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Elle utilisait sa carte pour « faire les courses » : une aide-soignante ne laisse que 22 € à une retraitée de 80 ans

Publié par Cassandre le 05 Juil 2026 à 13:30
Mains d'une personne âgée près d'une carte bancaire sur une table

Quand on confie les clés de son quotidien à une aide-soignante, on lui confie aussi sa confiance. Au Royaume-Uni, une retraitée de 80 ans vient de l’apprendre de la pire des manières. En cinq mois, son compte bancaire a été vidé de plus de 9 300 euros, et la personne responsable était celle qui devait veiller sur elle.

Une carte bancaire confiée pour les courses du quotidien

L’histoire commence comme celle de milliers de familles confrontées à la dépendance d’un proche âgé. Une octogénaire britannique, vivant seule à domicile, bénéficiait de l’aide d’une employée de 43 ans chargée de l’accompagner dans ses gestes du quotidien.

Dans le cadre de ses fonctions, cette aide-soignante disposait d’un accès direct à la carte bancaire de la retraitée. L’objectif était simple : régler les courses alimentaires et les produits de première nécessité. Un arrangement courant, fondé sur la confiance accordée au personnel soignant.

Mais au fil des semaines, les achats se sont multipliés sans que personne ne s’en aperçoive. La retraitée, vulnérable, ne surveillait pas ses relevés avec la rigueur que la situation aurait exigée. Pendant ce temps, l’employée s’octroyait des libertés de plus en plus coûteuses avec l’argent de sa patiente.

Ce type d’abus n’est malheureusement pas isolé. Des cas similaires de personnes âgées dépouillées par leur entourage professionnel font régulièrement surface dans les tribunaux européens. Mais la suite de cette affaire a révélé une mécanique de prédation bien rodée.

Montre connectée, aspirateur, cosmétiques : la liste des achats qui ont trahi l’aide-soignante

Les enquêteurs ont reconstitué mois par mois le détail des transactions. En cinq mois à peine, l’employée a détourné plus de 9 300 euros. Le compte de la retraitée ne contenait plus que 22 euros lorsque la fraude a été découverte.

La liste des achats personnels dresse un portrait sans équivoque : une montre connectée, des écouteurs sans fil, un aspirateur, un mixeur. À cela s’ajoutaient des vêtements, des produits cosmétiques et divers équipements pour la maison. Rien qui ressemble, de près ou de loin, à des courses alimentaires.

C’est la retraitée elle-même qui a donné l’alerte en constatant des opérations bancaires inhabituelles sur son relevé. En consultant l’historique de son compte, elle a découvert l’ampleur du pillage. Ses économies, patiemment accumulées, avaient fondu.

Face aux accusations, l’aide-soignante a d’abord tenté une défense pour le moins audacieuse. Elle a affirmé avoir utilisé « la mauvaise carte bancaire par erreur », évoquant le stress et la précipitation au moment des paiements. Des dizaines de fois, sur cinq mois. Les jurés n’ont pas été convaincus une seule seconde par cette version, selon le média britannique ITV. Ils l’ont reconnue coupable de plusieurs faits de vol et d’obtention frauduleuse de biens.

Banc des accusés vide dans une salle de tribunal

20 000 euros de dettes de loyer : le tribunal n’a pas retenu l’excuse

Les affaires impliquant des aides-soignantes prennent parfois des tournants inattendus devant la justice. Ici, l’avocate de la défense a joué sa dernière carte lors du prononcé de peine. Sa cliente traversait une période personnelle « particulièrement difficile », a-t-elle plaidé, marquée par d’importantes difficultés financières.

Le chiffre avancé donne le vertige : près de 20 000 euros de dettes de loyer pesaient sur les épaules de l’accusée. Une situation qui, selon la défense, expliquait — sans la justifier — la dérive progressive vers le vol.

Le juge a balayé cet argument. Il a qualifié les faits de « grave abus de confiance » envers une personne particulièrement vulnérable. La sentence est tombée : deux ans et neuf mois de prison ferme. L’ancienne aide-soignante a finalement reconnu les faits à l’audience, un aveu tardif qui n’a pas allégé la peine.

Ce qui frappe dans cette affaire, c’est la facilité avec laquelle le détournement a pu durer si longtemps. Cinq mois d’achats personnels, sans aucun contrôle bancaire extérieur, avant qu’une femme de 80 ans ne remarque elle-même les anomalies sur ses relevés.

Confier sa carte bancaire à quelqu’un qui passe chaque jour chez soi, c’est un acte de foi que des millions de familles font sans y penser. Cette retraitée n’avait que 22 euros quand elle a compris que cette foi avait été trahie. Peut-être que la vraie question n’est pas de savoir si l’on peut faire confiance — mais comment vérifier qu’on a raison de le faire.

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