marge technique de 5 km/h (jusqu’à 100 km/h) ou de 5 % (au-dessus). Votre vitesse retenue est donc légèrement inférieure à celle affichée sur votre compteur au moment du flash.

Résultat : sur notre exemple, la vitesse retenue tourne autour de 142 km/h, soit environ +52 km/h. Et cette petite différence de chiffres suffit à vous faire changer de catégorie. On y arrive juste après.

Du simple « coup de chaud » à la contravention de 4e classe

En dessous de +20 km/h, on reste dans la catégorie « petits excès ». C’est le plus courant, et le moins lourd. Mais attention, la limite n’est pas la même partout.

Quand la limite est supérieure à 50 km/h, un excès de moins de 20 km/h coûte 135 € d’amende forfaitaire et 1 point. En zone limitée à 50 km/h ou moins, c’est 135 € aussi, mais avec 1 point retiré dès le moindre dépassement.

Entre +20 et +50 km/h, on passe dans une autre catégorie : contravention de 4e classe, 135 € d’amende forfaitaire, 2 à 4 points en moins selon les cas et possibilité de suspension du permis allant jusqu’à trois ans. Mais le vrai basculement, il se joue plus haut.

+40, +50 km/h : le palier où la route devient un tribunal

Dépanneuse chargeant une berline sur une route départementale

Au-delà de +50 km/h, ce n’est plus une simple contravention. C’est un délit, et la procédure change complètement. Vous ne payez plus un forfait : vous êtes convoqué devant un juge.

Les sanctions encourues sont lourdes : jusqu’à 3 750 € d’amende, un retrait de 6 points et jusqu’à trois ans de suspension de permis. Le permis peut aussi être annulé avec interdiction de le repasser pendant un certain temps.

Et ce n’est pas tout. Les forces de l’ordre peuvent immobiliser le véhicule sur place et le placer en fourrière. Le permis, lui, peut être retenu immédiatement pour une suspension administrative allant jusqu’à six mois, dans l’attente de la décision du tribunal.

Le tableau qui résume tout (et qu’on aurait aimé avoir plus tôt)

Voici, tranche par tranche, ce que prévoit le barème. Les montants sont ceux de la Sécurité routière, à vérifier sur son site officiel avant toute décision.

Moins de 20 km/h de dépassement : 135 € d’amende forfaitaire, 1 point retiré (68 € en zone 50 ou moins), pas de suspension automatique.

De +20 à +30 km/h : 135 € d’amende, 2 points retirés, suspension possible.

De +30 à +40 km/h : 135 € d’amende, 3 points retirés, suspension possible.

De +40 à +50 km/h : 135 € d’amende, 4 points retirés, suspension possible jusqu’à trois ans.

Au-delà de +50 km/h : délit, jusqu’à 3 750 € d’amende, 6 points retirés, suspension ou annulation, immobilisation du véhicule et possible confiscation.

Et pour notre conducteur à 150 km/h ? Selon la vitesse retenue après marge, il tombe pile à la frontière qui sépare la contravention du délit. C’est précisément ce qui rend son cas si délicat.

Récidive, confiscation, fourrière : les mots qui font peur

Parlons de ce qui inquiète le plus. La confiscation du véhicule n’est pas automatique. Elle peut être prononcée par le juge, notamment en cas de récidive d’un grand excès de vitesse, c’est-à-dire un dépassement de 50 km/h ou plus.

La fourrière, elle, est possible dès le constat d’un excès de 50 km/h ou plus. Elle peut durer sept jours maximum, et les frais d’enlèvement et de garde sont à la charge du conducteur.

Ce qui change aussi, c’est le cumul. Plusieurs infractions en peu de temps durcissent la réponse pénale. D’ailleurs, on a vu des cas récents où quatre conducteurs flashés à plus de 150 km/h ont écopé de six mois sans permis et de sept jours de fourrière. Et ce n’est pas le plus surprenant.

Quand le permis saute en quelques minutes

Radar automatique au bord d'une route limitée à 90 km/h

Retenue immédiate du permis : c’est le scénario qui prend le plus de gens de court. Dans certains cas, l’automobiliste repart à pied, ou en taxi, avant même d’avoir vu un juge.

Un exemple parlant : un conducteur contrôlé à 125 km/h au lieu de 50 dans le Vimeu a perdu son permis en quelques minutes. Pas de longue procédure, pas de délai de grâce.

Autre situation extrême, mais révélatrice : cette BMW flashée à 161 km/h sur une départementale limitée à 80, avec un conducteur qui n’avait déjà plus de permis. Direction la fourrière, directement.

« C’était pas moi qui conduisais » : le piège de la voiture prêtée

Question qui revient tout le temps : et si la voiture n’est pas à vous ? Le titulaire de la carte grise est tenu de désigner le conducteur. À défaut, il s’expose à une amende pour non-désignation.

Cette règle piège beaucoup de monde, surtout l’été. On a d’ailleurs détaillé qui paie vraiment l’amende quand on est flashé dans la voiture d’un proche. La réponse est moins évidente qu’on ne l’imagine.

Et du côté assurance ? Prêter son véhicule à un jeune conducteur peut aussi réserver de mauvaises surprises, comme l’illustre cette voiture confiée à un fils pour l’année scolaire. La couverture n’était plus tout à fait celle qu’on croyait.

Des cas concrets pour se repérer

Chiffres abstraits, ça ne parle pas toujours. Alors voici des situations réelles, histoire de mettre des visages sur les tranches du barème.

Dans les Deux-Sèvres, quatre automobilistes ont été contrôlés à 151, 153, 162 et 168 km/h sur une route limitée à 90. Tous sont à plus de +50 km/h, donc dans le champ du délit, avec la fourrière et la suspension au bout du chemin.

Sur l’A9, un conducteur au volant d’une Audi de location a roulé à 239 km/h au lieu de 110. Le véhicule, immatriculé en Allemagne, a fini en fourrière, comme le raconte cet épisode sur l’A9.

Et puis il y a les excès qui paraissent anodins mais qui coûtent cher. Un homme a roulé à 73 km/h en zone 30 pour aller chercher les médicaments de son mari sous chimio. Les juges ont tranché sans état d’âme.

Ce que le barème ne dit pas : les circonstances aggravantes

Le barème n’est qu’une base. Le juge regarde aussi le contexte, et certains éléments font vite grimper la note. Le plus connu : l’alcool ou les stupéfiants au moment du contrôle.

Dans un cas récent en Charente-Maritime, trois conducteurs flashés à 163 et 181 km/h cachaient la même chose aux gendarmes. Les conséquences ont été nettement plus lourdes qu’un simple excès de vitesse.

Autre aggravant : l’absence de permis, un permis déjà suspendu, ou un défaut d’assurance. Chacun de ces éléments peut transformer une affaire de radar en dossier pénal complet.

Et si le permis est suspendu, qu’est-ce qui se passe vraiment ?

Conducteur inquiet tenant un avis de contravention dans sa voiture

Suspendu, ça veut dire quoi ? Vous gardez votre permis, mais vous n’avez plus le droit de conduire pendant la durée fixée. Ne pas respecter cette suspension est un délit à part entière.

La loi RIPOST ajoute une subtilité qui surprend : il est possible d’être sanctionné même sans avoir touché un volant pendant six mois, selon une condition précise. Mieux vaut la connaître avant qu’il ne soit trop tard.

Dernier conseil de bon sens : en cas de doute, un avocat spécialisé en droit routier vaut mieux que dix forums. Chaque dossier est différent, et les marges de manœuvre se jouent souvent sur des détails de procédure.

L’essentiel à retenir avant de lever le pied (ou pas)

Ce qu’il faut garder en tête : la vitesse retenue, c’est la vitesse affichée moins la marge technique. L’écart avec la limite détermine la catégorie. Et à partir de +50 km/h, on quitte la contravention pour entrer dans le délit.

Pour notre conducteur flashé à 150 km/h sur une route à 90, le scénario le plus probable est donc sévère : retrait de points important, suspension du permis, et un risque réel de fourrière. Rien d’un simple courrier à régler en ligne.

Un conseil pour finir : vérifiez toujours les montants à jour sur le site de la Sécurité routière, car les barèmes évoluent. Et si cet article vous a donné envie de mesurer jusqu’où certains peuvent aller, jetez un œil à ce record à 312 km/h sur l’A40. À côté, notre 150 paraît presque raisonnable.

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