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« Je pensais avoir perdu mon bras » : électrocutée à 33 000 volts en montgolfière, elle témoigne dix ans après

Publié par Cassandre le 26 Sep 2026 à 19:01
« Je pensais avoir perdu mon bras » : électrocutée à 33 000 volts en montgolfière, elle témoigne dix ans après

Un selfie souriant à 600 mètres d’altitude, puis l’horreur en quelques secondes. En mai 2016, Rebecca Hay, alors âgée de 22 ans, s’envole en montgolfière au-dessus de l’Angleterre sans se douter que l’engin va percuter une ligne à haute tension. Dix ans plus tard, la jeune mère britannique raconte pour la première fois en détail ce qu’elle a vécu ce jour-là. Son témoignage révèle une addition de traumatismes bien plus lourde que les seules brûlures.

Un accident qui vire au cauchemar en plein vol

Ce matin de mai 2016, la montgolfière survole la campagne anglaise près d’Earls Barton lorsque Rebecca Hay aperçoit les lignes électriques se rapprocher. « Instinct got me into a brace position », a-t-elle confié, décrivant ces secondes où elle comprend que la collision est inévitable. Un choc de 33 000 volts traverse alors la nacelle, un peu comme dans ces accidents impliquant des lignes à haute tension qui tournent rarement en faveur des occupants.

L’électricité contracte chaque muscle de son corps, sa tête part en arrière, sa mâchoire se bloque. Elle parvient malgré tout à se relever et découvre que le panier et son propre legging sont en flammes. Ce type de sinistre en plein ciel n’est pas isolé : d’autres accidents aériens dramatiques, comme ce drame survenu lors du tournage d’un film impliquant une montgolfière, rappellent combien ces engins restent vulnérables. Rebecca croit un instant avoir perdu son bras, faute de sensation dans le membre.

Des mois de brûlures, une hospitalisation qui change tout

La montgolfière finit par se poser dans un champ. Les secours transportent Rebecca Hay par hélicoptère vers un hôpital de Birmingham, en état de choc hypovolémique. Le bilan est lourd : plus de 20 % de brûlures au troisième degré, sur le visage, les mains, les jambes, les coudes et les fesses, sans peau restante à certains endroits.

S’ensuivent des mois de pansements, de greffes de peau et de douleurs constantes, un parcours qui n’est pas sans rappeler d’autres histoires de patients confrontés à des séquelles physiques lourdes. Sa mère doit la laver, son compagnon Brett refaire ses pansements. « Being alive and being okay turned out to be two completely different things », résume-t-elle. Comme dans ces témoignages de séquelles physiques et psychologiques durables, le corps guérit avant l’esprit.

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Le diagnostic tombe ensuite : un syndrome de stress post-traumatique. Puis, quelques années après, un trouble bipolaire de type 1, révélé par un épisode psychotique aigu ayant nécessité une hospitalisation de plusieurs mois. Sa famille craint alors de ne jamais retrouver la femme qu’elle était avant l’accident.

Dix ans après, elle refuse de laisser le drame écrire sa vie

Mains écrivant dans un carnet à bord d'un camping-car

Comme après certaines mesures visant à sécuriser les abords des lignes électriques, l’accident de Rebecca Hay a laissé des traces durables sur son quotidien. Elle décrit un long apprentissage pour tenir debout malgré tout : sous lithium pour stabiliser son humeur, elle surveille son sommeil comme un signal d’alerte et compose chaque jour avec des déclencheurs de stress post-traumatique, du bruit d’une alerte téléphonique aux images d’actualité anxiogène.

Le tournant vient de l’écriture. En couchant sur le papier dix ans de bouleversements, elle prépare un livre, A Sky Full of Scars, et tient une page Substack où elle détaille son quotidien de mère avec un trouble bipolaire. Comme d’autres témoignages sur la mémoire du traumatisme, elle explique que mettre des mots sur ces événements l’a aidée à démêler ce qui semblait inextricable.

Elle a aussi vendu sa maison avec Brett pour parcourir l’Europe en camping-car avec leur fils Harley, qu’elle instruit elle-même. « J’ai attendu longtemps de me sentir assez bien pour vivre pleinement. J’ai fini par comprendre que j’attendrais peut-être toujours », confie-t-elle. Elle tient d’ailleurs à jour son journal en ligne pour raconter cette vie reconstruite, loin de l’image d’inspiration qu’on lui colle souvent.

Rebecca Hay n’a jamais oublié le choc de 33 000 volts qui a failli lui coûter la vie. Mais dix ans après, elle refuse que cet instant reste la seule histoire qu’on retienne d’elle. D’autres témoignages de résilience face à l’épreuve, comme celui de cet homme qui a choisi de raconter sa maladie devant des millions de téléspectateurs, montrent qu’on peut transformer un drame en message. Et si l’idée d’un accident aérien qui bascule en tragédie vous hante encore, ce saut caritatif qui a viré au drame devant des spectateurs montre à quel point ces événements restent imprévisibles.

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