« J’ai ignoré le gonflement » : à 26 ans, il subit l’amputation de 10 cm de son pénis après un cancer

Steven Hamill avait 26 ans quand il a remarqué un gonflement inhabituel. Comme beaucoup d’hommes, il a choisi de ne rien faire. Quelques semaines plus tard, il se réveillait dans une mare de sang. Le diagnostic est tombé : cancer du pénis. Les chirurgiens ont dû amputer quatre pouces — soit environ dix centimètres. Aujourd’hui père de famille, il raconte son calvaire pour que d’autres ne commettent pas la même erreur.
Un matin comme les autres, puis l’alerte
Tout a commencé par un passage aux toilettes. Ce matin-là, Steven — surnommé « Stumpy » par ses proches — constate que son pénis est « très gonflé ». Pas de douleur insupportable, pas de signe dramatique. Juste une anomalie qu’il décide de mettre de côté.

« En tant qu’homme de 26 ans, c’était genre… Hmm, c’est quoi ça ? Alors j’ai fait ce que tous les mecs feraient probablement : ignorer, espérer que ça parte tout seul, et on verra bien », a-t-il confié sur le plateau de This Morning le 21 avril dernier, face aux présentateurs Ben Shephard et Cat Deeley.
Ce réflexe de minimiser un symptôme en apparence ordinaire, des millions d’hommes l’ont. Steven en est la preuve vivante : ce gonflement n’était pas anodin. Mais le pire restait à venir, et il allait se manifester de la façon la plus spectaculaire possible.
Du sang partout dans la cuisine
Quelques jours après cette première alerte, Steven descend dans sa cuisine pour se préparer un thé. Soudain, il sent « quelque chose d’humide ». Il baisse les yeux. Du sang. Partout. Sur les placards, sur le sol, sur ses pieds. Un saignement massif, sans prévenir.
Il appelle sa compagne, qui descend en courant. C’est le déclic. « C’est là que je me suis dit : OK, il faut que j’aille faire vérifier ça. Dans ma tête, je ne savais même pas que le cancer du pénis existait. Je ne comprenais pas ce qui se passait, mais quelque chose n’allait clairement pas. »

Ce moment a été ce qu’il décrit comme son « gros signal d’alarme ». Le problème, c’est que même après cette scène terrifiante, le parcours médical de Steven allait ressembler à un chemin de croix. Car son médecin, lui aussi, n’a pas pensé au cancer.
« Ça ne peut pas être un cancer, vous n’avez que 26 ans »
Au cabinet médical, le diagnostic tombe vite : balanite. Une inflammation du gland, fréquente et généralement bénigne selon le NHS. On lui prescrit une crème à base de stéroïdes. Deux semaines de traitement. Retour à la maison.
Sauf que rien ne change. « J’ai mis de la crème stéroïde pendant deux semaines sans interruption et il n’y avait aucune amélioration », raconte Steven. Il retourne chez le médecin. Même verdict : balanite. Pourtant, la douleur est devenue insoutenable. « On aurait dit que quelqu’un enfonçait une aiguille dans le bout de mon pénis. Le seul moyen d’avoir un peu de répit, c’était d’être dans la salle de bains, sinon je me roulais par terre de douleur. »
Et puis il y avait l’odeur. Steven la décrit comme « une odeur de mort » qui le suivait partout. Une odeur que les autres pouvaient sentir. Un cas similaire avait défrayé la chronique quand des médecins avaient dû retirer 10 cm de pénis à un patient atteint d’une pathologie rare. Mais pour Steven, le diagnostic restait bloqué.
La phrase qui le hante encore aujourd’hui, c’est celle de son généraliste : « J’avais tous les signes et symptômes du cancer du pénis, et le médecin était d’accord. Mais il a dit que ça ne pouvait pas être un cancer parce que je n’avais que 26 ans. » L’âge comme argument médical. Une erreur qui aurait pu lui coûter la vie.
Un réveil dans une mare de sang
Le tournant survient dans la voiture de son frère. Steven se réveille dans une flaque de sang. Cette fois, direction les urgences. Et cette fois, on le prend au sérieux.
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Il est transféré dans une unité spécialisée au Christie NHS Foundation Trust de Manchester, l’un des centres de référence en cancérologie au Royaume-Uni. Les médecins pratiquent d’abord une circoncision, puis l’opération redoutée : l’amputation de quatre pouces de son pénis — environ dix centimètres.
À 26 ans, Steven doit apprendre à vivre avec un corps transformé. Le cancer du pénis fait partie de ces maladies dont on ne parle presque jamais, en partie parce que la honte empêche les hommes de consulter. Comme pour d’autres cancers, un symptôme unique et discret peut faire toute la différence entre un traitement précoce et une intervention lourde.
Un cancer rare, mais bien réel

Selon Cancer Research UK, le cancer du pénis représente moins de 1 % de l’ensemble des nouveaux cas de cancer au Royaume-Uni. Environ 770 nouveaux diagnostics sont posés chaque année. C’est sa rareté même qui le rend dangereux : peu de médecins y pensent, et encore moins de patients osent en parler.
La plupart des cas touchent la peau recouvrant le pénis (le prépuce) ou le gland. Les symptômes les plus courants incluent un gonflement, une plaie qui ne guérit pas, un saignement, une modification de la couleur de la peau ou encore un écoulement malodorant. Des signes que beaucoup d’hommes mettraient sur le compte d’une simple irritation — exactement comme Steven l’a fait.
Le problème est double. D’un côté, les patients hésitent à consulter par pudeur. De l’autre, certains professionnels de santé écartent trop vite l’hypothèse du cancer chez les patients jeunes. Or, comme le montre ce témoignage, certaines pathologies graves ne respectent pas les statistiques d’âge. Un médecin qui refuse d’envisager le pire peut faire perdre des semaines précieuses à son patient.
Sept ans après : père de famille et porte-voix
L’histoire de Steven ne s’arrête pas sur une table d’opération. Trois ans seulement après son amputation, il est devenu père pour la première fois. Sept ans après le diagnostic, il continue de vivre pleinement — et de parler sans tabou de ce qu’il a traversé.
Son passage sur This Morning n’est pas une démarche de victimisation. C’est un acte de prévention brut. Quand un homme ose raconter à la télévision nationale qu’il a perdu dix centimètres de son pénis parce qu’il a « ignoré un gonflement », le message est limpide : aller chez le médecin, insister si le diagnostic ne colle pas, ne jamais accepter un « vous êtes trop jeune pour ça ».
Ce réflexe d’évitement face aux symptômes masculins est un problème de santé publique. On en parle peu, mais la recherche avance. Des vaccins anticancer sont en développement, et les taux de survie pour de nombreux cancers s’améliorent. Encore faut-il que le diagnostic soit posé à temps. Le cancer du pénis, détecté tôt, se traite souvent sans amputation. Détecté tard, comme pour Steven, les options se réduisent drastiquement.
L’habitude intime et le cancer sont des sujets que les hommes abordent rarement, même avec leur médecin. Le témoignage de Steven est un rappel brutal : votre corps vous envoie des signaux. Ne faites pas comme lui. Ne les ignorez pas.
Si vous êtes concerné par un cancer et souhaitez en parler, vous pouvez contacter la ligne d’aide Macmillan Cancer Support au 0808 808 00 00 (Royaume-Uni). En France, la ligne Cancer Info est disponible au 0 805 123 124 (appel gratuit).