Retrouvé emballé dans du film plastique, ce père de quatre enfants intrigue : « Il avait une vie dure, mais c’était un survivant »

Santa Barbara, ses plages chics, ses villas tranquilles. Et au milieu de ce décor de carte postale, une découverte qui glace : un homme enroulé dans du film plastique, caché dans un conteneur métallique. Il s’appelait Lawrence Matthew Brennen Jr., il avait quatre enfants. Deux personnes sont poursuivies, mais pas pour sa mort, et c’est là que l’affaire devient trouble.
Un conteneur, un sac de couchage et une alerte à la police
Tout commence par une demande de vérification de bien-être. Le 27 octobre, la police de Santa Barbara exécute un mandat de perquisition à la suite de cette requête. Les agents y font une découverte macabre.
Le corps de Lawrence Matthew Brennen Jr. est retrouvé roulé dans un sac de couchage. Le tout est glissé dans un conteneur métallique, lui-même recouvert de film plastique.
Depuis, la police qualifie le dossier d’« intriquée », selon la source. Sa mort est traitée comme survenue dans des circonstances suspectes. La cause du décès reste inconnue.
Une autopsie a bien eu lieu, d’après la sœur de la victime. Mais les résultats toxicologiques sont toujours attendus. Autrement dit, personne ne sait officiellement de quoi cet homme est mort.
Le décor, lui, ne manque pas de contraste. Le littoral californien et ses images de carte postale cachent parfois des histoires bien plus sombres, et celle-ci en est une.
Reste à savoir qui sont les deux personnes arrêtées, et de quoi on les accuse exactement.
Deux suspects, une accusation qui ne dit pas tout
Les autorités ont arrêté Jenica Monique Ochoa, 45 ans, et Kenneth Eugene Tompkins, 43 ans. Les deux sont poursuivis pour entente délictueuse (un délit grave, « felony conspiracy ») et pour dissimulation d’un décès, une infraction de moindre gravité.
Selon l’accusation, rapportée par SFGATE, le duo se serait entendu pour cacher la mort de Brennen entre le 23 et le 27 octobre. Quatre jours, donc, pendant lesquels le corps aurait été dissimulé.
Les deux ont plaidé non coupable. Ils contestent aussi une circonstance aggravante liée à d’anciennes condamnations pour cambriolage au premier degré.
Les deux suspects sont en liberté sous caution, avec un bracelet électronique à la cheville, selon la sœur de la victime. Ils bénéficient de la présomption d’innocence.
Pour comprendre à quel point ce type de dossier peut être déroutant, il suffit de penser à ces affaires où un corps ne raconte pas l’histoire attendue. Ici aussi, tout reste à établir.
Personne n’est poursuivi pour la mort de Brennen. Mais sa famille, elle, a déjà sa version, et elle est accablante.

Ce que la famille de « Shorty » croit savoir
La logique des affaires où la proximité cache le drame se retrouve ici dans les propos de la sœur, Justine Castillo, 28 ans. Elle est convaincue que son frère a été tué avant que son corps ne soit dissimulé.
Selon elle, Brennen entretenait une relation avec Jenica Ochoa, et les deux se seraient brouillés. Ochoa lui aurait aussi dit qu’il lui devait de l’argent pour un loyer.
« Je n’ai aucun doute que Jenica est la principale suspecte », a-t-elle déclaré. Ce sont ses mots, pas ceux de la justice.
Autre élément avancé par Castillo : leur mère, Valerie De La Cruz, qu’elle décrit comme sans domicile et consommatrice de drogues. Elle connaîtrait Ochoa et aurait consommé avec elle. La famille la soupçonne d’être impliquée.
La famille et un ami proche évoquent l’hypothèse d’une exposition volontaire à des drogues. Mais les autorités n’ont rien publié qui irait dans ce sens, précise la source.
Un autre proche reconnaît qu’il y a beaucoup de spéculations et que beaucoup de choses restent floues. Ce qui est certain, c’est le chagrin d’un entourage qui perd un père.
Ce qui attend l’enquête, et la famille, après la veillée
Une veillée est prévue vendredi. La famille a installé un mémorial devant la maison de Los Aguajes Avenue, au 100e pâté de maisons, qu’elle présente comme la résidence d’Ochoa.
Pour sa sœur, Brennen était un père travailleur, toujours prêt à aider. « Il avait eu une vie dure, mais c’était un survivant », a-t-elle confié au California Post.
Elle ajoute qu’il pleurait encore la mort de son père et de sa grand-mère, et qu’il était pourtant heureux. Surnommé « Shorty », il avait quatre enfants, dont l’aîné, Jacob, 21 ans.
Brian Giles, ami de la victime, raconte qu’ils avaient des projets ensemble. « Il me soutenait toujours, plus que mes propres frères », a-t-il écrit sur Facebook. Il pense lui aussi à un meurtre.
Côté judiciaire, les suspects doivent revenir devant la Cour supérieure du comté de Santa Barbara le 30 novembre, pour une audience préliminaire encore à fixer.
D’ici là, les résultats toxicologiques seront déterminants. Ils pourraient dire si l’affaire reste une dissimulation de décès ou devient autre chose. En attendant, les affaires de morts retrouvés en Californie montrent à quel point la vérité peut tarder.
Autre point que la famille dénonce : voir les deux suspects en liberté pendant le deuil. Un autre dossier californien rappelle que ces histoires dépassent souvent ce que l’on imagine d’abord.
Un corps emballé, deux suspects libres et une cause de décès encore inconnue : à Santa Barbara, l’enquête ne fait que commencer. Et si vous aimez les dossiers où la vérité se cache longtemps, ce que cachait ce tunnel de 600 mètres sous la frontière vous réserve une vraie surprise. Et pour une tout autre ambiance, l’homme mordu 700 fois par des serpents a bouleversé la médecine.