« Manipulatrice », « vénale », « mythomane » : 30 ans de prison pour celle qui a commandité le meurtre de son ex-mari

Deux semaines de procès, cinq accusés, et un mot qui résume tout : coupable. Vendredi soir, la cour d’assises de l’Oise a condamné Delphine Pinto à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir commandité l’assassinat de son ex-mari, Jean-Christophe Piel, kiné de 41 ans abattu d’une balle dans la nuque en août 2021. Derrière ce verdict, une histoire glaçante de manipulation, d’argent et de vengeance froide.
Un kiné de 41 ans abattu devant chez lui à Breuil-le-Vert
Le 24 août 2021, Jean-Christophe Piel taillait les rosiers devant son domicile de Breuil-le-Vert, dans l’Oise. Une balle tirée dans la nuque l’a fauché en pleine vie. Il succombera à ses blessures le lendemain, laissant derrière lui deux petites filles.
Dès les premières heures, les gendarmes de la section de recherches d’Amiens ont orienté leurs soupçons vers une seule personne : son ex-femme. Delphine Pinto, 47 ans, séparée de la victime depuis 2018, était encore en instance de divorce au moment des faits. Comme dans d’autres affaires conjugales tragiques, la rupture n’avait pas éteint la rancoeur.
L’enquête a révélé un plan méticuleusement orchestré. Delphine Pinto se serait appuyée sur Byllel H., un amant d’un soir devenu un ami décrit comme « fou amoureux » d’elle, pour entrer en contact avec un tireur. Ce dernier, Yassine Zekri, a été reconnu coupable d’avoir exécuté Jean-Christophe Piel sur commande.
Un troisième homme, Pierre L., a fourni l’arme du crime. Et Laurent Junior, le fils de l’accusée né d’une précédente union, était poursuivi pour avoir été mis dans la confidence. Un réseau sombre, tissé autour d’une femme que les témoins au procès ont qualifiée tour à tour de « manipulatrice », « séductrice » et « mythomane ». Mais le mobile, lui, était d’une simplicité brutale — et ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se joue devant les assises.
Pension alimentaire, héritage, assurance vie : le calcul glacial de Delphine Pinto
Lors de son réquisitoire, l’avocat général Clotaire Zengomona a dénoncé « une volonté de mort ancienne ». Selon l’accusation, Delphine Pinto n’avait jamais accepté la décision d’un juge ayant entraîné une baisse de sa pension alimentaire. L’argent était au cœur de tout.
« Supprimer Jean-Christophe Piel, c’est supprimer les problèmes financiers, tout en bénéficiant de l’héritage et de l’assurance vie », avait martelé le magistrat. Une phrase qui a résonné dans la salle d’audience comme un condensé de l’affaire. La vénalité comme moteur d’un assassinat commandité.
L’accusation s’est appuyée sur de nombreux témoignages corroborant cette « volonté de mort ancienne ». Pourtant, côté défense, les avocats de Delphine Pinto ont souligné l’absence d’éléments matériels directs : pas d’ADN, pas d’arme retrouvée, pas de témoin oculaire du meurtre, aucun aveu. Me Houria Zanovello a dénoncé une « rumeur publique » visant sa cliente dès le début de l’enquête, comparant le procès à une chasse aux sorcières.
Son confrère Me Arnaud Ledru a parlé d’« une accusation basée sur un faisceau d’indices » et estimé que l’avocat général avait « failli dans l’administration de la charge de la preuve ». Les deux avocats avaient plaidé l’acquittement pur et simple. Comme dans certaines affaires familiales hors normes, la question de l’emprise a traversé les débats. Byllel H. a été décrit par ses propres avocats comme un homme « aveuglé », un « type parfait » qui « obéit sans poser de questions ». Un intermédiaire malgré lui, selon la défense, qui passait « des messages qu’il ne comprenait pas ».
Mais les cinq magistrats professionnels composant cette cour d’assises spéciale — sans jurés, en raison de la qualification de « meurtre en bande organisée » — n’ont pas été convaincus.

Le verdict : 30 ans pour la commanditaire, acquittement pour son fils
La cour a tranché tard vendredi soir. Comme souvent dans les grandes affaires criminelles, le délibéré a été long. Delphine Pinto : 30 ans de réclusion sans période de sûreté. Yassine Zekri, le tireur : 30 ans avec une sûreté de 20 ans, soit moins que la perpétuité requise par le parquet.
Byllel H., l’intermédiaire, a été condamné à 16 ans de réclusion, deux ans de moins que les réquisitions. Pierre L., le fournisseur de l’arme et récidiviste légal, a écopé de 10 ans, quatre ans sous les demandes de l’accusation.
Mais la surprise est venue de Laurent Junior, le fils de Delphine Pinto. Poursuivi pour « participation à une association de malfaiteurs » — l’avocat général avait requis quatre ans ferme —, le jeune homme, décrit comme « acquis au discours maternel » et très influencé par sa mère, a été acquitté. Un soulagement pour lui, un crève-cœur supplémentaire pour l’accusée.
Car à la peine de prison s’ajoute une sanction qui, selon Me Ledru, est « le plus grand des crève-cœurs pour elle » : le retrait de son autorité parentale sur les deux filles qu’elle a eues avec Jean-Christophe Piel. Delphine Pinto ne les reverra plus en tant que mère.
Interrogés par l’AFP, les avocats des proches de la victime ont qualifié le verdict de « juste ». Soulagement et satisfaction du côté de la famille du kiné assassiné. Côté défense, en revanche, plusieurs avocats envisagent déjà de faire appel.
Trente ans pour avoir voulu supprimer un homme afin de toucher son héritage et son assurance vie. L’affaire Delphine Pinto rappelle que derrière les divorces qui s’éternisent, certaines rancœurs ne connaissent aucune limite. Reste une question : l’appel annoncé pourrait-il changer la donne, ou ce verdict est-il devenu définitif dans l’esprit de l’opinion publique ?
- 15/06/2026 à 17:08Il est bon de rappeler de quoi certaines femmes sont capables car je ne pense pas contrairement à certaines féministes intégristes et un peu hystériques que la société soit masculiniste, pas du tout. Les femmes, sont souvent très calculatrices et leur vanité n'a pas de limite jusqu'à ce qu'un tribunal leur remette les idées en place.
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