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Sa toute première Koenigsegg Gemera à 2,7 millions d’euros retrouvée saccagée à Copenhague

Publié par Elsa Lepic le 29 Août 2026 à 8:30
Sa toute première Koenigsegg Gemera à 2,7 millions d'euros retrouvée saccagée à Copenhague

Une hypercar à plusieurs millions d’euros, garée devant l’un des plus beaux hôtels d’Europe. Et le lendemain matin : vitres explosées, rétroviseurs arrachés, carrosserie criblée d’impacts. La scène s’est jouée à Copenhague, devant l’Hôtel d’Angleterre, sur l’une des voitures les plus rares au monde. Derrière ce saccage se cache une histoire qui mêle jalousie, fiscalité extrême et une norme sociale bien connue des Scandinaves.

Une nuit de folie devant un palace 5 étoiles

Tout commence de nuit, devant l’entrée principale de l’Hôtel d’Angleterre, l’un des adresses les plus chics de Copenhague. Une voiture rouge, rare entre toutes, est garée juste devant le porche. Quelqu’un s’approche et lance plusieurs pierres, ou des briques, visant surtout le côté conducteur.

Le pare-brise cède en premier. Puis les vitres latérales explosent à leur tour, suivies des rétroviseurs arrachés. Des impacts marquent les portes et les ailes. Au petit matin, des éclats de verre jonchent encore le pavé tout autour de la carrosserie, avant qu’une bâche ne soit déployée pour dissimuler les dégâts aux passants.

Ce genre de scène rappelle d’autres affaires récentes, comme cette histoire glaçante où tout bascule en une nuit. Sauf qu’ici, l’objet du délit n’est pas anodin : il s’agit d’un modèle quasiment unique au monde, dont la valeur dépasse largement celle de la plupart des voitures neuves vendues en France.

La toute première Gemera client, une pièce à plusieurs millions

Cette voiture n’est pas une hypercar comme les autres. Il s’agit de la toute première Koenigsegg Gemera livrée à un client particulier, remise fin juin lors de l’événement The Aurora, en Suède. Le constructeur suédois n’en produira qu’environ 300 exemplaires.

Sous le capot, un V8 5,0 litres biturbo épaulé par plusieurs moteurs électriques développe une puissance cumulée d’environ 2 300 chevaux et plus de 3 000 Nm envoyés aux quatre roues. Fait rare pour une hypercar : la Gemera compte quatre places, ce qui en fait une véritable Mega-GT familiale.

Son prix catalogue avoisine 2 millions d’euros, mais peut grimper jusqu’à 3 millions de dollars selon les options, soit près de 2,7 millions d’euros.

L’exemplaire vandalisé, coloris rouge Johan Röd avec le pack Ghost, circulait depuis quelques semaines sur des plaques de concession suédoises, ayant déjà parcouru plusieurs centaines, voire près de 2 000 kilomètres à travers plusieurs villes danoises. Une réparation nécessitera probablement un retour au Gripen Atelier, l’usine Koenigsegg d’Ängelholm.

Ce niveau de rareté rappelle d’ailleurs les débats récents autour des véhicules haut de gamme immobilisés ou visés par des restrictions, comme cette interdiction inattendue dans certains parkings.

Sa toute première Koenigsegg Gemera à 2,7 millions d'euros retrouvée saccagée à Copenhague

Janteloven, taxe à 150 % : le vrai malaise danois

La question de la richesse affichée traverse toutes les discussions autour de cette affaire. Sur les réseaux, un mot revient sans cesse : la janteloven. Cette norme sociale scandinave, profondément ancrée, décourage l’étalage ostentatoire de fortune et valorise au contraire la discrétion.

Une hypercar à plusieurs millions garée devant un palace, en pleine rue, va frontalement à l’encontre de cet esprit collectif. Mais le débat ne s’arrête pas à la culture : il touche aussi le portefeuille de l’État danois.

Le pays applique en effet l’une des taxes d’immatriculation les plus élevées au monde. Au-delà de 237 400 couronnes danoises, environ 34 000 €, le taux peut grimper jusqu’à 150 %, ce qui représenterait plusieurs millions d’euros supplémentaires sur une Gemera.

Le fait que la voiture roulait encore sous plaques de concession suédoises a nourri les soupçons en ligne d’un possible contournement fiscal, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait été apportée.

La police de Copenhague a ouvert une enquête, exploite les caméras de vidéosurveillance du quartier et cherche des témoins, mais aucun suspect n’a encore été identifié.

Ce type de vandalisme n’est pas isolé : quelques jours plus tôt, une McLaren et une Lamborghini avaient été incendiées devant une salle de mariage au Royaume-Uni, sans mobile clair là non plus.

Une hypercar à 2,7 millions d’euros, une nuit, quelques pierres : il n’en faut parfois pas plus pour transformer un symbole de prouesse technique en cible. Reste une question qui plane sur toute l’affaire : simple malchance urbaine, ou message adressé à ceux qui exposent leur fortune un peu trop fort ?

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