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19 juin : le jour où un esclave est devenu libre à coups de canon… et où Blaise Pascal a inventé la première calculatrice

Publié par Claire le 18 Juin 2026 à 20:02

Libération d’esclaves, invention révolutionnaire d’un prodige de 19 ans, naissance d’une impératrice et d’une légende du cinéma d’action… Le 19 juin concentre des événements qui ont redessiné le monde. Certains sont célébrés chaque année, d’autres ont été oubliés à tort.

250 000 esclaves apprennent qu’ils sont libres… deux ans après la loi

Le 19 juin 1865, le général de l’Union Gordon Granger débarque à Galveston, au Texas, avec 2 000 soldats fédéraux. Il lit l’Ordre général n°3 devant la population : tous les esclaves sont désormais libres. Le problème, c’est que le président Lincoln avait signé la Proclamation d’émancipation le 1er janvier 1863.

Scène historique de la proclamation de liberté des esclaves à Galveston en 1865

Pendant deux ans et demi, les propriétaires texans avaient tout simplement caché la nouvelle à leurs esclaves. Le Texas, isolé géographiquement et peu touché par les combats, avait fait comme si la loi n’existait pas.

Ce jour est devenu le « Juneteenth », contraction de « June » et « nineteenth ». En 2021, le président Biden l’a officiellement déclaré jour férié fédéral aux États-Unis. C’est la première nouvelle fête nationale américaine depuis Martin Luther King Day en 1983.

Un détail souvent oublié : certains anciens esclaves, en apprenant la nouvelle, ont marché pendant des semaines vers le Nord. Beaucoup n’avaient aucune idée de ce à quoi ressemblait la liberté concrètement — ni où aller, ni comment manger. Mais cette date reste l’une des plus symboliques de l’histoire des droits civiques, bien avant les combats du XXe siècle.

Un adolescent de 19 ans construit la première machine à calculer

En 1623, Blaise Pascal naît à Clermont-Ferrand. Mais c’est un autre 19 juin qui nous intéresse : celui de 1642, quand Pascal, à peine âgé de 19 ans, présente sa « Pascaline ». Cette machine mécanique est capable d’additionner et de soustraire des nombres de six chiffres grâce à un système d’engrenages.

La Pascaline, première machine à calculer inventée par Blaise Pascal en 1642

Pascal l’a inventée pour une raison très concrète : aider son père, nommé commissaire pour la levée des impôts en Haute-Normandie. Étienne Pascal croulait sous les calculs fiscaux et son fils a décidé de lui simplifier la vie.

Le jeune prodige a fabriqué une cinquantaine de prototypes avant d’obtenir un modèle fonctionnel. Seuls neuf exemplaires ont survécu jusqu’à aujourd’hui, dont plusieurs sont conservés au musée des Arts et Métiers à Paris. La Pascaline est considérée comme l’ancêtre direct de nos ordinateurs modernes.

Ce qui frappe, c’est l’âge de Pascal. À 19 ans, il pose les bases de l’informatique mécanique, trois siècles avant les premiers ordinateurs électroniques. Il mourra à 39 ans, laissant derrière lui des contributions en mathématiques, physique et philosophie qui remplissent des bibliothèques entières.

Quand une impératrice a changé le destin de l’Inde

Le 19 juin 1861, un événement moins connu mais capital se produit en Inde. La reine Victoria promulgue les Indian Councils Act, réformant profondément la gouvernance du sous-continent. Ces lois intègrent pour la première fois des Indiens dans les conseils législatifs du vice-roi.

Cette décision fait suite à la violente révolte des Cipayes de 1857, qui avait ébranlé la domination britannique. Plutôt que de durcir la répression, Londres choisit de donner un semblant de représentation aux élites indiennes. C’est un calcul politique, pas un geste de générosité.

Pourtant, ce premier pas a déclenché un engrenage imprévu. Les Indiens éduqués qui ont siégé dans ces conseils y ont appris les mécanismes du pouvoir colonial. Moins de 30 ans plus tard, ils fondaient le Congrès national indien, matrice du mouvement d’indépendance mené par Gandhi. L’outil de contrôle est devenu l’arme de la libération.

Le Rosenberg : une exécution qui a divisé le monde en deux

Le 19 juin 1953, Julius et Ethel Rosenberg sont exécutés sur la chaise électrique à la prison de Sing Sing, dans l’État de New York. Ils sont reconnus coupables d’avoir transmis des secrets nucléaires à l’Union soviétique.

L’affaire a provoqué un séisme international. En France, Jean-Paul Sartre a qualifié l’exécution de « lynchage légal ». Le pape Pie XII lui-même avait demandé la clémence. Des manifestations ont éclaté dans des dizaines de capitales, de Paris à Sydney.

Ce qui rend cette affaire fascinante, c’est son ambiguïté persistante. Les archives soviétiques déclassifiées après la guerre froide ont confirmé que Julius était bien un espion. Mais pour Ethel, les preuves restent fragiles. Son propre frère, David Greenglass, a avoué en 2001 avoir menti sous serment pour la faire condamner.

Les Rosenberg restent le seul couple américain exécuté pour espionnage en temps de paix. Leurs deux fils, orphelins à 6 et 10 ans, ont passé des décennies à tenter de réhabiliter leur mère. Une bataille juridique qui n’est toujours pas terminée, comme d’autres combats emblématiques de la guerre froide.

Le jour où le Koweït est devenu libre… pour 30 ans

Le 19 juin 1961, le Koweït proclame son indépendance après 62 ans de protectorat britannique. Le cheikh Abdallah III signe un accord amiable avec Londres. Pas de guerre, pas de révolution : une simple poignée de main diplomatique.

Cette indépendance en douceur cache une ironie cruelle. À peine six jours plus tard, l’Irak revendique le territoire koweïtien comme sien. Le Premier ministre irakien Abdel Karim Kassem affirme que le Koweït est une province irakienne. Les troupes britanniques reviennent en urgence pour protéger le petit émirat.

Trente ans plus tard, Saddam Hussein réalisera la menace de Kassem en envahissant le Koweït en août 1990, déclenchant la guerre du Golfe. Le pays le plus riche par habitant au monde a passé une bonne partie de son existence indépendante à craindre son voisin géant.

Des naissances qui ont marqué la culture mondiale

Le 19 juin 1978, Zoe Saldaña voit le jour à Passaic, dans le New Jersey. Cette actrice d’origine dominicaine et portoricaine détient un record que peu connaissent : elle est la seule à avoir joué dans trois franchises ayant dépassé les 2 milliards de dollars au box-office — Avatar, Avengers et Guardians of the Galaxy.

Cinq ans plus tôt, en 1973, Jean Dujardin naît à Rueil-Malmaison. Avant de décrocher l’Oscar du meilleur acteur en 2012 pour The Artist, il a été refusé au cours Florent. Son personnage de Brice de Nice, qu’il a créé dans un one-man-show, lui collera à la peau pendant des années avant que le cinéma français le prenne enfin au sérieux.

Autre naissance marquante un 19 juin : en 1947, Salman Rushdie voit le jour à Bombay. L’auteur des Versets sataniques vivra 33 ans sous le coup d’une fatwa de mort prononcée par l’ayatollah Khomeini. En août 2022, il est poignardé lors d’une conférence à New York. Il survit mais perd l’usage d’un œil.

L’anecdote que personne ne raconte sur cette date

Le 19 juin 1846, un match de baseball est joué pour la première fois selon des règles écrites et codifiées. À Hoboken, dans le New Jersey, les New York Nine affrontent les Knickerbockers. Le score final : 23 à 1. Une humiliation pour les Knickerbockers, qui avaient pourtant rédigé les fameuses règles.

Alexander Cartwright, l’homme derrière ces règles, avait fixé les bases du jeu tel qu’on le connaît : neuf joueurs par équipe, trois retraits par manche, distance entre les bases. Pendant un siècle, l’histoire a attribué l’invention du baseball à Abner Doubleday. Cette légende a été démontée en 1953 par le Congrès américain, qui a officiellement reconnu Cartwright comme le vrai père du sport national.

Le détail savoureux : Cartwright a ensuite traversé les États-Unis pendant la ruée vers l’or, enseignant le baseball dans chaque ville-étape. Il a littéralement semé le jeu le long de la piste de l’Oregon. Sans cette manie de prosélyte sportif, le baseball ne serait peut-être jamais devenu le passe-temps national américain.

Du Texas à Galveston en passant par Clermont-Ferrand et Sing Sing, le 19 juin prouve qu’une seule journée peut concentrer des siècles d’injustice, de génie et de hasards. Si tu veux découvrir ce qui s’est passé la veille, jette un œil à l’éphéméride du 18 juin.

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