Ce SUV Xiaomi promet 1 700 km d’autonomie et coûte 2 fois moins cher qu’un Audi Q7

Un SUV familial gabarit Audi Q7, une autonomie qui ridiculise les gros diesels, et un prix proche d’une simple compacte bien équipée. Xiaomi frappe fort avec ses nouveaux modèles. En Chine, les précommandes s’arrachent déjà par dizaines de milliers. Reste à comprendre ce qui rend ces véhicules si redoutables pour les constructeurs européens.
Deux mastodontes qui jouent dans la cour des grands
Après ses berlines SU7 et YU7, Xiaomi attaque un nouveau segment : celui des SUV hybrides à autonomie prolongée. Objectif affiché : séduire les familles qui roulent beaucoup sans sacrifier le confort. Un positionnement qui rappelle d’ailleurs les débats actuels sur les hybrides rechargeables et leur pollution réelle.
Le Skynomad N90 mesure environ 5,28 mètres, un vrai format « full size ». Le N70, lui, tourne autour de cinq mètres, dans la zone d’un Audi Q7. Toit haut, lignes carrées façon Range Rover Velar, hayon presque vertical : tout est pensé pour maximiser le volume intérieur.
Présenté en Chine, le N90 Max propose sept places, un toit relevable en 30 secondes et jusqu’à 1 705 km d’autonomie combinée. De quoi rivaliser avec certains SUV thermiques, un argument qui pourrait aussi intéresser ceux qui suivent l’évolution des motorisations électrifiées chez les constructeurs premium.
Un prix qui divise par deux la concurrence chinoise
Le choc arrive sur l’étiquette. Selon les chiffres rapportés par Auto Bild, le Skynomad N70 démarre à 209 900 yuans, soit environ 26 905 €, alors qu’il était d’abord annoncé bien plus cher. Le N90 débute lui à 299 900 yuans, environ 38 550 €.
Résultat : près de 100 000 exemplaires auraient été précommandés en une semaine en Chine, selon CarNewsChina cité par Auto Bild. En comparaison, un Audi Q7 démarre à 87 900 € en Allemagne. Même les concurrents chinois comme le Li Auto L9 ou l’Aito M9 dépassent les 58 000 €, soit plus du double du N70.
Techniquement, Xiaomi mise sur la technologie EREV (Extended-Range Electric Vehicle) : les roues sont entraînées uniquement par des moteurs électriques, un petit moteur essence 1,5 litre servant juste de générateur.
Une approche qui contraste avec les fluctuations récentes des prix du carburant en France, quand le litre repasse au-dessus de 2 euros dans certaines régions.
La puissance totale atteint environ 422 ch, avec jusqu’à 500 km en mode 100 % électrique et une garantie de 8 ans ou 160 000 km sur la chaîne de traction, de quoi rassurer les gros rouleurs qui hésitent encore avant d’investir dans un achat conséquent.

Le vrai piège : ce qui se cache derrière l’habitacle modulable
Sur la plateforme technique baptisée Kunlun, le plancher est totalement plat et les rails de sièges très longs. Résultat : cinq ou sept places selon la version, deuxième rangée coulissante, dossiers qui s’effacent pour libérer un immense coffre, et sièges avant capables de pivoter à 180 degrés.
Xiaomi montre déjà des scénarios de camping, banquettes transformées en lit, table intégrée, rangements multiples. L’ambiance embarquée mise sur de grands écrans, la recharge sans fil, des sièges massants ventilés, et des aides à la conduite épaulées par des processeurs Nvidia et des capteurs Lidar.
Mais le vrai enjeu se joue ailleurs : pour l’instant, ces SUV restent réservés au marché chinois, avec des livraisons prévues dès septembre 2026. Xiaomi vise ensuite l’Europe, en commençant par ses berlines dès 2027. Les Skynomad pourraient suivre, avec des tarifs autour de 80 000 € une fois taxes et droits d’importation appliqués — un montant qui reste malgré tout inférieur aux Audi Q7 et Q9, comme le note le média allemand cité plus haut.
Même taxé, même importé, ce SUV chinois pourrait donc rester moins cher qu’un modèle allemand équivalent, tout en offrant plus d’autonomie. De quoi mettre une sérieuse pression sur le marché premium européen. Reste à voir si les automobilistes français seront prêts à sauter le pas d’ici 2027.