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Étudiant en médecine légale, il tapisse sa chambre de bâches façon « Dexter » et reconnaît avoir tué une prostituée

Publié par Cassandre le 09 Oct 2026 à 4:50
Bâches en plastique, tablier, visière… : un étudiant en médecine légale reconnaît avoir copié « Dexter » pour tuer

Une chambre Airbnb ordinaire, dans l’agglomération de Birmingham. Sauf que les murs et le sol y avaient été recouverts de bâches en plastique, comme dans une célèbre série américaine. Un étudiant de 19 ans a reconnu devant la justice britannique avoir préparé un meurtre en s’inspirant de « Dexter ». Un détail de son plan a pourtant fini par le trahir, et il n’a pas tenu longtemps.

Une chambre Airbnb transformée en décor, loué pour un seul rendez-vous

Le 20 décembre 2025, Benjamin William Day a rendez-vous avec Maria Saceanu, une travailleuse du sexe roumaine de 24 ans. Selon la BBC, il l’a trouvée sur internet et l’a contactée avec un téléphone jetable. Rien n’est laissé au hasard.

Pour l’occasion, il loue une chambre sur Airbnb dans les West Midlands. Le choix du lieu n’a rien d’anodin : un logement loué à la nuit, sans histoire, sans voisin attentif. Enfin, presque.

Avant l’arrivée de la jeune femme, le jeune homme achète un tablier, une visière en plastique et des produits chimiques de nettoyage. Puis il tapisse les murs et le sol de bâches, exactement comme le personnage de la série, incarné par Michael C. Hall, pour effacer ses traces.

Ce genre de mise en scène n’est pas sans rappeler d’autres affaires où la fiction a servi de modèle. Un Espagnol, lui aussi inspiré par Dexter, avait été trahi par un détail, et ce n’était pas le seul cas.

Mais que s’est-il passé dans cette pièce une fois la porte refermée ?

78 coups de couteau, un appel aux secours et une histoire d’animal sauvage

Quelques minutes après l’arrivée de la jeune femme, l’étudiant lui inflige 78 coups de couteau. C’est lui-même qui l’a confié au procès. Il a aussi précisé avoir abandonné la « tâche macabre » du démembrement après s’être blessé.

À 00h50, il quitte les lieux et contacte les secours. Pas pour la victime : pour lui-même, afin d’être soigné. Face aux policiers, il explique avoir été attaqué par un animal sauvage près d’un buisson.

Les agents ne sont pas convaincus. Dans le même temps, le propriétaire de l’Airbnb alerte la police : un autre locataire, installé dans la chambre voisine, a aperçu des traces de sang.

Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre découvrent le corps de Maria Saceanu, allongé sur le dos dans une mare de sang. Selon un médecin légiste, elle est morte de blessures au cou ayant endommagé ses artères carotides. Ses mains portaient aussi plusieurs blessures « compatibles avec des tentatives d’autodéfense ».

Au petit matin, Benjamin William Day est interpellé à l’hôpital Russells Hall de Dudley, où il avait été transporté. Il portait une tenue similaire à celle du personnage de Dexter.

Reste une question : comment un jeune homme qui avait tout planifié a-t-il tenté de s’en sortir devant les juges ?

Chambre vide recouverte de bâches en plastique transparentes

Du « hommage TikTok » à l’aveu : le revirement du deuxième jour de procès

La justice britannique s’est d’abord heurtée à une autre version. Comme dans le procès glaçant d’un autre fan de « Dexter », la série a pesé lourd à la barre. Ici, elle a même servi de fil rouge à la défense.

Benjamin William Day avait en effet d’abord prévu de plaider la légitime défense. Il expliquait avoir aménagé la pièce pour tourner une vidéo hommage sur TikTok à la série américaine.

Le mardi 6 octobre, au deuxième jour de son procès devant la Cour de la Couronne de Wolverhampton, il fait volte-face. Il reconnaît les faits, puis plaide coupable, en esquissant un léger sourire, rapporte Le Parisien.

Les procureurs, eux, estiment que le jeune homme avait soigneusement planifié le meurtre. Selon l’accusation, il avait préparé une pièce avec des bâches et des objets destinés à l’aider à tuer et à faire disparaître les preuves. L’un d’eux le décrit comme fasciné par la série, qui suit un expert médico-légal travaillant pour la police le jour et tueur en série la nuit.

Le détail qui a tout fait basculer ? Cette histoire d’animal sauvage, jamais crédible, et le sang aperçu par un locataire voisin. Le scénario parfait n’a pas résisté à un simple regard extérieur.

La sentence tombera le 4 décembre

Son avocat, Gurdeep Garcha KC, a déclaré que son client est « parfaitement conscient de la nature et de l’inévitabilité de la peine qui doit suivre ». Placé en détention provisoire, l’étudiant en sciences forensiques de l’université de Worcester connaîtra sa sentence le 4 décembre.

D’ici là, l’affaire pose une question inconfortable : que cherchait-on à reproduire au juste, dans cette chambre ? Les enquêteurs et les juges devront se pencher sur la préparation minutieuse du crime, des bâches aux produits de nettoyage.

Le lieu du drame interroge aussi. Les locations de courte durée offrent l’anonymat, et c’est un voisin de chambre qui a donné l’alerte. À Palavas-les-Flots, un double meurtre dans un Airbnb avait déjà secoué la France.

Le profil du prévenu, enfin, intrigue : un étudiant en médecine légale de 19 ans, supposé apprendre à lire les traces d’un crime, et qui a tenté de les effacer. D’autres criminels ont poussé la logique du « corps qui disparaît » très loin, avec des méthodes tout aussi glaçantes.

La suite judiciaire dira quelle peine sanctionnera ce passage à l’acte. Une chose est sûre : l’aveu est tombé, et la sentence ne devrait plus tarder.

Un plan pensé comme une série, un récit d’animal sauvage inventé, et un aveu au deuxième jour du procès : la fiction n’a pas tenu face à la réalité. Et si vous voulez savoir ce que faisait ce chirurgien qui amputait une jambe en 28 secondes, c’est une tout autre histoire de scalpel.

Quant à ce qui se cache derrière certaines arnaques de rue, les deux jours où le billet magique sévit le plus à Paris pourraient vous éviter un piège.

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