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« Je voudrais juste qu’elle soit là » : diagnostiquée à tort avec des hémorroïdes, elle meurt à 40 ans d’un cancer

Publié par Cassandre le 24 Juil 2026 à 10:51

« Je préférerais être pauvre et qu’Helen soit encore là. » Cette phrase, Darren Rosheski la répète depuis cinq ans. Sa compagne est morte d’un cancer que des médecins ont longtemps pris pour de simples hémorroïdes.

L’histoire commence fin 2016, en Angleterre. Helen Dutton a 35 ans, une vie de famille, et des symptômes qui l’inquiètent. Elle va voir un généraliste, comme n’importe qui l’aurait fait.

Femme inquiète en salle d'attente chez le médecin

Un diagnostic posé sans le moindre examen

Douleurs dans le dos, sang dans les selles, transit qui change du tout au tout. Helen Dutton décrit ces symptômes à son médecin, qui tranche rapidement : syndrome de l’intestin irritable et hémorroïdes.

Aucun examen complémentaire n’est prescrit. Pas de prise de sang poussée, pas d’imagerie, pas de coloscopie. Le dossier se referme sur ce verdict, et Helen rentre chez elle rassurée.

Deux ans passent. Deux années pendant lesquelles la maladie, elle, ne s’arrête pas.

Ce que la médecine découvre trop tard

En janvier 2019, Helen consulte de nouveau. Cette fois, le médecin ordonne une série complète d’examens : scanner, IRM, coloscopie.

Le verdict tombe et il est brutal. Cancer du rectum de stade 4, déjà métastasé. Trois ans après les premiers symptômes, la maladie a eu tout le temps de progresser silencieusement.

« La présence de sang dans les selles, c’est grave non ? », lâche aujourd’hui Darren Rosheski, encore incrédule face à cette omission initiale.

Bureau de médecin avec dossier médical fermé

Un signal que l’Institut national du cancer connaît bien

Le sang dans les selles fait partie des symptômes classiques évoquant un cancer colorectal, rappelle l’Institut national du cancer. D’autres signes doivent alerter : alternance diarrhée-constipation, sensation persistante de besoin d’aller à la selle, douleurs anales.

Ce n’est pas un cas isolé. Plusieurs signes silencieux de ce cancer passent régulièrement inaperçus, y compris chez des médecins expérimentés.

Certains patients découvrent la maladie encore plus tard. D’autres diagnostics ratés montrent le même scénario : des symptômes pris pour autre chose, un cancer qui progresse pendant ce temps.

Un espoir de rémission, puis la rechute

Après le diagnostic, Helen Dutton se bat. Chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie : le protocole est lourd, mais il fonctionne un temps.

En juin 2020, elle est déclarée en rémission. La famille respire enfin, après des mois d’angoisse et de traitements éprouvants.

Deux mois plus tard, la maladie revient. Helen Dutton décède en août 2021, à 40 ans, laissant derrière elle sa fille et son compagnon.

Homme seul tenant un cadre photo au crépuscule

Une indemnisation qui ne répare rien

Après le décès de sa compagne, Darren Rosheski engage une procédure contre le NHS, le système de santé public britannique. Un accord financier est trouvé à l’amiable en janvier dernier.

Le montant exact n’a pas été révélé. Le NHS n’a reconnu aucune responsabilité officielle dans cette affaire, malgré l’indemnisation versée.

« Je me fiche des compensations. Je voudrais juste qu’elle soit là maintenant », confie Darren Rosheski au Guardian. Depuis la mort d’Helen, il souffre d’un syndrome de stress post-traumatique et n’a travaillé qu’un mois en cinq ans.

Un problème bien plus large que ce seul dossier

Ce cas n’est malheureusement pas isolé au Royaume-Uni. Le NHS a versé près de 190 millions de livres sterling, soit environ 220 millions d’euros, en cinq ans pour régler 870 dossiers liés à des erreurs médicales ou de diagnostic de cancer.

Le coût moyen des indemnisations a augmenté d’environ 20% ces cinq dernières années. Un chiffre qui traduit à la fois la multiplication des dossiers et la gravité croissante des situations concernées.

Face à ce genre de doute médical, certains professionnels conseillent de toujours poser certaines questions avant d’accepter un diagnostic sans examen complémentaire. Un réflexe simple qui aurait peut-être changé le cours de cette histoire.

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