Il vend sa McLaren F1 pour 1,1 million d’euros… elle en vaut désormais 23 millions

Vendre une supercar rare avec une belle plus-value, c’est le fantasme de tout collectionneur. Un voisin de Jay Leno pensait l’avoir réalisé en cédant sa McLaren F1 pour environ 1,1 million d’euros. Sauf que cette voiture vaut aujourd’hui jusqu’à vingt fois plus — et l’histoire de cette vente est devenue un cas d’école dans l’univers automobile.
Jay Leno, sa McLaren F1 et la découverte qui change tout
L’histoire commence le jour où Jay Leno s’offre enfin sa propre McLaren F1. À l’époque, la supercar britannique se négocie autour de 800 000 dollars, soit environ 730 000 euros. Même pour un collectionneur de sa trempe, la somme donne à réfléchir.
L’ancien présentateur du Tonight Show avoue avoir hésité deux semaines entières avant de craquer. Le trajet retour au volant de sa nouvelle acquisition va pourtant lui réserver une scène inattendue. Quelques maisons plus loin, une autre McLaren F1 est garée devant une allée.
Intrigué, Leno s’arrête et frappe à la porte. Il laisse un message à la femme qui ouvre : qu’on le rappelle. L’homme finit par téléphoner, et c’est là que le marché de la collection révèle sa cruauté. Quelqu’un lui avait proposé 1,3 million de dollars — environ 1,1 million d’euros — et le voisin avait accepté sans hésiter.
Sur le papier, empocher un demi-million de dollars de plus-value en un temps record semble brillant. Comme le rapporte Supercar Blondie, le voisin était persuadé d’avoir réalisé le coup du siècle. Mais la McLaren F1 n’est pas une voiture comme les autres. Et sa cote allait exploser d’une manière que personne, ou presque, n’avait anticipée.
De 1,3 million à plus de 25 millions de dollars : l’envolée vertigineuse
Les études de marché récentes situent un exemplaire routier « standard » autour de 14,7 millions de dollars, soit environ 13,6 millions d’euros. Pour les châssis les plus recherchés, les estimations grimpent entre 20 et 25 millions de dollars — jusqu’à 23 millions d’euros pour une seule voiture.
Un chiffre en particulier donne la mesure de cette ascension. Lors d’une vente RM Sotheby’s organisée à Abou Dhabi en 2025, le châssis 014 a atteint 25 317 500 dollars, environ 23 millions d’euros. C’est le record public pour une McLaren F1. Quant à l’exemplaire de Jay Leno lui-même, il serait évalué à au moins 20 millions de dollars — une offre que l’animateur aurait déjà refusée.
Ramené à la vente du voisin, le calcul est brutal. Sur une vingtaine d’années, cela représente un rendement annuel composé de l’ordre de 12 à 13 %. Chaque année écoulée depuis cette signature a creusé un peu plus le gouffre entre le prix encaissé et la valeur réelle du bolide.
Jay Leno lui-même qualifie cette vente d’erreur monumentale dans le Road To Success Podcast. Et quand on sait que seulement 64 exemplaires de route ont été produits, on comprend que chaque F1 qui change de mains fait l’événement. Le voisin, lui, a cédé un trésor roulant pour une fraction de sa valeur future. Mais pourquoi cette voiture précise a-t-elle atteint de tels sommets ?

Pourquoi la McLaren F1 est devenue le « blue chip » ultime de la collection automobile
Conçue par le légendaire ingénieur Gordon Murray au début des années 1990, la F1 repose sur une fiche technique qui impressionne encore aujourd’hui. Son V12 6,1 litres BMW S70/2 atmosphérique développe environ 618 chevaux, logé dans une coque en fibre de carbone avec le conducteur assis au centre. Trois places, zéro assistance électronique envahissante.
En 1998, elle a atteint 386,4 km/h, un record pour une voiture de série à l’époque. Cette mécanique entièrement analogique est devenue le symbole d’une ère révolue, celle où l’ingénierie pure primait sur l’électronique. Les collectionneurs en sont fous.
À cette technique hors norme s’ajoute un palmarès sportif écrasant : victoire aux 24 Heures du Mans 1995. Et surtout, une production microscopique. Toutes versions confondues, seules 106 McLaren F1 sont sorties des ateliers entre 1992 et 1998. Cette rareté absolue, combinée à une légende sportive intacte, en fait ce que les analystes appellent un « blue chip » automobile — un actif de tout premier rang dont la valeur ne cesse de grimper.
Pour le voisin de Jay Leno, le constat est implacable : sa voiture cédée pour 1,3 million de dollars pourrait aujourd’hui en valoir vingt fois plus. Un rendez-vous manqué qui résonne comme un avertissement pour quiconque détient une pièce rare sans mesurer sa trajectoire.
Dans l’univers de la collection automobile, la patience est parfois le meilleur investissement. Combien de propriétaires de supercars rares ont, eux aussi, vendu trop tôt sans le savoir ?