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Il dit avoir pris sa femme pour un rat : le tir d’un dératiseur laisse les gendarmes sceptiques

Publié par Cassandre Jolivet le 26 Oct 2026 à 16:04
Enquêteur au visage grave devant une zone d'activités de nuit

Une cave, un hangar, un champ de maïs : les nuisibles se cachent partout, et les dératiseurs les traquent de nuit. À Bondoufle, en Essonne, une intervention de routine a viré au drame. Un homme a tiré sur sa propre épouse en affirmant avoir cru viser un rongeur. Les enquêteurs, eux, ne semblent pas convaincus par ce récit.

Un hangar réfrigéré, deux professionnels et une nuit qui bascule

Tout commence dans la soirée du samedi 24 octobre, à Bondoufle, dans l’Essonne. Les faits sont rapportés par Le Parisien, dont tous les éléments qui suivent proviennent. Un couple de dératiseurs professionnels intervient dans un hangar réfrigéré où l’on stocke de la nourriture.

Le lieu est infesté de rongeurs. Pour s’en débarrasser, les deux professionnels ont choisi le tir sanitaire, une méthode qui repose sur des carabines à air comprimé. L’idée est simple : éliminer les nuisibles un par un, sans poison.

Dans un entrepôt qui conserve des denrées, la question sanitaire est sensible. C’est sans doute ce qui explique ce choix, plutôt que des appâts. Ici, deux collègues, mariés de surcroît, travaillent dans la pénombre, armés chacun d’une carabine.

On est loin des faits divers qui éclatent dans la rue. Ici, tout se joue entre professionnels, dans un lieu fermé, avec du matériel utilisé en toute légalité. Un cadre qui rappelle, dans un autre registre, ces histoires essonniennes où tout part de travers, sauf que celle-ci n’a rien de comique.

Dans l’obscurité, un bruit retentit. Et c’est là que la soirée bascule, avec une conséquence que personne n’avait vue venir.

Un bruit dans la pénombre, un tir entre les deux yeux

Selon les informations du quotidien francilien, l’homme a cru entendre quelque chose bouger dans le noir. Carabine en main, il a tiré dans cette direction. Il pensait, dit-il, avoir affaire à un rat.

Mais la cible n’était pas un rongeur. C’était son épouse, 54 ans, touchée entre les deux yeux. Une source proche du dossier a résumé au journal : « Il dit l’avoir confondue avec un rongeur ».

Le choix des mots compte. Il s’agit d’une version, celle de l’homme, et non d’un fait établi. Pour l’instant, rien ne permet de dire ce qui s’est réellement passé dans ce hangar.

Autre détail frappant : la victime a été retrouvée allongée sur la voie publique, dans une zone d’activités. Selon les éléments rapportés, l’auteur du tir a lui-même prévenu les secours, appelés vers 22 heures. Comment une femme touchée dans un hangar se retrouve-t-elle dehors ? La source ne le dit pas.

Ce genre d’accident est d’autant plus troublant qu’un dératiseur chevronné sait par cœur les règles de sécurité de son métier. Identifier sa cible avant de tirer en fait partie. À l’écoute de ce récit, une question s’impose, et les gendarmes semblent se la poser aussi, comme dans cette autre affaire essonnienne où une soirée a fini en urgence vitale.

Quand les secours arrivent, que découvrent-ils ? Et surtout, comment réagit l’homme ? Le pronostic de la victime, lui, fait froid dans le dos.

« État désespéré » : ce que l’on sait de la victime et du suspect

Hangar réfrigéré sombre avec une carabine posée contre une caisse

Avant de parler de l’enquête, il faut dire où en est la victime. Les pompiers et les secouristes l’ont prise en charge en soupçonnant une hémorragie. Elle présentait une blessure à la tête, et son pronostic vital était engagé.

Elle a été transportée d’urgence à l’hôpital d’instruction des armées Percy, à Clamart, dans les Hauts-de-Seine. Depuis, son état se serait aggravé. Elle se trouverait dans un « état désespéré », voire en mort cérébrale, selon les informations relayées.

Du côté du mari, la suite est classique. Les gendarmes l’ont interpellé, et il était, selon la source, très agité à ce moment-là. Il a ensuite donné sa version aux enquêteurs.

C’est là que le dossier se complique. Selon Le Parisien, ce récit aurait laissé les gendarmes sceptiques. On ne sait pas précisément ce qui les fait douter, et la source ne détaille pas leurs raisons.

Une enquête pour « tentative d’homicide sur conjoint » a donc été ouverte, sous la direction du parquet d’Évry-Courcouronnes. L’homme a été placé en garde à vue. Il pourrait être présenté à la justice puis mis en examen. À ce stade, il reste présumé innocent, et il maintient avoir cru viser un rat.

Le choix de cette qualification n’est pas anodin : elle signifie que l’enquête explore aussi l’hypothèse d’un acte volontaire. Rien n’est tranché, mais la thèse de l’accident n’est pas retenue d’emblée.

Ce que l’enquête doit encore établir

Pour comprendre la suite, il faut regarder ce qui manque. Les enquêteurs doivent d’abord reconstituer la scène : positions, éclairage, distance, trajectoire du tir. Ce sont des points que la source ne détaille pas, mais qui comptent dans ce type de dossier.

Le plus grand écart à combler reste celui entre le hangar et la voie publique. Où était la victime au moment du tir ? A-t-elle été déplacée, et par qui ? Les réponses pourraient peser lourd sur la version du mari.

À l’inverse, certains éléments plaident pour lui. C’est lui qui aurait alerté les secours. Et le tir sanitaire, par nature, se pratique dans l’obscurité, ce qui rend l’erreur d’identification au moins imaginable. Mais « imaginable » n’est pas « prouvé », et c’est toute la difficulté.

Autre inconnue, le contexte du couple. La source n’évoque aucun antécédent, aucun conflit, aucune plainte. Il serait malvenu d’en inventer : les gendarmes, eux, vont forcément s’y intéresser, comme dans toute enquête de ce type visant un conjoint.

Reste un enjeu que l’on oublie vite : la formation. Les professionnels de la dératisation encadrent leurs interventions de consignes strictes. Dans cette affaire, il faudra voir si elles ont été respectées, sans préjuger du résultat.

Ce qui peut changer dans les prochains jours

La première échéance est judiciaire. À l’issue de la garde à vue, le suspect pourrait être présenté à un magistrat et, éventuellement, mis en examen. Selon la décision, l’enquête prendrait un tournant, soit vers l’accident, soit vers l’intention.

La seconde échéance est médicale, et c’est la plus douloureuse. Si la mort cérébrale était confirmée, la qualification des faits pourrait évoluer. Ce n’est qu’une possibilité, et la justice ne s’exprimera qu’au moment venu.

D’autres histoires d’armes et d’erreurs fatales font réfléchir sur la responsabilité de celui qui tire. On pense à ce cochon domestique abattu par erreur par un chasseur, un cas où l’erreur d’identification avait aussi fait réagir. Le point commun : tirer sans voir clairement sa cible.

Et quand une arme surgit là où on ne l’attend pas, la tension monte vite, comme dans ce cas d’un fusil caché dans un étui de guitare près de Marseille. Ici, tout est différent, mais l’émotion est du même ordre.

Reste à savoir ce que les enquêteurs retiendront de cette nuit d’octobre. Le dossier, lui, est loin d’être clos.

Un rat, un bruit, un tir : tout tient en ces trois mots, mais la justice devra décider s’ils suffisent à expliquer l’inexplicable. D’ici là, une famille attend, suspendue à une décision médicale.

Et si vous aimez comprendre comment un drame peut se cacher derrière une histoire en apparence banale, le camping-car acheté pour exaucer le vœu d’un mari mourant vous réserve un retournement que personne ne voyait venir.

Quant à savoir comment on peut disparaître d’une prison sans que personne ne s’en aperçoive, ce détenu évadé dans un sac à linge a de quoi vous faire sourire malgré tout.

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