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« Renchérir la production » : le patron de Mercedes pointe l’UE du doigt, et les voitures neuves pourraient encore coûter plus cher

Publié par Elsa Lepic le 03 Nov 2026 à 22:20
Homme inquiet devant une voiture neuve en concession

Les voitures neuves coûtent déjà bien plus cher qu’il y a quelques années. Et Bruxelles prépare une nouvelle couche de règles. Deux géants, Mercedes-Benz et Toyota, tirent la sonnette d’alarme. Reste à savoir ce que ce mot d’ordre, « Made in Europe », pourrait vraiment changer sur l’étiquette.

Des prix déjà en flammes, et un nouveau slogan qui arrive de Bruxelles

Les prix des voitures neuves se sont nettement envolés ces dernières années. En grande partie, c’est la conséquence des investissements massifs dans les technologies à faibles émissions imposées aux constructeurs.

Et pourtant, une nouvelle couche réglementaire se profile à Bruxelles. Son mot d’ordre revient dans toutes les discussions : Made in Europe.

Derrière ce slogan, l’Union européenne préparerait une stratégie industrielle visant à réserver une partie des aides publiques et des grands contrats de flottes aux modèles réellement fabriqués sur le sol européen. Le texte qui porte cette idée s’appelle l’Industrial Accelerator Act, ou loi d’accélération industrielle.

Le critère d’origine et de production servirait donc de filtre. Il conditionnerait les aides à l’achat de véhicules, mais aussi les appels d’offres des flottes publiques et d’entreprise. Pour une citadine électrique visée à moins de 15 000 €, ce genre de règle n’est pas anodin.

Jusqu’ici, un premier constructeur avait déjà donné l’alerte. Mais il n’était plus seul très longtemps.

Toyota avait prévenu, la Chine entre dans l’équation

Dans le même temps, un accord avec la Chine se préciserait. Il viserait à limiter l’importation de voitures hybrides et hybrides rechargeables. Moins de concurrence face aux véhicules européens, en somme.

Selon le texte espagnol à l’origine de ces révélations, cette réduction de la pression concurrentielle « pourrait rendre plus chers les modèles européens, étant donné qu’ils n’auraient pas autant de concurrence ». Le mécanisme est simple : moins de rivaux, moins de raisons de casser les prix.

Toyota Motor Europe a déjà exprimé un fort désaccord avec cette approche. Le groupe japonais redoute qu’elle pénalise des partenaires jugés fiables de longue date, en réservant les avantages aux seuls véhicules assemblés dans l’UE.

Face à cette logique de repli, le constructeur défend un autre concept : « Made with Europe ». L’idée : une industrie européenne forte, mais ouverte, qui intègre ces partenaires dans la chaîne de valeur.

Toyota propose même un chiffre. Viser une part importante de contenu européen, autour de 70 % en quelques années, plutôt que d’exiger tout de suite un 100 % strict. Objectif : limiter l’impact sur les coûts, donc sur le prix payé par les clients. Mais c’est un autre nom, bien plus lourd, qui vient de s’ajouter au débat.

Selon la source, c’est le patron de Mercedes-Benz lui-même qui monte désormais au créneau. Et son raisonnement est limpide.

Composants automobiles alignés sur une chaîne d'assemblage

Ola Källenius : « Ajouter des restrictions renchérirait la production »

Lors du Dialogue global de Berlin, Ola Källenius a rappelé une réalité industrielle. Il dirige Mercedes-Benz Group AG et préside aussi l’ACEA : son avis pèse lourd.

Sa phrase : « Une voiture moderne contient des milliers de composants provenant de tous les recoins du monde pour maximiser l’efficacité. Ajouter des restrictions renchérirait la production, même si cela améliore la résilience. »

Autrement dit, si l’initiative pour protéger l’industrie automobile européenne se transforme en préférence locale rigide, elle risque « de renchérir les coûts de production ». Il évoque aussi des « distorsions » dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

Pour lui, l’Europe ne peut pas devenir « une île ». Elle doit continuer de faire des affaires avec des partenaires essentiels : États-Unis, Japon, Corée du Sud, Inde, et même la Chine.

Sa solution : conclure « plus d’accords commerciaux ». Il salue au passage les efforts pour finaliser un accord longtemps retardé avec l’Amérique du Sud, et pour avancer avec l’Inde.

Le message est direct. Si l’UE applique un protectionnisme trop strict au nom du Made in Europe, le coût de fabrication continuera de grimper, et la facture suivra pour les automobilistes européens. Reste à voir ce que cela implique concrètement.

Ce que ce bras de fer pourrait changer pour votre prochain achat

À ce stade, rien n’est tranché. L’Industrial Accelerator Act est en cours de façonnage par les législateurs européens, et l’accord sur les hybrides chinois « se précise » seulement.

Le risque, tel que le décrivent Mercedes et Toyota, est double. Moins de concurrence d’un côté, des coûts de production plus élevés de l’autre. Deux leviers qui poussent dans le même sens : vers le haut.

Ces informations proviennent d’un texte espagnol relayé par la source, et les effets sur les prix restent des projections, pas des certitudes. Les constructeurs, eux, ont des intérêts à défendre : c’est un point à garder en tête.

Reste la piste que le patron de Mercedes met en avant. Plus d’accords commerciaux plutôt que moins, pour garder des chaînes d’approvisionnement ouvertes. Pour le consommateur qui hésite à acheter, la question du timing, comme pour les batteries à 1 000 km d’autonomie, devient légitime.

Ce qui est certain, c’est que les prix étaient déjà en forte hausse avant ce débat. Et pour mesurer l’état du marché, le classement des voitures les plus fiables en 2026 peut aider à choisir plus sereinement. Les prochains mois diront si Bruxelles amende son texte.

Made in Europe : un slogan qui protège l’industrie, mais que deux patrons accusent déjà de gonfler la note. Et si les prix vous inquiètent, ces voitures qui disparaissent des concessions sans que les SUV y soient pour grand-chose racontent une autre facette du marché. Quant à la radio, saviez-vous que son statut d’équipement obligatoire fait débat ?

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