Belgique : il étouffe ses deux filles de 5 et 8 ans, puis tente de faire assassiner son ex-femme depuis sa cellule

Un agriculteur belge de 47 ans, déjà en détention pour avoir ôté la vie à ses deux petites filles, a tenté d’organiser le meurtre de son ex-femme depuis sa cellule. Il a proposé 12 000 euros d’avance à des codétenus pour trouver un exécutant. Une affaire glaçante qui prend une dimension encore plus sombre à mesure que les détails émergent.
Deux fillettes étouffées, une femme piégée par un câble électrique
Le 16 novembre 2022, la petite ville de Waardamme, en Flandre-Occidentale, bascule dans l’horreur. Chris Vanhaverbeke, agriculteur de 47 ans, étouffe ses deux filles : Ona, 5 ans, et Maud, 8 ans. Le même jour, il tente de tuer son ex-épouse en sabotant un câble électrique pour l’électrocuter. La tentative échoue.
L’homme est arrêté dans les heures qui suivent, après avoir mis en scène une tentative de suicide. Il est depuis en détention provisoire à la prison de Bruges, dans l’attente de son procès devant la cour d’assises. Il devra répondre du double meurtre de ses enfants et de la tentative d’assassinat sur son ex-femme.
Mais ce que personne n’imaginait, c’est que derrière les murs de sa cellule, l’homme n’en avait pas fini avec sa volonté de détruire.

Une photo découpée dans un journal et 12 000 euros sur la table
Fin 2025, alors qu’il attend son procès, Chris Vanhaverbeke approche au moins deux codétenus. Sa demande est aussi directe qu’effroyable : connaissent-ils quelqu’un capable de tuer son ex-femme ? Pour faciliter les choses, il leur remet une photo de la victime, soigneusement découpée dans un journal. Sur cette photo figure la nouvelle adresse de la femme.
Le prix proposé pour trouver un exécutant : une avance de 12 000 euros. Le montant total qu’il comptait débourser pour le meurtre n’a jamais été précisé. Une méthode qui rappelle d’autres affaires de tueurs à gages commandités depuis des lieux de détention, mais qui reste rare dans les prisons européennes.
Les deux codétenus refusent la proposition. Et surtout, ils parlent.
Les codétenus alertent, la police perquisitionne
Plutôt que de se taire, les détenus contactés préviennent leurs avocats. Ces derniers alertent immédiatement la police. Une perquisition est ordonnée dans la cellule de Chris Vanhaverbeke.
Les enquêteurs mettent la main sur le journal d’où la photo a été extraite. La preuve matérielle est là, tangible, difficile à contester. Un troisième détenu, lui aussi sollicité par l’agriculteur, est entendu par les enquêteurs. Il choisit de faire valoir son droit au silence.
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Confronté aux éléments retrouvés, Vanhaverbeke nie tout. Mais il se retrouve dans l’incapacité d’expliquer pourquoi ce journal a été découpé, ni pourquoi les témoignages de plusieurs détenus convergent. La justice belge dispose désormais de suffisamment d’éléments pour ajouter ce nouveau chef d’accusation à un dossier déjà accablant.
Et cette tentative de commanditer un meurtre depuis la prison n’est malheureusement pas un cas isolé dans le comportement de cet homme.
Un harcèlement qui ne s’est jamais arrêté derrière les barreaux
Avant même cette tentative de recrutement d’un tueur à gages, Chris Vanhaverbeke avait déjà trouvé le moyen de s’en prendre à son ex-femme depuis sa cellule. Lettres répétées, appels téléphoniques incessants : malgré l’incarcération, le harcèlement n’a jamais cessé.
Ces faits lui ont déjà valu une condamnation à huit mois de prison ferme pour harcèlement, une peine qui s’ajoute à sa détention provisoire. Un schéma d’emprise et de violences conjugales qui, manifestement, ni les murs d’une prison ni une condamnation supplémentaire n’ont suffi à briser.
Le profil de Vanhaverbeke illustre une réalité que les spécialistes des violences intrafamiliales connaissent bien : certains auteurs ne cessent jamais de cibler leur victime, même privés de liberté. La prison devient un simple obstacle logistique, pas un frein psychologique.
Un procès aux assises qui s’annonce terrible
Chris Vanhaverbeke devra comparaître devant la cour d’assises pour le double meurtre d’Ona et Maud, pour la tentative d’assassinat sur son ex-épouse le jour des faits, et désormais potentiellement pour cette tentative de commanditer un meurtre depuis sa cellule. Le dossier ne cesse de s’alourdir.
Cette affaire fait écho à d’autres drames familiaux où des pères ont retourné la violence contre leurs propres enfants, comme dans ces affaires qui défient toute compréhension. La question du suivi des détenus dangereux et de la protection des victimes, même après l’incarcération de l’agresseur, se pose une nouvelle fois avec une acuité douloureuse.
Pour l’ex-femme de l’agriculteur, qui a survécu à une tentative d’électrocution et perdu ses deux filles, la menace n’a visiblement jamais disparu. Trois ans après les faits, l’homme qui a détruit sa famille cherchait encore, depuis les murs de la prison de Bruges, un moyen de l’atteindre.