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Après 21 ans chez Leroy Merlin, elle est licenciée pour un vol de 550 € qu’elle n’a pas commis

Publié par Cassandre le 23 Août 2026 à 11:52
Caissière inquiète derrière une caisse de magasin

Une caissière peut-elle être tenue responsable d’un vol commis par un client sous ses yeux ? C’est la question qu’a dû trancher la justice espagnole après le licenciement d’une employée Leroy Merlin au Pays basque. Vingt et un ans d’ancienneté, un aménagement d’horaires négocié de longue date, et un jour de septembre où tout a basculé en quelques secondes. Le verdict final réserve une surprise autant pour l’enseigne que pour la salariée elle-même.

Un vol de 550 euros en pleine caisse

Le 25 septembre 2025, deux hommes entrent dans un magasin Leroy Merlin du Pays basque espagnol. Leur achat : un paquet de pinces à linge à 1,09 euro, réglé à la caisse voisine de celle de notre employée. L’un des deux s’approche alors un peu trop près de sa caisse, dans un geste qui passe totalement inaperçu.

Il en profite pour subtiliser une liasse de billets. La caissière, absorbée par son travail, ne remarque rien sur le moment. Ce type d’incident soudain rappelle d’autres affaires où un salarié se retrouve accusé à tort, comme cette histoire de licenciement injustifié chez Mercadona.

Le protocole interne prévoit une procédure claire en cas de vol constaté : fermer immédiatement la caisse et prévenir la hiérarchie. Mais comment appliquer une règle quand on ignore qu’un délit vient de se produire ? Ce n’est qu’en fermant sa caisse en fin de service que la salariée découvre le trou de 550 euros. La confusion est totale, et les conséquences, immédiates.

Suspectée à tort, licenciée malgré les preuves

Les caméras de vidéosurveillance ne laissent pourtant aucun doute. Elles confirment sans ambiguïté que le vol est bien le fait des deux clients, et non d’une quelconque négligence coupable de l’employée. Une situation qui n’est pas sans rappeler d’autres licenciements contestés pour des faits mineurs mal interprétés.

Malgré ces images accablantes pour les vrais coupables, la caissière est pointée du doigt par sa direction. Pire, elle est même soupçonnée de complicité dans cette affaire, une hypothèse qui n’a jamais pu être étayée par le moindre élément concret. Leroy Merlin décide malgré tout de la licencier.

La salariée refuse d’accepter cette décision sans se battre. Elle porte l’affaire devant les tribunaux espagnols, convaincue que son licenciement cache autre chose. Le média Noticias Trabajo a suivi les rebondissements de cette procédure, où la justice va donner raison à la caissière à deux reprises consécutives, en première instance puis en appel. Un parcours judiciaire qui n’est pas sans écho avec des affaires comme celle de la femme de ménage licenciée après deux jours d’absence.

Marteau de justice posé près de billets et documents

La discrimination liée à son emploi du temps révélée

C’est en creusant le dossier que les juges mettent le doigt sur l’élément décisif : la caissière était en réalité victime de discrimination au sein de l’entreprise, en lien direct avec son emploi du temps aménagé. Un détail crucial que peu de salariés licenciés pensent à faire vérifier devant les prud’hommes.

Rappelons le contexte : depuis 2011, cette employée bénéficiait d’un aménagement de son temps de travail. Et le 1er juillet 2025, à peine trois mois avant le vol, un nouvel accord venait encore réduire son temps de travail de 23,87 %. Un signal que la justice n’a pas ignoré dans son raisonnement.

Leroy Merlin n’a jamais réussi à prouver que le licenciement n’avait aucun lien avec cet aménagement d’horaires. Faute d’explication crédible et alternative, les tribunaux ont annulé purement et simplement la rupture du contrat. La sanction financière tombe : 10 001 euros de dommages et intérêts, assortis d’une obligation formelle de réintégrer la salariée dans ses fonctions.

Ce type de contentieux illustre à quel point l’emploi du temps peut peser lourd dans une décision de justice, un peu comme dans ces situations où un employeur se voit sanctionné pour des motifs jugés abusifs.

Vingt et un ans de carrière ont failli s’effondrer à cause d’un vol de 550 euros commis par des inconnus. La justice a rétabli la vérité, mais l’affaire laisse une question en suspens : combien de salariés injustement accusés n’ont jamais eu les moyens ou le courage d’aller jusqu’au bout de la procédure ?

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