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Il voulait une Lamborghini Aventador : le prix à l’usage le ramène vite sur terre

Publié par Elsa Lepic le 09 Oct 2026 à 23:38
Homme inquiet au volant d'une supercar orange aux portes relevées

Un V12, des portes en élytre, une silhouette vue partout sur Instagram : la Lamborghini Aventador fait rêver. En 2021, Craig, soudeur britannique, s’en offre une. Un an plus tard, son budget raconte une histoire bien moins dorée. Mensualité, carburant, assurance : on a épluché ses comptes, et un chiffre explique sa phrase choc sur son prêt immobilier.

Une Lamborghini Aventador à portée d’écran, mais à 200 000 euros minimum

Sur un téléphone, la Lamborghini Aventador a tout du rêve accessible. Une supercar V12, des portes en élytre, un bruit qui couvre tout le quartier. Sur Instagram, elle défile entre influenceurs, footballeurs et traders en costard.

Alors on regarde les annonces d’occasion, puis les simulateurs de crédit. C’est exactement ce qu’a fait Craig, soudeur britannique, selon SupercarBlondie. Il a fini par s’offrir son exemplaire en 2021 et l’a gardé un an.

Dévoilée en 2011, l’Aventador LP 700-4 est le dernier grand V12 atmosphérique de la marque. Produite jusqu’en 2022, elle a donné naissance aux versions S, SV, SVJ puis Ultimae. Neuve, elle s’affichait d’environ 370 000 à 560 000 euros.

Aujourd’hui, un bel exemplaire LP 700-4 vaut encore 200 000 à 300 000 euros en occasion. Les SV, SVJ ou Ultimae peuvent dépasser largement 500 000 euros, surtout avec peu de kilomètres. En France, le malus écologique plafonne en plus à 80 000 euros.

Pourtant, le prix d’achat n’est que l’entrée du parcours. Une revente peut aussi faire mal, comme dans l’histoire de cette Temerario payée 400 000 euros et revendue avec une lourde perte. Pour Craig, le choc est arrivé bien avant la revente : dès les premiers mois de pleins et de prélèvements.

1 350 euros par mois : comment un soudeur a financé son V12

Pour boucler son projet, Craig a d’abord fait reprendre son Audi R8. Elle lui a rapporté 68 000 euros, qui ont servi d’apport. Le reste a été financé à crédit.

Il n’est pas le seul à découvrir que ces autos se paient surtout après l’achat. Ce jeune propriétaire de Bugatti Veyron avoue lui aussi que « ça fait peur », avec 20 000 dollars d’entretien par an. Chez Craig, le budget s’est joué ailleurs.

Car il ne gardait pas sa supercar sous une bâche. Selon SupercarBlondie, il s’en servait comme beaucoup l’imaginent, y compris pour aller travailler. Avec un réservoir de 90 litres, le carburant lui coûtait 860 à 880 euros par mois.

Et il ne roulait pas toujours seul. « Tous mes amis ont conduit cette voiture tellement de fois », se souvient-il. Le mardi soir, c’était pizza entre copains, puis sortie en voiture : « On la cramait littéralement sur notre voie rapide locale pendant quelques heures ».

Côté mécanique, la bonne surprise : rien n’a cassé entre fin 2021 et 2022. Seuls le voyant d’airbag ou le témoin de gestion moteur s’allumaient parfois. L’assurance restait elle aussi étonnamment basse, autour de 980 euros.

Reste la ligne qui change tout. La mensualité atteignait 1 350 euros, partagés avec sa compagne, sans que cela la rende anodine. Craig résume : « J’étais soudeur-chaudronnier au moment où je possédais cette voiture… le financement pour ça coûtait plus cher que notre prêt immobilier ». Avec le carburant, on dépasse les 2 200 euros par mois. Et ce n’est pas encore l’addition complète.

Mains tenant factures et clé près d'un disque de frein carbone-céramique

Le vrai budget d’une Aventador : 18 000 à 34 000 euros par an

Dans cet univers, certains traquent chaque euro : un propriétaire de Bugatti Veyron a remplacé un bouton par une pièce à 2 euros pour éviter une facture de 13 000 euros. Pour l’Aventador, les ordres de grandeur sont tout aussi vertigineux.

D’après une étude américaine citée par la source, rouler en Aventador coûte entre 18 000 et 34 000 euros par an. Ce total englobe assurance, entretien, carburant, pneus, freins et taxes. Les freins carbone-céramique pèsent lourd dans la facture.

En Europe, on parle de 5 000 à 15 000 euros d’entretien annuel, plus 10 000 euros d’assurance. Craig, avec ses 980 euros d’assurance, a donc été bien loin de ces estimations. Les spécialistes conseillent aussi de garder 20 000 à 30 000 euros de côté pour un gros imprévu mécanique.

Et ces montants ne comptent pas la perte de valeur. Un exemple souvent cité montre une Aventador à 370 000 euros, gardée trois ans : environ 42 000 euros de coût de possession par an dans ce scénario précis. Rapportées à un foyer, ces sommes correspondent à des revenus d’environ 300 000 à 600 000 euros par an.

Voilà le vrai secret derrière la phrase de Craig. Pour un soudeur, un an en Aventador ressemble plus à une parenthèse qu’à un mode de vie. Une parenthèse intense, certes, mais qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Taux, cote en folie : ce que Craig dirait à ceux qui rêvent d’un V12

Avec le recul, Craig reconnaît que son timing a joué en sa faveur. « Le seul problème maintenant, ce sont les taux d’intérêt sur le financement », estime-t-il. Son avertissement tient en une phrase : « Tu paieras beaucoup plus, beaucoup plus pour la même voiture ».

Il ne cache pas non plus sa surprise devant la cote actuelle. « Quand tu regardes les prix de ces choses maintenant, la façon dont ils ont grimpé… », lâche-t-il. Selon lui, les SV et consorts « ont doublé en genre les six derniers mois ».

Autrement dit, l’Aventador a offert à Craig un an de regards écarquillés, de soirées entre amis et de souvenirs intenses. Elle lui a aussi fait traverser un an de pleins, de prélèvements et de factures. Ceux qui rêvent d’un V12 dans leur garage risquent de revoir leurs plans.

Si le but est surtout de rouler longtemps sans mauvaise surprise, il existe une autre école. Cette voiture d’occasion réputée la plus fiable, même après 20 ans, joue dans une tout autre catégorie de budget.

Et pour mesurer ce que peut vivre une voiture bien traitée, regardez cet octogénaire qui a dépassé 1,2 million de kilomètres avec la même Porsche 911.

Le rêve d’Aventador a un prix, et il se paie surtout après la signature. Craig l’a vécu un an, chiffres à l’appui et sans filtre. Pour se remettre de ces comptes, voici deux histoires de voitures qui ont tourné autrement. Savez-vous ce qui se cachait dans un conteneur scellé acheté 3 200 euros aux enchères ? Et comment un couple de 92 et 94 ans a enfin décroché la Porsche de ses 70 ans de rêve ?

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