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Opéré de l’appendicite à 17 ans, il attend 2 ans avant qu’on trouve l’agrafe oubliée dans son ventre

Publié par Cassandre le 30 Sep 2026 à 15:22
Jeune homme assis aux urgences, main sur le ventre

Une appendicectomie, c’est l’opération la plus banale qui soit. On entre à l’hôpital, on ressort quelques jours plus tard, on n’y pense plus. Pour ce jeune Italien, l’histoire a duré deux ans de douleurs, de fausses pistes et de retours à la maison avec des antalgiques. Et la cause, selon les experts, tenait en un petit objet métallique dont personne n’a parlé pendant vingt-quatre mois.

Une opération de routine à Manduria qui tourne au calvaire

Tout commence en 2019, à l’hôpital Giannuzzi de Manduria, dans les Pouilles. Le patient a alors 17 ans. Il est opéré de l’appendicite, un acte que les chirurgiens réalisent par milliers.

Selon Radio Citadella, qui rapporte l’affaire, l’intervention ne se passe pas comme prévu. Une agrafe chirurgicale serait restée dans son abdomen. Personne ne s’en serait aperçu sur le moment.

Le jeune homme rentre chez lui. Puis les douleurs arrivent. Des crises abdominales violentes, répétées, qui ne ressemblent pas à une simple convalescence.

Ce genre de situation rappelle d’autres dossiers du même type, comme celui de cette adolescente opérée par erreur dans le Pas-de-Calais. Dans les deux cas, une intervention présentée comme ordinaire laisse des traces bien au-delà du bloc.

Reste une question : comment un patient qui souffre autant peut-il passer entre les mailles pendant si longtemps ?

Six passages aux urgences, trois hôpitaux, aucune réponse

Pendant vingt-quatre mois, le quotidien du jeune homme devient un enfer. Il se rend à six reprises aux urgences, dans trois établissements différents : Manduria, Grottaglie et Tarente.

À chaque fois, le scénario se répète. Les médecins l’examinent, ne trouvent pas l’origine du mal, et le renvoient chez lui avec de simples analgésiques. Six fois, la porte s’est refermée sans diagnostic.

On imagine la lassitude. Un adolescent, puis un jeune adulte, qui sait que quelque chose ne va pas dans son corps et à qui l’on répond, en substance, de prendre un cachet.

La suite de son parcours est une leçon sur l’insistance des patients. Sur ce sujet, ces réflexes gratuits pour se protéger d’une erreur de diagnostic montrent à quel point un deuxième regard peut changer une trajectoire.

Le tournant arrive le 10 août 2021. Ce jour-là, le jeune homme passe un scanner avec injection de produit de contraste. L’imagerie fait apparaître une masse cylindrique métallique dans son ventre : l’agrafe chirurgicale oubliée deux ans plus tôt.

Une seconde opération, en urgence, devient nécessaire pour l’extraire. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire, loin de là.

Agrafe chirurgicale métallique posée sur un champ opératoire vert

Adhérences, métier perdu : ce que l’expertise a établi

Après l’erreur de diagnostic dont d’autres patients italiens ont été victimes, ce dossier ajoute un volet judiciaire précis : une expertise technique a été menée.

Ses conclusions sont sans appel. Le rapport met en évidence « l’imprudence et la négligence du personnel médical », ainsi qu’une « violation des règles déontologiques ».

Les experts confirment aussi le « lien de causalité entre la prestation de soins et le préjudice subi par le patient ». Autrement dit, les séquelles découlent bien de l’agrafe oubliée.

Ces séquelles sont lourdes. À cause du morceau de métal, des bandes de tissu cicatriciel anormales, appelées adhérences, se sont formées dans son ventre. Elles relient des organes entre eux et provoquent de vives douleurs.

Le préjudice est aussi professionnel. Le jeune homme, désormais majeur, ne peut plus exercer le métier de serveur. Il a également dû abandonner son travail de maître-chien à la Protection civile.

Deux années de souffrance, donc, et une vie active amputée. Reste à savoir ce que la justice en fera.

50 000 euros réclamés : ce que la procédure peut changer

Son avocat, Me Fabrizio Del Vecchio, a engagé une procédure contre l’Agence de santé locale. Il demande 50 000 euros de réparation pour les préjudices physiques, moraux et professionnels.

D’après la source, les faits remontent à 2019 et la demande est portée aujourd’hui. Aucune décision ni réponse de l’Agence de santé n’est mentionnée à ce stade.

Ce type de procédure s’appuie en général sur l’expertise technique, ici favorable au patient. C’est elle qui donne du poids au dossier, puisqu’elle établit la faute et le lien avec les séquelles.

D’autres affaires montrent que les montants peuvent être très différents selon la gravité des préjudices. Une patiente réveillée sans vessie après une opération a ainsi obtenu une indemnisation de 12 millions d’euros.

Et l’oubli d’un objet dans un corps n’est pas le seul type d’erreur qui revient. Dans un autre dossier, un chirurgien s’est trompé d’organe, avec une issue dramatique.

Dans l’affaire de Manduria, le prochain temps sera celui de la réponse de l’Agence de santé. C’est elle qu’il faudra surveiller.

Une agrafe, deux ans, six renvois : voilà ce que coûte parfois l’absence d’une question posée au bon moment. Et si vous pensiez que l’erreur médicale se limitait au bloc, ce diagnostic posé à tort chez une jeune femme de 40 ans vous fera changer d’avis. Et pour comprendre jusqu’où peut aller la défiance envers un praticien, l’enquête sur ce neurochirurgien accusé par 200 patients pose une tout autre question.

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