« On m’a retiré un tiers du pénis » : à 49 ans, il témoigne devant des millions de téléspectateurs

Une petite bosse. Un truc bizarre au bout du pénis qu’on préfère ignorer, parce que c’est gênant, parce qu’on se dit que ça va passer. Alastair Munro, ingénieur civil de 49 ans, a failli payer cette hésitation de sa vie. Diagnostiqué d’un cancer du pénis, il a subi deux opérations lourdes — dont l’ablation d’un tiers de son organe. Son histoire, filmée par la BBC, est diffusée ce soir dans le documentaire Surgeons: At The Edge Of Life. Et ce qu’il raconte devrait faire réfléchir tous les hommes qui repoussent une visite chez le médecin.

Six semaines à hésiter avant de consulter
Tout commence par une petite grosseur. Alastair, qui vit à Inverness, en Écosse, remarque un renflement inhabituel à l’extrémité de son pénis. Rien de douloureux. Rien d’alarmant au premier coup d’œil. Alors il attend. Six semaines passent. La bosse grossit.
Quand il finit par consulter son médecin généraliste, les analyses tombent vite : c’est un cancer. Un cancer du pénis, l’une des formes les plus rares qui existent. Au Royaume-Uni, seuls 700 hommes en sont touchés chaque année. Autant dire que personne n’en parle, que personne ne sait vraiment quels symptômes surveiller, et que la plupart des patients mettent trop longtemps à réagir.
Alastair, lui, a eu la lucidité de ne pas attendre davantage. Mais ce qui l’attendait sur la table d’opération allait être bien plus éprouvant qu’il ne l’imaginait.
Sept heures sur la table d’opération à Édimbourg
Direction le Western General Hospital d’Édimbourg. Le chirurgien urologue CJ Shukla et son équipe préparent une intervention de sept heures. L’objectif : retirer la tumeur ainsi que plusieurs ganglions lymphatiques au niveau de l’aine, pour vérifier que le cancer ne s’est pas propagé.

Sept heures, c’est long. Surtout quand on sait ce qui est en jeu. L’opération se déroule correctement, mais six semaines plus tard, les médecins annoncent qu’une seconde intervention est nécessaire. Il faut retirer davantage de tissu cancéreux. Au total, Alastair perdra un tiers de son pénis.
La bonne nouvelle dans tout ça ? Les chirurgiens parviennent à reconstruire l’organe en utilisant de la peau prélevée sur sa cuisse. Une prouesse chirurgicale qui lui permettra de retrouver une vie proche de la normale. D’autres opérations de chirurgie plastique sont prévues dans les mois à venir pour parfaire la reconstruction.
En février dernier, Alastair a reçu le feu vert tant attendu : plus aucune trace de cancer. Mais le combat, lui, ne s’arrête pas là.
Quand un cancer rare devient un combat public
Ce qui rend l’histoire d’Alastair vraiment singulière, ce n’est pas seulement sa maladie. C’est sa décision de tout montrer. Tout. Les consultations, les opérations — « assez graphiques », prévient-il — et la convalescence. Le tout filmé par les caméras de BBC Scotland pour un documentaire diffusé à une heure de grande écoute.
Pourquoi accepter une telle exposition sur un sujet aussi intime ? Parce que le cancer du pénis est si méconnu qu’Alastair estime que le silence tue autant que la maladie. « Si une seule personne regarde l’émission, réalise que quelque chose ne va pas dans la zone intime et décide d’aller chez son médecin, alors Richard et moi aurons atteint notre objectif », explique-t-il.
Un témoignage qui rappelle celui d’un jeune homme de 26 ans ayant perdu 10 cm de son pénis après un diagnostic tardif. Dans les deux cas, le même constat : la gêne empêche trop d’hommes de consulter à temps.
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Son meilleur ami ne l’a jamais lâché
À ses côtés tout au long de cette épreuve, un homme apparaît dans chaque image, chaque scène du documentaire : Richard Selvester, son ami d’enfance. Les deux hommes se connaissent depuis toujours. Et quand le cancer a frappé, Richard n’a pas hésité une seconde.
« C’est incroyable de voir comment il a affronté autant de traumatismes en même temps », confie Richard. Car la maladie n’est pas venue seule. Alors qu’Alastair se préparait pour sa première opération en 2024, sa mère est décédée d’un cancer. Les équipes de la BBC venaient tout juste de les filmer au Kingussie Golf Club, leur repaire, en train de parler sans filtre de leurs peurs et de l’opération à venir.

Malgré le deuil, malgré la douleur, Alastair n’a jamais reculé. « Rien ne l’a découragé, ni dans son combat contre la maladie, ni dans sa volonté de partager son histoire avec des millions de téléspectateurs », ajoute Richard. Les deux amis collectent désormais des fonds pour Orchid, une association caritative britannique dédiée aux cancers masculins.
Le tabou qui empêche les hommes de se faire soigner
Parlons chiffres. Le cancer du pénis ne touche que 700 hommes par an au Royaume-Uni. En France, les données sont encore plus rares, tant le sujet est peu documenté. Ce n’est pas un cancer dont on parle entre amis. Ce n’est pas un cancer qui fait la une des journaux. Et c’est justement le problème.
Alastair le dit sans détour : « Le cancer est une maladie horrible, souvent sans symptômes, et donc difficile à détecter. Mais je ne suis en vie aujourd’hui que grâce à mon brillant chirurgien, au NHS, et au fait que j’ai réussi à repérer que quelque chose n’allait pas avant qu’il ne soit trop tard. » Une phrase qui résonne d’autant plus fort quand on sait que beaucoup d’hommes attendent des mois — parfois des années — avant de consulter pour un symptôme suspect.
Le problème n’est pas médical. Les traitements existent, les chirurgiens sont compétents, la reconstruction est possible. Le vrai problème, c’est la honte. La gêne de montrer cette zone à un médecin. L’idée qu’on va nous juger, nous regarder bizarrement. Et pendant qu’on hésite, les cellules cancéreuses, elles, ne prennent pas de pause.
À surveiller : les signaux qu’il ne faut jamais ignorer
Le message d’Alastair est limpide : « Si quelqu’un remarque quelque chose d’anormal au niveau du pénis ou des testicules — un bouton, une grosseur, des problèmes urinaires — il ne faut jamais avoir honte et il faut consulter immédiatement. » Un conseil simple, presque évident, mais qui pourrait sauver des vies.
Et il ne s’agit pas que du cancer du pénis. Les cancers silencieux sont nombreux, souvent repérables grâce à des signes discrets que l’on balaie d’un revers de main. Un changement de couleur, une douleur inhabituelle, une gêne qui persiste — chacun de ces signaux mérite une consultation, pas un « on verra bien ».
À bientôt 50 ans, Alastair Munro aborde cette nouvelle étape avec un objectif : que son histoire serve à d’autres. Son ami Richard résume parfaitement : « Il parle tellement bien dans l’émission. Il veut désespérément sensibiliser le public, parce que le cancer du pénis est une forme si rare que presque personne ne sait ce que cela implique. »
Si ce témoignage vous interpelle, il peut aussi interpeller quelqu’un dans votre entourage. Parce que parfois, partager un article, c’est juste rappeler à un ami qu’aller chez le médecin n’a rien de honteux — et que le cancer n’est plus forcément une condamnation.
- 11/05/2026 à 12:51Sur quelle chaîne s'il vous plaît , passe le documéntaire Merci
- 11/05/2026 à 10:39quelle chance d'avoir pu déceler à temps, ce cancer, faute d'avoir consulter un bon urologue à temps celui qui le suivait n'a jamais osculter mon mari pendant 1 an, heureusement il est parti en vacances, et c'est son associé qui a pris la relève et qui a dianostique ce cancer. malgré les différentes opérations, il était trop tard, et mon mari a énorment souffert, très longtemps dans d'affreuses souffrances, et est décédé plusieurs mois après. je conseille donc, aux hommes, jeunes et moins jeunes, au moindre soupçon de consulter, au besoin plusieurs spécialistes bon courage à tous..
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