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Voler un SUV sans clé en moins d’une minute : ce classement révèle les marques vraiment vulnérables

Publié par Elsa Lepic le 29 Août 2026 à 8:30
Main tenant une clé de voiture près d'un SUV

Vous pensiez que votre SUV dernier cri était intouchable grâce à sa carte mains libres ? Détrompez-vous. Un simple boîtier électronique, vendu quelques dizaines d’euros sur internet, suffit à ouvrir la portière et parfois même à démarrer le moteur, sans que le voleur ait jamais touché la clé. Une étude massive menée sur dix ans vient de dévoiler quelles marques protègent vraiment leurs clients, et la surprise est de taille.

Un système censé simplifier la vie devenu une porte grande ouverte

L’accès et le démarrage sans clé équipent désormais la quasi-totalité des véhicules neufs. Le principe séduit : la voiture détecte la présence de la clé dans la poche du conducteur et déverrouille automatiquement les portières. Pratique, oui. Mais ce confort a un revers que les automobilistes découvrent souvent trop tard.

L’ADAC, l’équivalent allemand de notre Automobile Club, a passé au crible 850 véhicules sur une décennie. Le constat est sans appel : près de la moitié des modèles testés peuvent être déverrouillés grâce à un signal radio étendu, capté et relayé à distance. Dans environ un tiers des cas, les voleurs sont même parvenus à démarrer le moteur, sans que la clé électronique se trouve physiquement dans l’habitacle.

La technique, appelée attaque par relais, ne nécessite aucune effraction visible. Deux complices suffisent : l’un capte le signal de la clé restée près de la porte d’entrée, l’autre le retransmet vers la voiture garée dans la rue ou l’allée. Résultat, la voiture croit que sa clé est juste à côté d’elle. Ce phénomène, déjà évoqué dans plusieurs enquêtes sur le budget automobile des Français, inquiète autant les particuliers que les assureurs.

Seulement 20 % des modèles jugés vraiment sûrs

Le chiffre fait grincer des dents chez les constructeurs. Sur l’ensemble des 850 véhicules examinés, seuls 20 %, soit une voiture sur cinq, présentent un niveau de sécurité que l’ADAC juge satisfaisant. L’association allemande n’a pas mâché ses mots, qualifiant ces résultats d’« inacceptables ».

Le classement dresse une liste précise des bons et des mauvais élèves. Du côté des marques bien notées figurent Dacia, Ford, Hyundai, Kia, Lexus, Mazda, Nissan, Peugeot, Polestar, Porsche, Renault, Seat, Toyota et Volvo. À l’inverse, des marques comme Alfa Romeo, Alpine, BYD, Chevrolet, Fiat, Honda, Jeep, MG ou Opel se retrouvent épinglées pour des failles avérées, selon les détails rapportés par L’Automobile Magazine.

Le détail le plus troublant concerne un seul et même groupe automobile. Peugeot décroche une place enviable parmi les marques les mieux protégées, tandis que DS Automobiles, sa cousine haut de gamme fabriquée par le même constructeur, se retrouve reléguée dans la liste des modèles vulnérables.

Deux voitures nées de la même chaîne industrielle, deux niveaux de sécurité radicalement différents. De quoi laisser perplexes les acheteurs qui pensaient payer plus cher pour plus de protection, un peu comme ceux qui scrutent aujourd’hui les écarts de prix entre grandes marques sans toujours comprendre la logique.

Visage inquiet observant sa voiture garée la nuit

La solution existe depuis longtemps, mais personne ne l’impose

Le plus frustrant dans cette histoire ? Le problème n’a rien d’une découverte récente. Il est identifié depuis plus de 15 ans, depuis l’arrivée sur le marché des tout premiers modèles grand public équipés de l’accès sans clé. En attendant une réaction générale des constructeurs, une parade artisanale s’est répandue chez les propriétaires méfiants : ranger sa clé dans une boîte de Faraday, parfois bricolée maison, pour bloquer toute captation du signal depuis l’extérieur du domicile.

Une réponse technologique bien plus fiable existe pourtant déjà. Certaines marques ont adopté le protocole Ultra Wideband, ou UWB, qui mesure le temps exact que met le signal pour parcourir la distance entre la clé et le véhicule. Cette précision au centimètre près permet de repérer instantanément un relais posé par des voleurs, contrairement au protocole classique dit narrowband, encore largement utilisé mais nettement moins résistant à ce type d’attaque.

Face à ce constat, l’ADAC appelle « tous les constructeurs automobiles à mettre en œuvre des mesures de sécurité modernes pour les systèmes d’accès sans clé ».

L’argument financier balaie d’ailleurs toute excuse : selon l’association, cette technologie éprouvée « peut être installée à un coût supplémentaire minime », et le vol de véhicule par relais radio « peut être facilement résolu ».

En attendant que l’industrie bouge, l’ADAC recommande aux futurs acheteurs de se renseigner systématiquement sur la présence de l’UWB avant tout achat, et de se méfier en cas de doute.

Un SUV rempli de technologie ne vaut rien face à un boîtier à 30 euros s’il tourne encore avec un protocole d’un autre temps. La véritable sécurité ne se joue plus sur le nombre d’airbags, mais sur la puce cachée derrière votre poignée de porte. Et vous, savez-vous quel protocole équipe réellement votre voiture ?

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