Peugeot revient dans le vélo en 2027 : le retour que les cyclistes n’attendaient plus

Peugeot fait du vélo depuis la fin du 19e siècle, bien avant ses premières automobiles. Puis la marque a peu à peu disparu du paysage cycliste, ballottée entre licences et rachats successifs. Aujourd’hui, un accord inédit signé jusqu’en 2042 relance toute l’histoire, et les premiers modèles viennent d’être dévoilés.
Un siècle d’histoire abandonné en cours de route
C’est aux 24 Heures du Mans 2026 que Peugeot a choisi de faire son annonce, un clin d’œil assumé puisque la marque y célébrait aussi 100 ans de présence en compétition automobile. Entre deux passages des Hypercars, dont les Peugeot 9X8, le constructeur a rappelé que son aventure cycliste avait démarré dès la fin du 19e siècle, bien avant la première voiture au lion.
Les vélos Peugeot ont connu leurs plus belles heures dans les années 1970, portés notamment par les victoires de Bernard Thévenet sur le Tour de France. Mais l’histoire s’est ensuite compliquée : en 1992, le groupe PSA cède la licence et l’usine historique de Romilly-sur-Seine au groupe espagnol BH, donnant naissance à Cycleurope. Peugeot reprend brièvement la main en 2004, avant de confier à nouveau la production à Cycleurope fin 2010. Un parcours en dents de scie qui rappelle d’autres histoires de véhicules adorés ayant disparu des concessions. En 2024, les difficultés financières de Cycleurope ont bien failli emporter définitivement Peugeot Cycles, comme un symbole de plus dans un secteur du deux-roues électrique en pleine mutation.
Le sauvetage vient d’un groupe qu’on n’attendait pas
C’est finalement le groupe français Rebirth, déjà propriétaire de Matra et Solex, qui a racheté Cycleurope France in extremis. Le groupe compte aussi Gitane, Cowboy et Angel dans son portefeuille, et vient de signer avec Peugeot un accord courant jusqu’en 2042 pour reprendre en main la branche vélo. Un engagement long terme qui tranche avec les ruptures de licences des décennies précédentes.
Le PDG du groupe, Grégory Trébaol, veut « que chaque marque ait sa personnalité propre au sein du groupe. Avec Peugeot, nous allons respecter l’histoire et faire des vélos de caractère, même quand ils sont utilitaires, et des vélos sportifs. » Pour incarner ce renouveau, Rebirth a engagé Vincent Ancelin, figure connue du cyclisme français, pour piloter Peugeot Cycles. Un pari qui rappelle d’autres relances industrielles audacieuses, comme celle du V6 hybride ressuscité par Renault ou les supercars électriques qui bousculent les codes établis.
Trois vélos déjà prêts, et un détail qui parle aux automobilistes

Selon Vincent Ancelin, « à ce stade, les délais étaient trop courts et ce ne sont pas encore des développements propres, mais des châssis sélectionnés chez les meilleurs sous-traitants de Rebirth. Par contre, nous commençons déjà le travail pour proposer rapidement des vélos de notre conception. » Trois modèles couvrent déjà les segments visés par la marque : route, gravel et VTT.
Le premier e-VTT mise sur un châssis alu simple, épaulé par le moteur Avinox M2S et sa batterie de 800 Wh. Clin d’œil malin à l’univers automobile, un accessoire permettra de recharger ce vélo à assistance électrique directement depuis la batterie d’une voiture électrique, un peu à la manière des solutions imaginées autour de l’autonomie des batteries automobiles.
Le gravel adopte un châssis carbone polyvalent, à la fois racé et pratique, avec boîte à gants intégrée et multiples points d’ancrage pour le bikepacking. Le modèle route, enfin, affiche des lignes élégantes qui tranchent avec l’aspect utilitaire souvent associé au vélo du quotidien. Peugeot vise un premier retour commercial fin 2026 ou début 2027, avant une montée en puissance progressive. Plus d’informations sont disponibles sur le site officiel de Peugeot Cycles.
Un siècle après ses premiers vélos, Peugeot referme la parenthèse et repart sur la route, le gravel et les sentiers. Reste à voir si le lion saura retrouver, sur deux roues, l’aura qu’il a mis des décennies à construire sur quatre.